Paracha Metsora : les femmes sont-elles impures ?

Certains associent la pureté, la perfection et la sainteté. Cette observation pourrait être l’objet d’un article à part entière. Tel n’est pas exactement le sujet que nous traitons aujourd’hui, mais gardons cette idée en tête. La conception juive est particulière. L’impureté est pour la tradition juive un état inévitable qui nous touche lorsque notre relation à la vie est troublée par un contact direct avec la mort.

Les femmes sont-elles impures ? Concentrons nous sur cette question en parcourant le texte de la paracha Metsora.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Metsora du sefer Vayikra (Lévitique) 14:1 à 15:33 et le retour à la pureté

A travers le principe de pureté, la paracha Metsora aborde la complexité que tout être humain découvre en songeant à ce qu’il est et à ce qu’il n’est pas. Elle décrit, par exemple, les maux touchant la peau, la peau qui délimite physiquement l’être humain tel qu’il est, dans son milieu. La paracha nous parle de la lèpre, des plaies, des écoulements pathologiques, des écoulements séminaux des hommes, des règles des femmes, en résumé de ce qui est à l’interface du corps et de son environnement.

La question de la pureté et de l’impureté se retrouve à deux niveaux. D’une part, dans les relations avec l’extérieur de nous-même et d’autre part, dans nos relations avec autrui.

Une particularité de la tradition juive est l’établissement d’un lien entre impureté et rapport à la vie. La principale source d’impureté est le contact avec la mort qui ne laisse pas indemne. Il nous inflige une blessure s’atténuant avec le temps mais ne cicatrisant jamais complètement. Il perturbe notre rapport à la vie.

Après le contact avec la mort, il est important d’être sensible à à l’état particulier qui nous touche, et une période de retrait est indispensable. Nous ne pouvons revivre immédiatement comme si rien ne s’était passé. Après avoir constaté de nos yeux que nous sommes périssables, nous ne pouvons pas trouver la joie de vivre aussi facilement qu’avant. Il nous faut du temps pour nous sentir à nouveau purs et renouer avec la vie.

Revenons à notre paracha.

Vayikra 15:1 à 15:3. Et l‘Eternel parla ainsi à Moïse et à Aaron:…« Parlez aux enfants d’Israël et dites-leur: quiconque est affligé d’un écoulement sortant de son membre génital a un écoulement impur…Voici quand aura lieu cette impureté de l’écoulement: si son membre laisse s’échapper le flux ou si il est engorgé par le flux, l’impureté a eu lieu. »

Vayikra 15:13 à 15:15. « Et quand cet homme sera délivré de son écoulement, il devra compter sept jours pour sa purification, puis il devra laver ses vêtements et baigner son corps dans une eau vive, et il sera pur… Et le huitième jour, il se procurera deux tourterelles ou deux pigeons mâles et il se présentera devant l’Eternel, à l’entrée de la Tente d’assignation, et les remettra au prêtre…Le prêtre les présentera, l’une comme offrande expiatoire, l’autre comme holocauste, et il l’absoudra devant l’Eternel de son écoulement. »

L’homme qui souffre d’un écoulement sexuel pathologique est atteint de « toumah », qui signifie « impureté ». Il doit s’éloigner de la communauté pendant sept jours, laver tous ses vêtements, puis s’immerger dans un mikvé pour retrouver la pureté. Il doit ensuite faire un don d’offrandes au Temple.

Il en est à peu près de même pour une femme, lors de son écoulement menstruel :

Vayikra 15:19. « Lorsqu’une femme a un écoulement et que l’écoulement de son corps est du sang, elle devra rester sept jours isolée dans l’impureté de ses règles et quiconque la touchera sera souillé jusqu’au soir. »

Vayikra 15:29 à 15:30. « Et le huitième jour, elle se procurera deux tourterelles ou deux pigeons mâles qu’elle apportera au prêtre, à l’entrée de la Tente d’assignation…Le prêtre présentera l’un des oiseaux comme offrande expiatoire, l’autre comme holocauste, et il l’absoudra devant l’Eternel de l’impureté de son écoulement. »

