Hanouka!

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Célébrons les miracles de demain !

Reprenez votre toupie de Hanouka. Les lettres noun, guimel, hé, ornent trois de ses côtés. Elles représentent les mots Ness (un miracleנס), Gadol (grand גדול), haya (il y eut היה). Mais quelle est la quatrième lettre ? S’agit-il d’un  pour Po (ici פה, pour les toupies israéliennes) ou d’un Chin pour Cham (là-bas שם, pour les françaises) ?

L’allumage des bougies à nos fenêtres a pour but la publication DU miracle. « LE miracle » ? Oui, mais lequel ?

Célébrons-nous le prodige d’une huile qui brûle sans se consumer, la ménorah du Temple à l’époque hasmonéenne, d’après le Talmud ? La victoire sur des ennemis plus nombreux, les makabim ayant vaincu les grecs, comme dans le Al hanissim ? La ré-inauguration du Temple, selon le livre des makabim ? Notre survie physique et spirituelle malgré les épreuves de l’histoire ? La renaissance de l’Etat d’Israël ? Célébrerons-nous également les petits miracles du quotidien, celui d’une personne qui franchit pour la première fois le seuil d’une de nos synagogues, d’un enfant qui trouve le courage de prendre sa place le jour de sa Bar/bat Mitsva, celui d’une main qui se tend quand on en a besoin ?

Nous chanterons cette année encore « sévivon sov sov » en famille et en communauté. Finirons-nous la chanson par « un grand miracle eut lieu là-bas », en Israël ou « ici », en France, et dans tous les pays ou l’existence juive poursuit son cours? Penserons-nous uniquement aux miracles de ces jours-là,  בימים הה, ou également à ceux qui se déroulent à notre époque, בזמן הזה ? A ceux réalisés par nos ancêtres pour que nous existions ? Ou à ceux qui restent à accomplir pour faire vivre un judaïsme de bonheur et d’engagement pour les générations futures ?

L’idéal juif est encore en chemin, et nous en sommes les porteurs.

Hag Ourim SaméaH ! Bonne fête des lumières ! Bonne construction communautaire !

Remonter sur les épaules des géants

Dracha kipour 5775

Plus que 31 ans à tenir.

C’est Ray Kurzweil qui l’a dit.

En 2045, nous serons immortels.

Voilà ce que prétend le trans-humanisme. Il sera possible de transférer les données de notre cerveau. Ce ne sera plus de la science-fiction.

JE pourrai survivre et améliorer mon corps, être une « plus qu’humaine ».

Depuis l’aube des temps, nous luttons pour dépasser nos limitations. Pouvons-nous nous transformer en une humanité « augmentée », améliorée, immortelle ?

Quels seraient les moyens éthiques de le faire ? Lesquels seraient inacceptables ?

C’est une question très difficile pour un juif.

En effet, notre tradition nous enseigne à la fois l’aspiration à l’excellence ET la modération, l’ambition ET la solidarité.

Ainsi,

nous devons agir dans le tikoun olam, la correction du monde,

nous nous considérons (et l’humanité à nos côtés) comme étant dans l’alliance avec dieu, des acteurs de la création,

la circoncision elle-même symbolise l’alliance, c’est-à-dire notre pouvoir sur notre nature, notre devoir de coopération avec notre corps.

Nos actes corporels sont sacrés.

La sexualité ? C’est sacré, à tous les âges, avec ou sans procréation, dans le cadre du travail sur une relation équilibrée avec son propre corps et avec son partenaire.

L’abstinence ? Sacrée aussi, à certains moments, en tant que balancier qui permet au couple équilibriste de ne pas tomber de son fil.

La gourmandise ? C’est sacré, à tel point que nous disons des bénédictions avant de manger.

La faim ? C’est sacré également, aujourd’hui en ce jour de jeune, c’est une bonne chose, une occasion unique de ressentir la faiblesse de nos corps et de comprendre mieux ceux qui l’éprouvent au quotidien.

Le manque nutritionnel est un outil, nous le savons dans nos têtes ce soir, nous le saurons dans nos corps demain soir.

