Prochain objectif: Tishri!

Chers amis, chères membres,

Shavouot vient de se terminer. C’était la dernière des grandes fêtes de cette année et les vacances approchent. Merci à toutes et à tous pour cette merveilleuse année passée ensemble.

Nous préparons déjà la suite. Pour Tichri, nous voulons être là les uns pour les autres, nous voulons que la communauté soit prête à accueillir chacun et chacune.

Je vais libérer cette fin d’année pour préparer la rentrée et pouvoir entendre tous ceux qui le souhaitent. Dans cette perspective, j’aimerais vous demander de prendre quelques minutes pour répondre à 5 questions très simples qui me permettront d’orienter mes préparatifs et ceux de toute la merveilleuse équipe de bénévoles qui travaille déjà sur les préparatifs de Tishri:

L’idéal est de répondre en ligne sur le lien suivant: Répondre à 5 questions sur ce qui compte pour vous à Tishri.

Pour prendre rendez-vous avec moi: cliquez ici; ou secrétariat 01 40 30 18 60.

Beaucoup de membres pourront profiter du fait que Kipour aura lieu un samedi. Faites passer le mot, car il est important de partager les bonnes choses!

Roch hachana (24 rue du Surmelin, 75020) aura lieu: office du premier soir: mercredi 20 septembre (18h45); premier matin: 21 septembre (10h); deuxième soir: jeudi 21 septembre (18h45); deuxième matin: vendredi 22 septembre (10h)

Kipour aura lieu (15 Rue Merlin, 75011 Paris) : soir de Kol Nidré: Vendredi 29 septembre (19h30); Offices toute la journée: Samedi 30 septembre (10h); soir de Neila: 30 septembre (19h)

Les seliHot à Surmelin auront lieu les mercredi 13 et 27 septembre à Surmelin à 7h30, et les dimanches 17 et 24 septembre à Ganénou (vers 9h30, à confirmer).

Les apprentissages de chants de Tichri auront lieu: pré-rentrée: Vendredi 17 Juin et vendredi 1e Juillet de 18h à 18h45; rentrée: Vendredi 1e septembre et vendredi 15 septembre de 18h à 18h45 (ainsi qu’à l’occasion des seliHot). Inscriptions ici sur le doodle chants de tishri.

Merci, chers et chères membres, et chers amis, pour tout ce que vous nous avez apporté, par votre présence engagée pour ceux qui le pouvaient, et aussi simplement par vos divers encouragements pour les autres, merci de nous avoir permis de garder le privilège le militer pour les valeurs qui nous tiennent tant à coeur. Ainsi que le dit l’Ecclésiaste : « On peut attaquer celui qui est seul, mais lorsqu’on est deux on peut faire front, et le lien triple est encore plus solide ».
A très bientôt…

 

 

Le retour des fêtes : une incertitude rassurante

Shavouot, c’est ce soir et demain!

Voici quelques réflexions pour accompagner notre entrée dans la fête.

Hag SaméaH à toutes et à tous. חג שמח לכלם

Le rituel est-il là pour nous réconforter ou pour nous mobiliser ? Nous entraine-t-il dans la routine ou nous invite-t-il au contraire au changement ?

Les grands concepts de la prière et du cycle de l’année nous ouvrent des chemins de réflexion.

Notre prière centrale se nomme « amida », עמידה, « station debout ». Elle nous invite à « prier debout », et si son nom n’évoque pas tout à fait le mouvement (haliHa, הליכה), il ne se cantonne pas non plus à l’immobilisme (yeshiva, ישיבה).

L’attitude que nous observons dans ce moment de recueillement est effectivement dynamique. Au début de la  Amida, nous nous orientons géographiquement vers Jérusalem, « Yérouchalaïm »,  ירושלים  la ville de la paix et de l’espoir, la ville des grands rassemblements de pèlerinages du passé, qui est également la ville de l’espoir des retrouvailles fraternelles universelles de la période messianique. Par là-même, nous nous orientons également spirituellement vers les plus hautes de nos valeurs, faisant entrer en résonance et en raisonance, le « matspen »,מצפן  et le « matspoun », מצפון, la boussole et la conscience.