A noter également, l’impureté temporaire causée par l’accouplement :

Vayikra 15:18. « Dans le cas d’une femme qu’un homme aura habitée charnellement avec émission de semence; tous deux devront se baigner dans l’eau et seront impurs jusqu’au soir. »

En règle générale, la pureté est donc retrouvée après l’accomplissement d’un rite de purification dont les principales étapes sont le retrait pendant un à plusieurs jours, le lavage soigneux des vêtements et des objets souillés, l’immersion dans un bain rituel et l’apport d’offrandes au Sanctuaire.

Soulignons que la situation d’impureté empêche l’apport d’offrandes au Temple. Ceci signifie que l’endroit où nous donnons le meilleur de nous-mêmes, où nous devons nous sentir parfaitement nous-même, nous sentir authentiques et purs, doit être séparé et protégé des aléas de la vie.

Aujourd’hui le Temple n’existe plus. La notion de pureté a pris un sens plus large. L’impureté peut-être tout autant physique que spirituelle. Le rite de purification n’est plus matérialisé tel qu’il l’était, mais il existe encore. Il se déroule maintenant de façon symbolique, pour les femmes comme pour les hommes, dans la pratique de la tradition.

Les femmes sont-elles impures ? Elles peuvent l’être, cependant cette impureté n’est pas réservée aux femmes. Dans certaines circonstances les hommes, eux aussi, sont impurs.

Insistons sur le fait que le lien avec la tradition juive permet le retour à la pureté, pour les femmes comme pour les hommes. Lire la Torah, aller à la Synagogue, s’intégrer à la communauté, prendre ses distances périodiquement avec les tracas sont des actes qui permettent de se rattacher à ce qui compte le plus pour nous. Il est important d’identifier ce qui nous ramène au meilleur de nous-mêmes.

Publicités

Quand ‘Dieu n’aime pas ceux qui l’aiment… La haine gratuite et la destruction du Temple

Talmud Babylonien Yoma 9b – « Quand ‘Dieu n’aime pas ceux qui l’aiment  »

Les deux temples ont été détruits, et ce, par la volonté de ‘Dieu lui-même. Pourquoi ‘Dieu voudrait-il faire disparaitre son temple ? Parfois, certains se réclament du ‘divin tout en s’éloignant de l’obligation première : l’amour du prochain. Le deuxième temple a été détruit en raison de la haine gratuite, sinat Hinam. Cette faute est donc considérée comme aussi grave que les trois fautes ayant conduit à la destruction du premier temple : l’idolâtrie, l’abus sexuel et le meurtre. Elle est si sérieuse que même la pratique de la Torah, des commandements et de la générosité vis-à-vis du prochain ne peuvent la contrebalancer. Avoir « la foi », ce n’est pas un gage valable aux yeux de ‘Dieu, l’amour du prochain passe avant tout. Le reste est important, mais l’inversion des valeurs est une trahison.

(Attention, le texte suivant est traduit à dessein d’une façon proche du texte, pour inviter à participer à l’étude juive dans le respect de sa nature : en face à face, en Hévrouta, avec la compagnie d’un maître. Vous pouvez préparer le texte à l’avance, mais ne restez pas dans cette étape solitaire source de mécompréhension. Merci.)

Pour étudier avec nous au café des Psaumes ce mercredi de 12h30 (accueil à 12h) à 14h, contactez Paule sur facebook ou répondez à cet article en commentaire.