Nos corps nous stabilisent, parfois trop, comme le disent les prophètes, tu as mangé, tu t’es engraissé et tu t’es mis à refuser tes obligations !

Ces gestes quotidiens sont sacrés car ils sont une façon d’agir sur nous-mêmes, sur nos corps, sur notre construction.

Pouvons-nous modifier nos corps ?

Nos corps sont sacrés, oui, parce qu’ils sont à l’image de dieu, porter atteinte à l’intégrité physique de quelqu’un, le frapper, est un blasphème (en plus d’être interdit !). Les tatouages et les piercings sont, disons, déconseillés.

Mais nous avons le droit d’intervenir sur nos corps, nous pouvons être opérés pour protéger notre santé ; plus encore, les téfilines eux-mêmes, lorsqu’ils sont sur nos fronts et sur nos bras, sont le signe volontaire d’une « réalité augmentée » de l’humain, leur empreinte sur nos bras témoigne de notre concentration vis-à-vis de nos valeurs le matin-même, c’est l’affirmation que nous voulons faire entrer en nous autre-chose que ce qui était nous-mêmes.

Et tel est le propre de l’humain, et le miracle de la plastie du cerveau, qui se modifie pour créer des souvenirs, ces souvenirs que nous rouvrons depuis Roch hachana.

Nos vies nous changent, nos fréquentations, nos proches nous changent, le souvenir est une empreinte physiologique, vraiment écrite dans nos corps, ces paroles que je t’ordonne aujourd’hui sont vraiment « gravées dans nos cœurs », comme nous le disons dans le Chéma Israël, c’est-à-dire imprimés dans nos neurones.

Nous nous « augmentons » sans cesse, mais de quelle façon et jusqu’où ?

En tant que juifs, nous ne croyons pas au « satan », aux démonisations. Certaines questions peuvent faire peur mais aucune ne peut être taboue.

Dire que nous sommes responsables de nous faire nous-mêmes, c’est dangereux. Avec quelle limite ? Greffes, implants électronique, transformations génétiques, investissements couteux qui pénalisent les moins fortunés ?

Dire que nous ne sommes pas responsables de nous faire nous-mêmes, c’est dangereux aussi. Nous subissons nos pulsions ? Ce que nous sommes, c’est la faute des autres ? De « dieu » ? De la société ?

Les prophètes ont consacré des pages, des années, et fait des sacrifices personnels incroyables pour s’opposer à chacune de ces deux tendances : l’individualisme en fantasme de puissance, la « soumissionnite » en fantasme d’impuissance.

Ainsi, nous pouvons entendre ce désir d’humanité augmentée, de Ray Kurzweill et y adhérer partiellement certainement,

– puisque tel est l’essence de l’humain, être plus que la nature,

– puisque telle est l’essence du judaïsme, chercher à être un partenaire du Créateur dans la création de nous-mêmes et de notre descendance,

– puisque telle est l’essence du jugement de Yom kipour, nous sommes jugés pour ce que nous avons fait de nous-mêmes.

Nous pouvons adhérer partiellement aux ambitions de Ray Kurzweill mais pas tout à fait à sa façon à lui. Je crois qu’aujourd’hui, Kipour vient nous dire que les transformations, dans la tradition juive, se font en solidarité et en douceur.

Nous avons chacun et chacune commis des fautes, provoqué des dommages à nous-mêmes, que nous devons réparer aujourd’hui.

Mais avons-nous commis des vols, des extorsions, des falsifications, de fausses accusations ? Y a-t-il quelqu’un ici qui soit allé si loin ? Non, n’est-ce pas.

Je ne pense pas avoir rien commis de tel de façon directe, mais la société dans laquelle je vis, certainement. J’ai laissé perdurer un cadre où le vol, la trahison, etc… sont possibles. C’est pourquoi il est justifié de dire le vidoui au pluriel, et de mentionner des fautes que nous ne pensons pas avoir commises. אשמנו בגדנו דברנו דופי.

Le bilan des fautes juif se fait en solidarité.