A l’occasion de nos fêtes, la Amida garde sa structure, tout en s’habillant de passages relatifs aux fêtes en guise de « vêtements de splendeur » semblables à ceux que nous portons dans les occasions joyeuses.

Nous nous orientons vers Jérusalem, nous reculons de trois pas, puis nous avançons à nouveau. Ces gestes nous ramènent donc  au même point, et pourtant, nous avons évolué dans notre positionnement intérieur. En reculant, nous souhaitons symboliquement prendre du champ par rapport aux questions contingentes de notre vie, en nous avançant à nouveau, nous espérons nous rapprocher de l’essentiel. Pendant la Amida elle-même, nous nous inclinons, nous nous élevons sur la pointe des pieds, nous nous tournons les uns vers les autres, et l’alternance de ces gestes symbolise le mouvement intérieur qui nous accompagne sans cesse, et qui conjugue stabilité et souplesse.

De la même façon, à chacune de nos fêtes, nous revenons en quelque sorte au positionnement qui était le nôtre exactement un an auparavant, lorsque nous célébrions ce même rendez-vous sacré. Et pourtant, nous ne sommes pas les mêmes après une année entière de vie, d’actions, de réalisations, de questions et d’étude. Comme le dit le philosophe, celui qui se baigne dans la même rivière, se régénère pourtant dans une eau sans cesse renouvelée.

En forme de pirouette, nous pourrions dire que le rituel nous invite à faire entrer le changement dans la routine, à intégrer l’évolution dans la tradition. Le quotidien se pare du charme sacré du « tout est possible », l’exceptionnel s’abrite dans la chaude étoffe du « rien de nouveau ».

Le changement fait partie de nos vies, de la naissance à la mort dans notre vie privée, de la naissance de notre peuple à ses évolutions géographiques, historiques et organisationnelles dans le domaine du collectif.

Nos trois fêtes de pèlerinage en témoignent, puisqu’elles ont pu revêtir au cours de l’histoire des significations différentes. Elles ont été des fêtes agricoles, sans doute issues de célébrations païennes puis sont devenues des fêtes de culte au temple. Elles ont reflété une réalité historico-mythique, se sont transformées en rassemblement communautaires après le choc de la destruction du temple, avant de voir leur signification spirituelle et symbolique prendre le dessus, elles revêtent parfois aujourd’hui un sens laïc au sein d’institutions telles que les mouvements de jeunesse juifs laïcs et les kiboutsim. Avant tout, elles font fonction de liant familial et de rendez-vous identitaires.

Pourquoi intégrer cette perspective historique est-il si difficile pour certains ? Peut-être parce que nous aimerions parfois avoir des certitudes, nous voudrions parfois pouvoir adhérer à des choses tangibles, à des « dieux concrets », représentés, immuables ; la tentation de l’idolâtrie est peut-être inhérente à la nature humaine, qui cherche à se rassurer. Ce faisant, la nature humaine se replie au lieu de se déployer, et prépare sa propre réduction comme le veau d’or qui finit en poussière. Elle aspire au contraire au déploiement et au redéploiement de la révélation du Sinaï, toujours mentionnée au présent dans les bénédictions de la Torah.

Mais où puiser la force de résister aux attraits des certitudes ?

Par sa répétition, le cycle des fêtes, le makhzor מחזור  – mot également employé pour désigner le rituel que vous tenez dans vos mains – nous inscrit dans un rythme rassurant. Il permet au jeune enfant de se représenter de mieux en mieux le passage des longues années de sa vie. Il permet aux plus âgés de prendre la mesure de la rapidité de la succession des ans.

Le Makhzor est un cycle d’un an, une année, Chana en hébreu שנה. Chana signifie à la fois « répéter pour apprendre »,  לשנןet « changer », לשנות. La racine de ce mot est « Hazar », « revenir », car les fêtes reviennent sans cesse, mais ce cycle s’inscrit dans une dynamique qui va de l’avant, le « chemin juif », la « halaHa » הלכה.