Le premier temple pour quoi a-t-il été détruit à cause de trois choses qui s’y sont produites le service étranger et la révélation des impudeurs et répandre les sangs

le service étranger car il est écrit Trop courte sera la couche pour s’y étendre que signifie Trop courte sera la couche pour s’y étendre Rabbi Yonatan a dit Trop courte sera cette couche pour s’étendre que deux s’étendent dessus ensemble et trop étroite la couverture pour s’y envelopper Rabbi Chémouel Bar NaHmani a dit quand Rabbi Yonatan arrivait à cet écrit il pleurait et disait ce qui est écrit à ce sujet Il amoncelle comme une digue les eaux de la mer la couverture/l’idole s’est faite étroite/rivale

la révélation des impudeurs car il est écrit Puisque les filles de Sion sont si arrogantes, s’avançant le cou dressé, lançant des regards provocants, puisqu’elles marchent à pas mesurés et font sonner les clochettes de leurs pieds Puisque les filles de Sion sont si arrogantes elles marchaient avec un port hautain s’avançant le cou dressé elles marchaient de toute leur hauteur lançant des regards provocants elles mettaient du noir à leurs yeux puisqu’elles marchent à pas mesurés elles allaient le talon touchant l’orteil, et font sonner les clochettes de leurs pieds Rabbi ItsHak dit qu’elles apportaient de ma myrrhe et du baume qu’elles mettaient dans leurs chaussures et quand elles arrivaient chez les jeunes hommes d’Israël elles tapaient du pied et projetaient sur elles et faisaient entrer en eux le mauvais penchant comme un venin furieux

et répandre les sangs car il est écrit Manassé répandit aussi le sang innocent en si grande abondance que Jérusalem en était remplie d’une extrémité à l’autre Mais le deuxième temple où ils s’occupaient de Torah et de Mitsvot et de Générosité gracieuse pour quelle raison a-t-il été détruit à cause du fait qu’il y avait en lui de la haine gratuite pour t’apprendre que la haine gratuite est équivalente aux trois transgressions le service étranger la révélation des impudeurs et répandre les sangs

Ils étaient mauvais mais ils attachaient leur sécurité à HKBH c’est la même chose pour le premier temple comme il est écrit Ses chefs rendent la justice pour des présents, ses prêtres donnent leur enseignement pour un salaire, ses prophètes prononcent des oracles à prix d’argent, et ils osent s’appuyer sur l’Eternel et dire: « Certes l’Eternel est au milieu de nous, aucun mal ne nous atteindra! Pour cette raison HKBH a fait venir sur eux trois décrets correspondant aux trois transgressions qu’ils avaient dans leurs mains comme il est dit Eh bien! à cause de vous Sion sera labourée comme un champ, Jérusalem deviendra un monceau de ruines, et la montagne du temple une hauteur boisée (et dans le premier temple, il n’y avait pas de haine gratuite ?…)

מקדש ראשון מפני מה חרב מפני ג’ דברים שהיו בו ע »ז וגלוי עריות ושפיכות דמים

ע »ז דכתיב (ישעיהו כח, כ) כי קצר המצע מהשתרע מאי קצר המצע מהשתרע א »ר יונתן קצר מצע זה מהשתרר עליו שני רעים כאחד (ישעיהו כח, כ) והמסכה צרה כהתכנס א »ר שמואל בר נחמני כי מטי רבי יונתן להאי קרא בכי אמר מאן דכתיב ביה (תהלים לג, ז) כונס כנד מי הים נעשית לו מסכה צרה

גלוי עריות דכתיב (ישעיהו ג, טז) ויאמר ה’ יען כי גבהו בנות ציון ותלכנה נטויות גרון ומשקרות עינים הלוך וטפוף תלכנה וברגליהן תעכסנה

יען כי גבהו בנות ציון שהיו מהלכות ארוכה בצד קצרה ותלכנה נטויות גרון שהיו מהלכות בקומה זקופה ומשקרות עינים דהוו מליין כוחלא עיניהן הלוך וטפוף תלכנה שהיו מהלכות עקב בצד גודל וברגליהן תעכסנה א »ר יצחק שהיו מביאות מור ואפרסמון ומניחות במנעליהן וכשמגיעות אצל בחורי ישראל בועטות ומתיזות עליהן ומכניסין בהן יצה »ר כארס בכעוס

שפיכות דמים דכתיב (מלכים ב כא, טז) וגם דם נקי שפך מנשה [הרבה מאד] עד אשר מלא את ירושלם פה לפה