L’épanouissement parfait selon la tradition juive, viendra quand nous aurons été capables de créer une société sans laissés pour comptes, où chacun et chacune trouvera sa place, et qu’on appelle chez nous, ימות המשיח, les jours du messie.

Et en attendant, nous œuvrons ensemble à créer une synagogue sans laissés pour compte, et toujours plus riche humainement et intellectuellement grâce à la souplesse, à la bienveillance et à l’engagement de tous, merci. Chacun est invité à prendre part à ce grand projet.

Alors, que dire maintenant à propos de Ray Kurzweill, l’informaticien juif transhumaniste ?

Ray Kurzweill est à New york en 1948. Kurt Weill, qui était musicien comme son père, est mort à New-york en 1950.

Kurt Weill suivait aussi d’une certaine façon les traces de son père, qui était Hazan.  Lui qui a composé avec Bertold Brecht avait commencé par écrire un « מה אדיר », chant qui accompagne la rentrée des fiancés lors du mariage juif !

Je dirais alors que j’espère que les générations futures sauront s’appuyer sur le savoir des générations précédentes, comme nous pouvons remonter sur les épaules des géants qu’étaient certains sages du passé, pour voir plus loin.

Evoluer, oui, mais en nous appuyant sur la sagesse du passé.

Dans l’habanéra de Kurt Weill, l’ère messianique se nomme Youkali :

« C’est dans notre nuit comme une éclaircie l’étoile qu’on suit c’est youkali, youkali c’est le respect de tous les vœux échangés, youkali, c’est le pays des beaux amours partagés, c’est l’espérance qui est au cœur de tous les humains, la délivrance, que nous attendons tous pour demain. »

Aujourd’hui, nous entrons dans cette île, toute petite, de yom kipour, cette île de rencontre avec soi-même, de rencontre avec notre avenir, rencontre avec les autres, rencontre avec la communauté.

Nous entrons dans ce sas de décompression pour 25 petites heures, qui nous mettra en relation notre passé et notre avenir ;

Nous n’avons pas besoin de « tenir » 31 ans avant que notre cerveau soit, éventuellement, enregistré dans un ordinateur.

Nous préférons remettre MAINTENANT nos vies sur le métier à tisser et poursuivre ces 4000 ans de quête d’une relation juste à nous-mêmes, à l’autre, et à nos espoirs pour le monde.

Nous espérons nous installer toujours mieux sur les épaules des géants qui nous ont précédés, et que nos enfants puissent continuer, à notre suite, à voir plus loin encore.

Qui sait ce que, demain, et dans un an, à ce même rendez-vous de Kipour, nous verrons du haut des nouvelles montagnes que nous aurons escaladées !

Qui sait ce que nos enfants y verront, s’ils trouvent des épaules confortables sur lesquelles s’installer ?

צום מועיל,

Que ce jeune nous soit profitable.

Nos enfants au coeur du développement communautaire – Entretien avec Révital Shloman

Entretien avec Révital Shloman, Directrice du Talmud Torah du MJLF

Revital Shloman Talmud Torah MJLF

Bonjour Révital, pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Shalom ! Je commence avec mon prénom Révital, Tal en hébreu c’est la rosée et Révi c’est absorbée comme les plantes qui absorbent la rosée, c’est le choix de mes parents et cela expliquer le chemin que j’ai fait comme éducatrice, absorber tout ce que je peux pour partager cette connaissance avec les enfants et avec leurs parents.

Je veux ajouter que depuis longtemps je suis spécialisée dans l’éducation informelle, c’est une notion qui est très développée en Israël. Mon expérience est diversifiée dans tous les groupes d’âges en matière d’éducation juive. En plus des outils pédagogiques classiques, nous avons donc à notre disposition beaucoup d’autres compétences. Mais le plus important est notre capacité à comprendre ce que l’enfant veut; il est au centre de notre travail et il est important d’adapter le programme à ses besoins et non seulement en fonction de notre compréhension de l’éducation.