Effectivement, la tradition juive nous « fait marcher », et particulièrement à l’occasion des « trois fêtes de pèlerinage », les « chaloch régalim », שלוש רגלים, les « trois pieds » en traduction littérale. Pour nous faire avancer, elle nous demande de nous appuyer sur la régularité du pas, et si le pied qui peut nous mener loin porte le nom de regel, רגל, l’habitude est désigné de celui de « hergel », הרגל. Et bien que l’étymologie n’autorise pas ce rapprochement, mentionnons (au passage) que ces chemins sont pour nous ceux de la joie, que les « regalim » ont pour fonction de nous « régaler » ! Nous avons l’habitude de nous déplacer, et notre mouvement s’inscrit dans cette tradition du renouveau qui est la nôtre, en tant non que juifs « errants », mais que juifs voyageurs.

Après le cycle des fêtes vient celui du mois, du « Hodech », חודש du « renouvelé », puisque le mois renait chaque foi à nouveau en compagnie de la nouvelle lune, sans cesse semblable et sans cesse différente. Le chabat, שבת   dont le nom même signifie « arrêt », nous invite chaque semaine à la rupture d’un rythme quotidien, qui lui-même malgré son retour incessant s’inscrit dans le changement permanent comme le dit la prière du soir : « Eternel, tu renouvelles chaque jour et en permanence l’œuvre de création du monde. »

Que signifie donc notre rituel ? Comme le dit l’enfant « méchant » de PessaH, « Qu’est-ce que ce travail pour vous ? ». Pour nous, le retour de nos fêtes cycliques, de nos trois fêtes de pèlerinage, est une invitation sans cesse réitérée à nous abriter dans la chaleur des traditions séculaires pour nous délivrer des pressions du quotidien, et pour nous resituer dans un autre type de vulnérabilité : celui du partage des questions essentielles. Soutenus par le rythme rassurant de la communauté en prière, nous retrouvons l’audace de créer de nouveaux chemins de pensée. Sur cette « ancienne-nouvelle » terre, cette altneuland qu’est l’univers de la sagesse juive, nous nous tournons vers l’infini des possibles de l’humain, qui fait face à l’infinité des facettes du divin, représenté par un Dieu qui se donne pour nom : « Je serai ce que je serai ».

Qui peut savoir ce que nous deviendrons, chacun et chacune, ou ce que sera le peuple juif, dans l’avenir proche et lointain ? Mais nous avons au moins la certitude que cette identité en devenir perpétuel est sculptée par le meilleur de nous-mêmes à travers les siècles, grâce aux retrouvailles intenses et nourrissantes que nous ménage notre calendrier.

Liberté Égalité Fraternité – Solidarité

Un petit partage sympathique de mon article sur l’entre-aide et contre la « charité » publié dans le magazine L’Appel. Bon week-end!

Liberté juive

Alors que les élections sont à nos portes, je prends le temps de vous rappeler la définition qu’Edmond Fleg donne de la victoire:
« Lorsque, rendus dés longtemps aux fraternités des peuples, nous aurons fait avec toi, avec tous les hommes, sur toute la terre, toute la paix, dans toute la justice, alors, seulement, Éternel notre Dieu, roi du monde, assez pour nous! » Voyez également  les quelques mots très forts de Danielle Cohen, Présidente du MJLF sur ce lien.
Et de mon côté, je soumets à vos réflexions ces quelques pensées sur l’entraide, que j’ai eu la chance de partager dans le magazine l’Appel. Encore une nouvelle façon d’affirmer que toutes les dignités humaines sont égales et imprescriptibles.

La charité est-elle encore d’actualité ?

Alors que nos conditions de travail ou celles de nos proches sont parfois de plus en plus précaires, nous pouvons être tentés de nous démarquer des personnes déclassées…

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Un cycle entier de Paracha de la semaine se conclut !

Les vidéos « Sur un pied » initiées il y a deux ans nous ont accompagnées en 2015-2016 pendant une année entière. L’année dernière, Roger W. a décidé de leur donner une forme renouvelée, en réalisant chaque semaine une version écrite de ces vidéos. Ce projet a finalement donné lieu à des articles qui vont bien au-delà d’un simple résumé. Se laissant entraîner par la beauté de nos textes, Roger a en réalité approfondi ses recherches, documenté les sources, et produit des articles originaux que nous avons pu découvrir tout au long de l’année écoulée. Tous les articles « paracha » sont disponibles ici.