אבל מקדש שני שהיו עוסקין בתורה ובמצות וגמילות חסדים מפני מה חרב מפני שהיתה בו שנאת חנם ללמדך ששקולה שנאת חנם כנגד שלש עבירות ע »ז גלוי עריות ושפיכות דמים

רשעים היו אלא שתלו בטחונם בהקב »ה

אתאן למקדש ראשון דכתיב (מיכה ג, יא) ראשיה בשוחד ישפוטו וכהניה במחיר יורו ונביאיה בכסף יקסומו ועל ה’ ישענו לאמר הלא ה’ בקרבנו לא תבוא עלינו רעה לפיכך הביא עליהן הקב »ה ג’ גזרות כנגד ג’ עבירות שבידם שנאמר (מיכה ג, יב) לכן בגללכם ציון שדה תחרש וירושלים עיין תהיה והר

הבית לבמות יער

Texte à télécharger en cliquant sur le lien suivant: talmud 5777 – 7 Yoma 9b

Paracha Tsav : que symbolise le sang ?

Dans la tradition juive, le sang représente l’âme de la vie, et la vie est sacrée. Ceci explique pourquoi il nous est rigoureusement interdit de consommer le sang de tout être vivant.

Cette interdiction est incluse dans les lois NoaHides, dans la Loi Mosaïque, et dans la Halakha, la Loi juive dans ses évolutions historiques et actuelles.

Le sang représente la vie, et pourtant le sang inspire très souvent de la répulsion. Est-ce parce que l’écoulement de sang est en rapport avec la mort, ou pour d’autres raisons ?

Par ailleurs, le sang ne symbolise-t-il que la vie biologique dans la tradition juive ?

 Réfléchissons à ces questions en lisant la paracha Tsav.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La Paracha Tsav du sefer Vayikra (Lévitique) 6:1 à 8:36 et la symbolique du sang

Notre paracha décrit l’utilisation du sang dans la consécration du Temple (le michkan), et des prêtres (les Cohanim), que sont Aaron et ses fils.

Vayikra 8:30. Alors Moïse prit de l’huile d’onction et du sang qui était près de l’autel et en fit l’aspersion sur Aaron et sur ses vêtements, puis sur ses fils et sur les vêtements de ses fils. Ainsi il consacra Aaron et ses vêtements, et avec lui ses fils et les vêtements de ses fils.

Que signifie l’utilisation du sang dans cette consécration ? Que signifie-t-elle dans la tradition juive et pour l’humanité toute entière ?

Il y a une notion d’interdit autour du sang. Le sang est associé à la vie, mais aussi à la mort. Rappelons que dans les textes bibliques, le mot « sang » est souvent utilisé pour désigner le « meurtre »; une métonymie qui prend sa source dans le récit de l’assassinat de Abel par Caïn.

Béréchit 4:10. Dieu dit: « Qu’as-tu fait ? Écoute ! Le sang de ton frère crie du sol vers moi. »

Il est écrit dans le Lévitique, qu’après avoir égorgé un animal nous devons mettre son sang hors de vue, l’ensevelir, le recouvrir de terre ou de sable. Le sang est un attribut particulier de l’animal que nous ne devons pas nous approprier.

Nous avons le devoir de respecter les animaux dont nous mangeons la chair. Il est prescrit dans le Judaïsme d’assurer au mieux le bien-être des animaux en cours d’élevage et de leur donner la mort en les vidant de leur sang le plus rapidement possible; le reliquat de sang étant ensuite éliminé par absorption par le sel.

Entre autres symbolisations, le sang représente la catastrophe et la mort. La première des dix plaies d’Égypte, qui a permis la fuite des hébreux soumis à l’esclavage, a été la transformation de l’eau du Nil en sang.

Chémot 7:17 à 7:18. Ainsi parle l’Éternel: « Voici qui t’apprendra que je suis l’Éternel ! Je vais frapper, de cette verge que j’ai à la main, les eaux du fleuve et elles se transformeront en sang…Les poissons du fleuve mourrons, le fleuve deviendra infect et les Égyptiens renonceront à boire de son eau. »

Toutefois, le sang ne représente pas seulement l’aspect morbide de l’existence, dont nous devrions nécessairement nous démarquer. Le sang symbolise aussi la vie, en ce qu’elle a de sacré, et la fertilité.