Je prépare toujours des éléments qui sont intéressants aussi pour les parents de façon à leur permettre de continuer à la maison avec leurs enfants.

Une des choses importantes pour moi est d’apprendre des autres, et j’en ai l’occasion avec les enfants et les parents ainsi que nos collègues, quelles que soient leur background pédagogique, leurs univers personnels et leurs univers religieux.

Révital, comment êtes-vous arrivée au MJLF ?

C’était assez bizarre mais très juif ! , je suis arrivée il y a trois ans et demi. En arrivant, j’ai commencé à étudier le français et j’ai commencé à chercher un travail dans le domaine de l’éducation. J’étais très impliquée avec mon mari dans la communauté Adath Shalom et j’ai entendu qu’ils cherchaient des enseignants pour l’école moderne juive, j’ai rencontré Josy Waisbrot et Gabrielle qui m’ont engagée, ce sont eux qui m’ont prévenue que le MJLF cherchait une directrice du Talmud Torah. Je suis arrivée ici par le networking juif !

Quelles étaient vos premières impressions en arrivant au MJLF ?

Quand je suis arrivée la première fois, c’était en vue de douze heures d’entretien pour un rendez-vous avec tous les dirigeants du MJLF et c’était très long, un défi avec le français, j’ai compris la moitié de ce qui était dit, mais j’ai vu qu’ils étaient tous motivés pour faire le meilleur talmud torah et c’est justement ce que je cherchais. La communication non verbale m’a permis de comprendre que je pourrais travailler de façon pluraliste, très ouverte et avec cela très professionnel. Mes premières impressions m’ont donc convaincue que je pourrais travailler ici en exprimant mon amour pour mon métier. Bon, ouvert et pluraliste. Il y avait à la fois beaucoup de potentiel et beaucoup de défi, en contribuant à ce qui compte le plus pour moi, contribuer à créer la communauté. C’est ce dont j’avais besoin.

Comment décririez-vous le Talmud Torah aujourd’hui ?

Je pense que nous avons aujourd’hui un Talmud torah très ouvert, pluraliste, et professionnel et qui a la volonté de se développer encore davantage dans ces directions. Notre talmud torah est aussi communautaire et familial, avec une place pour chaque membre de la famille. Il y a aussi une implication grandissante de la conjonction entre l’investissement des membres de la communauté et le talmud torah. Il y a le chabbat aleph, la keitana, les activités pour la jeunesse dirigés par Oren Giorno  les cours pour les parents pendant le talmud torah. Le talmud pour moi c’est le cœur de la communauté et j’espère trouver les meilleurs chemins de transmettre ces messages. Les parents commencent à comprendre que nous sommes à leur écoute pour les accueillir dans les programmes qui leur conviennent et même pour en créer de nouveaux en fonction des besoins. La grande famille du Talmud Torah c’est les rabbins, les familles du MJLF, les familles du talmud torah et du MJLF les administrateurs, les permanents du MJLF, et bien sûr également les enseignants et moi-même. Je pourrais raconter de nombreux exemples de parents qui ont participé à des événements où ils ont transmis à la fois à leur propre enfant mais aussi à tous les enfants de la communauté. Chacun d’entre nous a beaucoup à apprendre et aussi beaucoup à enseigner. Le talmud torah est le lieu idéal pour ce partage.

Comment voyez-vous le rôle du talmud torah et du MJLF ?

Du point de vue juif, notre place est fondamentale dans le paysage éducatif juif français. Nous sommes un modèle d’éducation de nos enfants autour de leur identité  et nos valeurs sans jugement, sans critique des autres communautés. Nos rabbins forment également les enseignants et nous préparons

D’un point de vue civique, nos enfants ont souvent une origine mixte. Le choix de faire une éducation juive n’est pas évident aujourd’hui, et nous sommes un cadre qui leur facilite l’accès à l’identité. Le Talmud Torah n’est pas uniquement une préparation à la BM , c’est une rencontre avec notre origine et avec notre patrimoine, les enfants ont besoin de cela, besoin d’être accueillis, de cultiver la force et la fierté de leur identité. Il faut leur offrir la possibilité de devenir des adultes heureux de leur identité ce qui est vraiment un cadeau précieux. J’aimerais que tous les parents et les enfants puissent faire ce choix et pour cela que notre talmud torah soit vraiment connu. Nos communautés développent des programmes qui parlent aux juifs français, le potentiel de développement est impressionnant, j’espère que nous réussirons à toucher tous ceux qui ont besoin de nous.