Merci à Roger pour ce beau témoignage de son intérêt pour notre synagogue et pour les valeurs juives que nous défendons, celles de l’ouverture, de l’accueil, de la réflexion, et de l’égalité femmes-hommes.

C’est une grande satisfaction pour notre communauté également d’avoir pu, une fois de plus, contribuer à l’articulation du projet personnel d’un des membres à un service communautaire tourné vers le plus grand nombre.

Pour célébrer cet achèvement, nous nous sommes donnés le temps d’un petit débriefing du projet, que nous sommes heureux de partager avec vous.

 

Roger, le projet articles pour « Sur un Pied » s’achève cette semaine. Vous en avez été l’initiateur et le réalisateur de ce projet. Qu’est-ce qui vous a amené à vous engager ?

Ma première motivation a été l’intérêt de ce travail, qui permettait d’apprendre beaucoup de chose, de mobiliser mon cerveau, et de soutenir la synagogue. Apprendre pour redonner était pour moi un vrai plaisir.

Comment vous êtes-vous lancé dans ce projet ?

Ma première question a été de trouver la meilleure façon de structurer ce travail, comment organiser à la fois la démarche et l’article, comment procéder pour que les vidéos donnent un résultat intéressant sous cette nouvelle forme écrite.

Au début j’avais peur de me tromper car je connaissais mal les textes, faire ce travail m’a permis de mieux connaitre les textes de base, d’avoir une connaissance globale, solide et structurée du texte de la Torah.

Quand j’ai commencé j’ai trouvé cela fatiguant, long, très exigeant en termes de temps investi, mais par ailleurs, cela m’intéressait beaucoup de sorte que je ne me suis pas découragé. Dès le troisième article j’ai réalisé que c’était un cycle à terminer absolument, je me suis dit que j’étais « condamné » à aller jusqu’au bout, d’une part pour relever l’entièreté de ce défi, et d’autre part pour que cela ait un sens, car avoir lu et décortiqué l’ensemble de la Torah, c’est vraiment quelque chose.

Effectivement, c’est remarquable ! Et justement, avez-vous éprouvé des difficultés particulières ?

La première difficulté a été de bien comprendre les mots des vidéos, de bien enregistrer, ce n’était pas évident car je découvrais certaines notions, ce qui rend leur identification à l’oral parfois délicate. Une autre complication a été de fouiller dans les textes pour vérifier si ce que je disais était exact. Enfin, je tenais à rester fidèle au message de base, même si je l’exprimais avec des mots différents, et cela aussi a été l’une de mes préoccupations majeures.

Roger, un an d’étude de la Torah, cela représente un investissement personnel considérable et je m’interroge : En quoi faire ce travail vous a changé ?

Il m’a rendu encore plus attaché à mes racines, c’est une épreuve, comme un test presque, pour voir où on en est dans sa judéité, je me suis rendu compte que j’étais bien dans cette judéité, cela m’a confirmé dans le justesse de mon identité religieuse.

Si vous deviez donner un conseil à celui que vous étiez au moment où vous avez entrepris ce travail, quel serait-il ?

Je me suis rendu compte immédiatement -et je ne l’ai pas fait tout de suite- qu’il fallait que je retranscrive mot à mot les vidéos, au début je m’amusais à faire un plan avant d’écrire, et j’ai réalisé que le faire d’un jet était plus efficace. Je me serai conseillé d’aller plus vite, mais en même temps cela me faisait plaisir de prendre mon temps pour explorer.

A l’heure du bilan, je m’interroge sur les qualités que vous avez mobilisées et mises en mouvement pour faire ce travail…

Tout d’abord il y a certainement la curiosité, qui est une manie chez moi. Et certainement mon désir de me rapprocher de mes sources spirituelles. Par ailleurs, j’aime beaucoup écrire, et ce projet m’a donné l’occasion de renouer très régulièrement avec le plaisir d’écrire qui fait partie de moi depuis toujours.

Et certainement vous avez acquis également certaines compétences nouvelles ?