L’arrivée des règles chez les jeunes filles est le point de départ de l’engendrement. Lors d’un accouchement, l’enfant voit le jour pendant que le sang se répand.

Le sang évoque le passage de la vie à la mort, comme le passage de la mort à la vie. L’esclavage peut-être assimilé à la mort, et la vie à la liberté.

Peu avant leur sortie d’Égypte, les enfants d’Israël se sont différenciés de l’ensemble de la population en badigeonnant le linteau des portes de leurs demeures de sang d’agneau. C’est ainsi qu’ils ont échappé à la dixième plaie d’Égypte, l’immolation des premiers nés.

Ce sang au linteau des portes est à l’origine de la mézouzah (מזוזה) actuelle apposée à l’entrée des maisons et des pièces. Le sang a été remplacé par l’écrit, l’écrit des rouleaux de parchemin introduits dans les mézouzot.

Citons aussi la brit milah (בְרִית מִילָה), la circoncision des nouveaux nés mâles à l’âge de huit jours. Brit milah, veut dire en français « alliance par la circoncision ». Il se produit pendant cette opération un écoulement symbolique de sang qui marque l’entrée de l’enfant dans l’Alliance et l’éducation juive.

Revenons à notre paracha. Moïse a consacré Aaron et ses fils, les premiers Cohanim, par l’aspersion d’un mélange d’huile et de sang sur leurs corps et sur leurs vêtements de prêtres. Le sang apparaît ici comme un symbole de sanctification nécessaire au sacerdoce.

Lisons la suite :

Vayikra 8:33 à 8:34. « Et vous ne quitterez pas le seuil de la Tente d’assignation durant sept jours, jusqu’au terme des jours de votre installation: car votre installation doit durer sept jours…Comme on a procédé en ce jour, l’Éternel a ordonné qu’on procède encore, pour achever votre propitiation. »

Après les avoir consacrés, Moïse ordonne aux Cohanim de se tenir sept jours et sept nuits à l’entrée de la Tente d’assignation afin qu’ils se préparent à l’accomplissement de leur mission sacrée.

L’humanité, dans son ensemble, accorde beaucoup d’importance au sang sur le plan religieux, ethnique, politique, sociétal, scientifique, médical… Pour tous les peuples, le sang, qui est le vecteur de la vitalité, incite au respect.

Le sang est également une composantes des sacrifices tels qu’ils étaient pratiqués à la période de Moïse et pendant es périodes du premier et du deuxième temple. C’est ici l’occasion de parler du sacrifice d’Isaac qui a été un non-sacrifice et de souligner l’abomination que représente le sacrifice rituel humain pour les Juifs de toutes les époques.

Le sang est donc un symbole à multiples facettes. Il nous renvoie fondamentalement aux grandes transitions de nos vies et nous invite à nous souvenir que notre vie est précieuse et sacré, dans chacune des minutes qui la compose.

Paracha Tétsavé : l’habit fait-il le moine ?

Le Tabernacle des hébreux est édifié dans le désert du Sinaï. Le culte religieux juif, dicté par l’Éternel à Moïse, prend naissance.

Aaron אַהֲרֹן)), frère de Moïse de la Tribu de Lévi, devient le premier Grand Prêtre, le premier « Cohen Gadol », du Judaïsme.

Chémot 28:1. « Quant à toi, fais venir à toi Aaron ton frère, avec ses fils, du milieu des enfants d’Israël, pour exercer la fonction de prêtre en mon honneur: Aaron, avec Nadab, Abihou, Éléazar et Ithamar, ses fils. »

Aaron, le Grand Prêtre, officiera assisté par ses fils. Comment devront-ils pratiquer et quels habits sacerdotaux revêtiront-ils ?