Révital, je vous laisse le mot de la fin…

Je voudrais inviter chacun à comprendre le potentiel communautaire et à prendre ses responsabilités pour l’avenir de nos enfants car c’est cet avenir qui va être décisif pour l’avenir du judaïsme, nous sommes dans une période difficile pour chaque famille et c’est justement une période où il est important de se mobiliser. Le Talmud Torah, c’est le centre de toute la communauté et ceux qui veulent s’y investir sont les bienvenus. Ma porte est toujours ouverte, littéralement, elle est toujours ouverte, pour les gens, pour les enfants et pour des idées. Je veux aussi remercier Léa Jacquelin qui a pris la responsabilité du talmud torah de Ganénou, Elle a grandi au MJLF et  devenue une partenaire  avec tout l’équipe de notre Talmud Tora pour la transmission de ce message éducatif avec les rabbins, les familles et les administrateurs. Transmission des valeurs qui crée la famille du MJLF, Toda Raba pour cette confiance et cette collaboration.

LIRE L ARTICLE concernant l’éducation écrit par le Rabbin Floriane Chinsky

 

Terouma – Une seule construction, plusieurs matériaux

Dracha du vendredi 31 janvier 2014

Comme vous avez pu le constater, le ton de mes drachot est généralement libre et détendu.

Cependant, aujourd’hui est une occasion spéciale.

Nous venons de signer un contrat par lequel je serai présente au MJLF deux fois par mois pour les cinq prochains mois, et à cette occasion, je souhaite évoquer quelques enseignements importants, émanant de notre identité, liés à la paracha et fondements de mon action et de notre collaboration.

Nous partageons aujourd’hui un questionnement autour de la construction communautaire, c’est parce que la communauté de Surmelin se trouve face à ce magnifique défi : construire, re-construire, développer la communauté.

Nous allons devoir réfléchir à ce que seront nos objectifs, au sens pratique, et au sens symbolique. Construire la synagogue la plus haute ? La plus stable ? La plus colorée ? La plus accueillante ? La plus éduquée ? Une communauté de savoir ? D’étude ? D’entre-aide ? De chant ? De joie ?

Il faudra réfléchir à ces objectifs.

A ce sujet, je souhaite partager avec vous une fausse mauvaise nouvelle : il est impossible que nous ayons tous des objectifs identiques.

Il s’agit d’une vraie bonne nouvelle : cela signifie que chacun a quelque chose de différent à apporter à l’édifice.

Nous mettrons dans le panier de la mariée de nombreux cadeaux merveilleux.

Dans notre paracha, la construction du temple et des outils du service se prépare.
Chacun est invité à donner ce qu’il a de meilleur.
L’or, l’argent et le cuivre vont être apportés à profusion pour réaliser des œuvres d’art digne de l’engagement des enfants d’Israël pour leur identité naissante.

Parlons un moment des métaux dont nous allons disposer pour créer un espace de kodech קודש  au sein de notre synagogue.

Tout d’abord il faut compter les bases de l’identité de Surmelin, son appartenance au libéralisme, son appartenance au MJLF, son caractère spécifique développé depuis sa naissance. Je compte sur vous pour continuer à me faire connaitre cette identité particulière.

Parmi ces trésors nous devrons également nous appuyer sur les qualités personnelles de tous ceux à qui le projet Surmelin tient à cœur. Votre savoir juif, votre savoir général, votre histoire, sont des éléments fondamentaux que je souhaite mieux connaitre. Prenons contact de façon personnelle, je tiens à découvrir ces trésors.

Enfin, vous pouvez compter également sur ce que mon expérience me permet de partager avec vous. Nous apprendrons ensemble comment en faire bénéficier la communauté.