C’est exact, je peux maintenant parler de la torah avec beaucoup plus de précision qu’il y a un an, il y a un an, je ne connaissais la torah qu’à travers quelques extraits, maintenant j’ai pu la passer en revue complètement, en côtoyer tous les passages.  Cela m’a permis de découvrir comment s’était construite la religion juive, de mieux voir ses racines, d’étudier comment et à quel moment elle est apparue. J’ai compris que les hébreux ne sont pas un peuple à proprement parler, pas vraiment une ethnie, mais bien plutôt un groupe de gens qui se rassemblent parce qu’ils partagent des valeurs et des idées.

A votre sens, que devrait-il advenir de ce cadeau que vous avez offert à la synagogue ?

Je les ai imprimés pour moi-même, je souhaite simplement qu’ils continuent à servir et que les connaissances que j’ai acquises soient partagées, on pourrait en faire un fascicule à feuilleter peut-être, qui pourrait être disponible à la synagogue. L’essentiel est que cela puisse continuer à servir aux uns et aux autres, à être partagé. Et pour la suite, tout est ouvert, il est bon de laisser l’avenir nous amener de nouvelles possibilités.

Et sans doute, cher Roger, de reprendre sa respiration ! Merci pour tout, et à très bientôt pour de nouvelles aventures, peut-être autour de Shavouot, qui est justement la fête du don de la Torah !

Paracha Behar : Dieu nous a-t-il affranchis pour mieux nous asservir ?

Nous terminons la lecture du Lévitique, le sefer Vayikra, par la paracha Behar étendue à la paracha BeHoukotaï.

Que nous apprennent les parachiot Behar et BeHoukotaï ?

Tout d’abord, l’Eternel prescrit à Moïse, sur le mont Sinaï, le repos (le Chabat) de la terre tous les sept ans. Puis il institue le jubilé, tous les cinquante ans, au cours duquel les terrains et habitations hors des villes doivent être rendus et les esclaves libérés. Ensuite l’Eternel indique les conditions dans lesquelles un Hébreu peut tomber en servitude. Il précise la façon de le traiter et de le racheter.

Dans les derniers chapitres du Lévitique, Dieu décrit à Moïse les bénédictions dont il comblera les enfants d’Israël s’ils obéissent à ses commandements et les malédictions qui les affligeront dans le cas contraire. Il assure cependant à Moïse, que même dans ce cas, il ne reniera pas l’Alliance. Sont enfin exposées les règles de consécration d’un bien au Temple, la manière d’évaluer un bien ou une personne en vue de consacrer sa valeur monétaire et pour terminer, comment rendre un bien consacré à un usage profane.

Notre commentaire s’arrête sur un point précis de la paracha Behar qui nous laisse penser que nous-mêmes, les enfants d’Israël, sommes les esclaves de l’Eternel. Essayons d’éclaircir cette question troublante.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Behar prolongée par la paracha BeHoukotaï du sefer Vayikra (Lévitique) 25:1 à 27:34 et les esclaves de Dieu

Dieu nous a-t-il affranchis pour mieux nous asservir ? Approfondissons ce sujet.

Le principe de liberté est fondamental dans la tradition juive. Il est répété sans cesse, autant dans la Torah que dans les textes des prières :  » Je suis l’Eternel votre Dieu qui vous ai fait sortir d’Égypte, de la maison d’esclavage, pour vous amener à la liberté. »

Comment, dans ce contexte, comprendre le verset suivant de la paracha Behar :

Vayikra 25:55. « Car c’est à moi que les enfants d’Israël appartiennent comme esclaves (עֲבָדִים/avadim). Ce sont mes esclaves à moi qui les ai fait sortir du pays d’Egypte, moi l’Éternel, votre Dieu. »

Comment comprendre le terme « esclave » ? L’Éternel ne veut-il pas dire en réalité « mes serviteurs » ?

En hébreu le mot « avoda » signifie « un travail ». Il est proche du mot « avdout » qui veut dire « l’esclavage ». Les deux termes se ressemblent, mais il vaut mieux traduire « avodaim » par « serviteurs » plutôt que par « esclaves »; d’autant plus que notre paracha s’intéresse particulièrement à la question du véritable esclavage et de la liberté.