Réfléchissons à l’importance de leur tenue vestimentaire dans le cadre de leur mission.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Tétsavé du sefer Chémot (Éxode) 27:20 à 30:10 et l’importance de l’apparence

En matière de communication, la forme a beaucoup plus d’incidence que le fond (95% contre 5%), selon certains spécialistes. La façon de s’exprimer fait partie de la forme, de même que la façon de se montrer, et en particulier de se vêtir. On pourrait s’inquiéter de cette grande part liée à la « forme », mais il est sans doute préférable de simplement en prendre acte pour mieux comprendre le sens du monde qui nous entoure.

La paracha Tétsavé nous décrit en détail l’habit que les Grands Prêtres et prêtres d’Israël, les Cohanim issus de la Tribu de Lévi, devaient porter.

Chémot 28:2. « Et tu feras confectionner pour Aaron, ton frère, des vêtements sacrés, insignes de gloire et de majesté. »

Suffit-il de porter une tenue exprimant la dignité, la gloire et la majesté pour être un bon Cohen ? L’habit fait-il le moine ?

Cette expression peut prêter à sourire, car dans la tradition juive, le moine (le nazir), qui fait vœu de privation pour atteindre la pureté, n’est pas un personnage particulièrement vanté. En fait, nous parlons ici des prêtres (les Cohanim) et non des moines. Les prêtres ont à servir Dieu avec dignité et majesté. Leurs tâches sont du domaine de la célébration, de la pratique de l’offrande, de l’éducation du peuple. Ils sont au service du Temple quel qu’en soit la forme. Les Cohanim sont l’incarnation du lien entre le peuple et Dieu.

Les lettres du nom « Cohen » peuvent former les termes « ken », signifiant « oui » et « he », évoquant la permanence de Dieu dans le temps.

Parlons maintenant de l’habit du Grand Prêtre en nous référant au texte de la paracha.

Chémot 28:4 à 28:39. « Voici les vêtements qu’ils feront: un pectoral, un éphod, une robe, une tunique à mailles, une tiare et une écharpe…Ils feront l’éphod d’or, de fil bleu, de laine teinte en pourpre et écarlate et de lin…Et deux épaulières d’attache…Tu prendras deux pierres de choham sur lesquelles tu graveras les noms des fils d’Israël…six noms sur une pierre et six autres noms sur l’autre pierre, selon leur ordre de naissance…Tu adapteras ces deux pierres aux épaulières de l’éphod…Tu feras le pectoral du jugement…que tu composeras à la façon de l’éphod…Tu le garniras de pierres précieuses..Ces pierres porteront les noms des douze fils d’Israël…Et Aaron portera ainsi sur son cœur, lorsqu’il entrera dans le sanctuaire, les noms des tribus d’Israël…Tu ajouteras les ourim et les toummim…Aaron portera ainsi le destin des enfants d’Israël sur sa poitrine, devant l’Éternel…Tu feras la robe de l’éphod, uniquement de fil bleu…Tu adapteras au bord de la robe des grenades d’azur, de pourpre et d’écarlate et des clochettes d’or entremêlées…Aaron la portera lorsqu’il officiera, pour que le son s’entende quand il entrera dans le Sanctuaire, devant l’Éternel, et quand il en sortira…Tu feras une plaque d’or pur, sur laquelle tu graveras, comme sur un sceau: « Consacré a l’Éternel »…Tu la fixeras sur le devant de la tiare…Elle sera sur le front d’Aaron qui se chargera ainsi des péchés…des enfants d’Israël…Tu feras la tunique à mailles en lin, ainsi que la tiare, et l’écharpe tu l’exécuteras en broderie. »

Apportons quelques précisions. L’éphod est un tablier richement brodé. Les ourim et les toummim sont des objets cultuels ayant trait à la révélation prophétique de la vérité.

Les épaulières et le pectoral sur lesquels les noms des 12 tribus sont gravés,  nous montrent que le Grand Prêtre porte le poids de l’unité du peuple d’Israël directement sur sa personne. Cela nous fait penser à la tunique bariolée que portait Joseph, le  fils de Jacob, qui symbolisait, elle aussi, l’unité des douze fils d’Israël.