Je connais bien le monde libéral, le monde orthodoxe et le monde massorti grâce à mes études rabbiniques, mes recherches de doctorat et mon parcours personnel.

Commençons par le monde libéral. Ma grand-mère priait à Copernic, elle a longtemps accueilli son Talmud Torah pour Soukot et pour PessaH. J’y ai célébré ma bat mitsva, et j’ai prié au MJLF-est lorsqu’il était encore rue Pétion.

Je connais également le monde orthodoxe dans sa diversité.
Un monde orthodoxe dont j’apprécie les qualités lorsqu’il s’inscrit dans une orthodoxie ouverte parfois égalitaire, ou au moins respectueuse des femmes,  intelligente, engagée. Un monde auquel nous nous opposons lorsqu’il privilégie des politiques d’exclusion au mépris de la halaHa elle-même.

Enfin, et il s’agit d’un élément très important et dont je sais qu’il suscite des questions, j’amène dans mes bagages mon identité massorti.

C’est le mouvement massorti qui m’a amenée à envisager le rabbinat. C’est au sein du séminaire rabbinique massorti israélien que j’ai pu acquérir mes connaissances des sources, et une connaissance de la loi juive qui me permet de m’opposer à certaines déviances.
Ce sont des synagogues massortiot en Israël, et aujourd’hui à Bruxelles et à Saint-Germain-en-Laye qui m’ont permis de développer une approche spécifique du rabbinat, au cours des treize dernières années.

Je ne serai pas ce que je suis sans le mouvement massorti que j’ai choisi, et je ne le serais pas non plus sans le mouvement libéral au sein duquel j’ai grandi.

Ces deux mouvements sont à mon sens fondamentaux pour l’avenir du Judaïsme.

Les libéraux ont choisi de défendre avant tout la liberté de conscience.
Les massorti ont mis en avant la loi juive et sa souplesse, et inscrit la modernité dans le cadre de la tradition.

Ce combat est exigeant, et ceux qui placent ces valeurs comme leur priorité doivent travailler ensemble, dans le respect des différences.

Le sectarisme est un obstacle sur le chemin de l’identité juive. Les défis du judaïsme d’aujourd’hui ont besoin de toutes nos forces.

Nous avons la chance de pouvoir mettre en œuvre une collaboration à la juive, dans la maHloket léchem chamaim, מחלוקת לשם שמים   une conscience des différences d’approches et un engagement vis-à-vis du bien commun.

J’estime que nous sommes tous particulièrement chanceux d’avoir un rabbinat ouvert de ce point de vue, tant du côté massorti que du côté libéral.

Ainsi, nous pourrons associer les offrandes de   (Ex.25 : 2) כָּל-אִישׁ אֲשֶׁר יִדְּבֶנּוּ לִבּוֹ,   de tous ceux qui y sont portés par leur cœur, pour trouver à chacune de nos qualités une juste place dans l’édifice communautaire.

Si nous réussissons, nous aurons, à notre façon, accompli la promesse de notre paracha (Ex. 25 :8),  וְעָשׂוּ לִי, מִקְדָּשׁ; וְשָׁכַנְתִּי, בְּתוֹכָם,   nous aurons construit un endroit sacré où ne résidera pas la présence divine.

Car la présence divine résidera, parmi nous, en nous, de par le travail de construction que nous aurons mené à bien dans la collaboration fraternelle.

Au-delà de la communauté de Surmelin, c’est l’ensemble du judaïsme de demain que nous construisons, avec tous ceux qui veulent se rappeler combien les notions de Klal Israël, כלל ישראל (Israël dans son ensemble) ainsi que le commandement positif de Ahavat Israël, אהבת ישראל (amour du peuple dans sa globalité, aimer son prochain comme soi-même) sont fondamentales dans notre tradition.

Je souhaite que nous ayons le mérite de pouvoir mettre en commun tout ce que nos cœurs veulent apporter à la communauté, je formule ce souhait pour nous et pour toutes les communautés d’Israël. Amen.