« Avoda » est employé dans l’expression « avodat hachem », « le service divin », ainsi que dans l’expression « avodat halev », « le service du cœur », qui remplace aujourd’hui le rite des offrandes de l’époque du Temple.

« Le service du cœur », c’est aussi le travail du cœur, le travail accompli sur soi-même pour se sentir bien au fond de son être et donner un sens à sa vie.

Alors, le travail est-il un esclavage ou une liberté d’action, et quel est l’aboutissement d’un travail ?

Hannah Arendt (1906-1975) s’est penchée sur la question en différenciant le mot « travail » du mot « oeuvre ». (« oeuvre » et « ouvrier » ont la même racine.) Travailler, c’est s’activer pour subvenir à ses besoins primaires : se nourrir, s’abriter, se vêtir…Œuvrer, c’est réaliser un ouvrage qui n’est pas en rapport direct avec notre corps animal, qui perdurera dans le temps, qui pourra exister plus longtemps que nous.

Cette distinction prend une autre forme dans la haggada. Le sage demande :  » Quels sont ces témoignages et ces actions que vous réalisez ? » Le rebelle demande :  » Qu’est-ce que c’est que ce travail, cette servitude pour vous ? »

Quant à notre tradition, elle nous demande de travailler afin que notre cellule familiale ne soit pas dépendante, qu’elle soit libre et autonome du mieux possible.

L’écrivain Guy Debord (1931-1994) a lancé une formule caricaturale à ce sujet : « Ne travaillez jamais ! »

L’idéal est, bien-sûr, de ne jamais devoir travailler pour gagner sa liberté et de pouvoir s’investir dans la création d’œuvres importantes à long terme. Évoluons dans cette perspective. De cette façon nous serons de véritables serviteurs de Dieu et certainement pas ses esclaves.

Le commentaire est-il tout puissant? Étude de Shavouot 5777

Commenter, remanier, « déraciner » le texte révélé, n’est-ce pas un acte sacrilège?
Notre tradition se fonde sur une conception très particulière du texte vivant et de son élaboration.
Remanier et commenter, provoquer et contredire, deviennent pour nous des actes fondateurs. Désacraliser un texte qui risquerait de devenir porteur d’idolâtrie, c’est lui restituer son statut réel. Nos questions sont le fondement de l’éternité du texte de la Torah.
Alors que nous commémorons le « don de la Torah au mont Sinaï » à Shavouot, nous commémorons également le don sans cesse renouvelé de la Torah, à chaque instant de nos vies.

 Office du soir : mardi 30 mai       18h45-19h15
Dîner et soirée d’étude               19h30-2h
Office du matin : mercredi 31 mai 10h-12h30
Inscription au dîner obligatoire auprès de Catherine Klein

(thématiques: mets lactés, gâteaux de légumes et tartes salées à grignoter, fruits et gâteaux au fromage, merci de prévoir avec Catherine pour convenir d’une participation adaptée).
Inscription à l’office du mercredi matin souhaitée, faites–nous savoir que nous pouvons compter sur vous pour le minian ! http://doodle.com/poll/renriqr9uzcq2uxu

19h30   Ouverture : Rabbin Chinsky                                                 Le commentaire est-il tout puissant?

Que Dieu a-t-il donné exactement sur le mont Sinaï? Tout le monde s’accorde pour dire qu’il a donné la Torah, mais quelle torah? Le pentateuque, repris par l’ensemble des traditions monothéistes? La torah orale, qui est au coeur de l’étude juive? Laquelle de ces deux torot devrait-elle avoir la préséance? Par quelle impertinence les rabbins de tous temps se permettent-ils de renouveler les commentaires ? Quelle est la légitimité de ces interprétations ? A travers cette petite séance introductive, nous présenterons les questions fondamentales qui s’alimenteront des conférences suivantes.                                                                                                     Début du repas

20h30   Jacques Neuburger                                                           Quand la Bible se commente elle-même!