Le fronteau, fait d’une plaque d’or sur laquelle est gravé « Consacré à l’Éternel », est destiné à rappeler au Grand Prêtre, en permanence, la dimension de sa charge et de sa responsabilité.

Qu’en est-il de l’habit des simples prêtres ? À nouveau référons-nous à la paracha Tétsavé.

Chémot 28:40 à 28:42. « Et pour les fils d’Aaron également tu feras des tuniques et aussi des écharpes, puis tu leur feras des coiffures, signes d’honneur et de dignité…Fais-leur aussi des caleçons de lin pour couvrir la nudité de la chair, depuis les reins jusqu’aux cuisses. »

Leur tenue vestimentaire est quand même plus simple que celle du Grand Prêtre.

Interprétons et actualisons ce que nous venons d’apprendre :

Suffit-il de bien habiller les Cohanim pour qu’ils soient à la hauteur de leur mission et de leurs responsabilités ? Ce n’est bien-sûr pas suffisant. Les Cohanim doivent être parfaitement conscients de la difficulté de leur mission et de leur responsabilité envers ceux qui leur font totalement confiance et qui les considèrent comme le lien avec l’Éternel.

Cependant, de façon générale, l’apparence d’un personnage chargé d’importantes responsabilités est absolument à prendre en considération; l’apparence étant l’habit, l’attitude et le comportement dans l’exercice de la fonction.

L’apparence influe sur le personnage lui-même, au niveau de sa personnalité, de son sens des valeurs, de sa conscience et, en conséquence, au niveau de ses actes. Sans parler du pouvoir de l’apparence sur ceux auxquels le personnage s’adresse. Depuis longtemps les militaires, le clergé catholique, les légistes, les commerciaux soutiennent cette thèse.

L’habit des Cohanim ne suffit donc pas à faire d’excellents Cohanim, mais il est l’un de leurs facteurs de réussite.

Revenons au thème précis de la paracha. Le fronteau en or est à mettre en relation avec les téfilines que nous portons aujourd’hui. Question à se poser : le talit a-t-il une correspondance précise avec un des vêtements du Grand Prêtre ? Peut-être. Ce qui est sûr, c’est que les franges (tsitsit)  du talit symbolisent l’ensemble des commandements de la Torah.

Au tout début de la paracha, il est demandé d’entretenir en permanence la flamme d’un luminaire dans le Sanctuaire. Il est fait de même, actuellement, dans les Synagogues.

Chémot 27:20 à 27:21. « Quant à toi, tu ordonneras aux enfants d’Israël qu’ils te procurent une huile pure d’olives concassées, pour le luminaire, afin d’alimenter les lampes en permanence…C’est dans la Tente de réunion, en dehors du rideau qui abrite le Témoignage [les Tables de la Loi], qu’Aaron et ses fils le disposeront, pour brûler du soir au matin… »

L’habit des prêtres Juifs d’autrefois était destiné à symboliser à la fois leur identité et la dignité, le sacré, la solennité, la bienveillance. Les Rabbins d’aujourd’hui s’appliquent, avec beaucoup moins de faste, à en faire tout autant en prenant en considération leur apparence, donc leur façon de se vêtir. L’habit ne fait pas le moine mais fait quand même, un tout petit peu, le Rabbin.

Paracha Beha’aloteHa : d’autres façons de faire bien.

Le don de la Torah se renouvelle chaque année. A partir de chavouot 2016, vous retrouverez sur notre site un petit commentaire actuel, une reinterprétation des vidéos « sur un pied ». N’hésitez pas à vous replonger dans le texte éternel de la Torah et de son commentaire sur le site sefarim, et à revoir les vidéos correspondantes sur notre chaine youtube…

Bonne étude!

Dans notre vie d’enfants d’Israël nous nous heurtons souvent à des obstacles pour bien faire ce que nous voulons, pour réaliser nos projets, pour être ce que nous sommes; mais ces obstacles ne nous arrêtent pas. Nous trouvons toujours des solutions que nous pensons bonnes pour nous en accommoder. Nous trouvons D’autres façons de faire bien.

Deux événements, parmi d’autres, de l’histoire juive illustrent ce sujet :

  • La célébration de Pessah – paracha Beha’aloteHa du sefer Bamidbar (chapitre 9)

Nous sommes à l’époque du tabernacle. Moïse doit répondre à une question délicate posée par des membres du peuple qui, se trouvant en état d’impureté, comprennent qu’ils ne sont pas en état de réaliser l’offrande de l’agneau pascal pour célébrer Pessah.

Ces personnes demandent à Moïse de leur trouver le moyen d’y parvenir quand même. Moïse réfléchit et voit qu’il ne sait pas. Moïse leur répond :  » Tenez vous ici et je vais écouter ce que l’Eternel vous prescrira ». La réponse de l’Éternel à Moïse est : « Dis aux enfants d’Israël que même si un homme…se trouve impur…il devra lui aussi procéder au sacrifice… Au deuxième mois, le quatorzième jour, entre les deux soirs, il devra sacrifier l’agneau, le manger avec des pains non fermentés et des légumes verts amers… » Une personne impure ne peut procéder à l’offrande sur le moment mais doit retrouver son état de pureté et y procéder le mois suivant. Elle fête PessaH avec un mois de retard. Moïse délivre cette réponse aux solliciteurs et à l’ensemble du peuple.

Et c’est ainsi que fut instauré Pessah chéni (le second Pessah) sans renoncement, en recherchant une solution adaptée à la situation. Une autre façon de faire bien fut trouvée.

  • La reconquête du Temple par les Maccabim

Après avoir reconquis le Temple de Jérusalem, les Maccabim désirent organiser une grande fête. Le Temple a été restauré. Les Maccabim pensent à la fête de Soukot (la fête des tabernacles) qu’ils n’ont pas pu célébrer comme il se doit, quelque temps avant la reconquête du Temple. Ils décident quand même de célébrer une fête de la même dimension et de la même intensité que Soukot.

Le deuxième livre des Maccabées de la bible catholique (livre non canonisé par la bible hébraïque) décrit une fête de huit jours au cours des mois de novembre ou décembre. Il s’agit tout simplement de la fête de Soukot reportée dans le temps, devenue la fête de Hanouka.

Soukot (la fête des tabernacles) perdurera et restera célébrée à la bonne date. Hanouka (la fête des lumières) deviendra une fête à part entière en fin d’année civile. Encore une fois, lorsque les nécessités de l’heure l’imposent, on trouve une autre façon de bien faire, qui perdure à travers l’histoire.

Que dire de la pratique actuelle des traditions juives ? 

Au fil du temps, l’exercice des traditions a évolué de pair avec la spiritualité.

Autrefois, l’inspiration spirituelle était concentrée au niveau des Prophètes. Ensuite elle a été transmise aux Sages du peuple d’Israël. (D’après le Talmud Baba Batra.)

Peu à peu l’étude de la Torah, l’étude des autres textes et la prise en compte de la situation du peuple Juif (quelquefois critique) se sont trouvées à la base des décisions concernant la bonne pratique des traditions. De la sorte, comme nous ne sommes plus en mesure de faire des offrandes sur l’autel du Temple aujourd’hui, l’exercice des traditions s’est retrouvé autour de la table familiale. (Selon le Talmud MenaHot.)

Afin de continuer à exister, les enfants d’Israël ont dû franchir tous les obstacles rencontrés depuis plus de trois mille ans. Ils ont dû s’adapter et être créatifs. Ainsi des créations telles que les fête de Hanouka, de Yom Hashoah et de Yom Haatsmaout sont entrées, ou commencent leur entrée, dans l’histoire du peuple Juif.

Nous ne voulons pas renoncer. Lorsque surgissent des obstacles, nous voulons agir le mieux possible. Lorsque nous ne pouvons pas simplement appliquer les règles du passé, nous savons être créatifs et nous adapter tout en restant fidèles aux valeurs et aux traditions qui sont les nôtres.