Nous connaissons bien les  grands ouvrages classiques de commentaires du texte biblique  comme les midrashim ou les textes majeurs de discussion fondés sur la bible comme le Talmud de Babylone ou celui de Jérusalem. Mais dans quelle mesure les textes constituant notre Tanakh se répondent-ils les uns aux autres, instituant ainsi un dialogue au sein même de l’édifice biblique ? Dans quelle mesure pourrait-on dire que la Bible se commente elle-même ?                                                                                                                          Repas – suite

21h30   SimHa Neuburger                                    Talmud: La faute des pères retombe-t-elle sur les  fils?

La torah nous dit: les parents ont mangé du verjus et les enfants ont les dents agacées. Cela signifie-t-il que la faute des parents retombe systématiquement sur leurs enfants? Ce serait scandaleux, et fort heureusement, tel n’est pas le propos de la torah ni de la tradition juive. Nous étudierons au cours de cette séance les différentes sources de la torah et du talmud qui éclairent cette question.                                                  Sucré

22h30  Ann-Gael Attias                               Moyen-âge : La faute des mères retombe-t-elle sur les filles ?  

Les femmes sont-elles des tentatrices ? Sont-elles des épouses vertueuses ? Comment la femme s’est-elle transformée en « reine du foyer »? Le commentaire de la torah a longtemps eu un regard dur sur la femme « tentatrice ». Au moyen âge, l’interprétation rend sa place aux femmes! Les sages du moyen-âge ont une influence fondamentale sur cette évolution.

23h30  Conclusion:                                                                             Quel commentaire pour aujourd’hui?
Après cette présentation générale et ces quelques exemples, nous avons une vision plus claire de ce qu’est le commentaire de la Torah. Nous pouvons alors nous adresser à cette question fondamentale: Quelle est notre part personnelle dans la construction de la Torah? Comment, à travers-nous, ses valeurs peuvent-elles prendre leur essor? Quelle est la part juste et légitime de notre vision personnelle qui peut venir nourrir la réflexion bimillénaire autour de nos textes?                                                                         Thé, café, gâteaux
00h30   Hevroutot                                                    Etudes de textes divers proposés par les intervenants

haine + orgueil + passivité + zèle = destruction

Talmud Babylonien Guitin 55b-56a –« Haine gratuite, Orgueil, Excès de zèle, qui est le vrai coupable ? »

Le crime ? La destruction du Temple. Le coupable ? Difficile à dire. S’agit-il du haineux, de l’orgueilleux, des silencieux, des indécis, ou des trop pointilleux ? Le manque de qualité humaine conjugué sur toute la chaîne de causalité amène au désastre. Comment lire l’histoire de Kamtsa et Bar Kamtsa aujourd’hui, quelles leçons personnelles en tirer ? Quelles valeurs humaines sont cruellement manquantes et qu’apprenons-nous à travers cette histoire sur les sages et leur capacité de remise en question et d’auto-critique ?

(Attention, le texte suivant est traduit à dessein d’une façon proche du texte, pour inviter à participer à l’étude juive dans le respect de sa nature : en face à face, en Hévrouta, avec la compagnie d’un maître. Vous pouvez préparer le texte à l’avance, mais ne restez pas dans cette étape solitaire source de mécompréhension. Merci.)

Pour étudier avec nous au café des Psaumes ce mercredi de 12h30 (accueil à 12h) à 14h, contactez Paule sur facebook ou répondez à cet article en commentaire.

Rabbi YoHanan a dit que signifie le fait qu’est écrit Heureux l’homme constamment timoré! Qui endurcit son cœur tombe dans le malheur pour Kamtsa et Bar Kamtsa Jérusalem a été anéantie pour un coq et une poule Tour Malka a été anéantie pour le pieux d’une charrue Betar a été anéantie pour Kamtsa et Bar Kamtsa Jérusalem a été anéantie parce que cet homme qui aimait Kamtsa et haïssait Bar Kamtsa a fait un repas il a dit à son serviteur va amène-moi Kamtsa il alla et lui amena Bar Kamtsa il vient et trouva celui-là assis il lui dit tu m’es détestable que veux-tu ici lève-toi et pars il lui dit du fait que je suis venu laisse moi rester et je te donnerai la monnaie de ce que j’ai mangé et de ce que j’ai bu

Il lui a dit non il lui a dit je te donnerai la monnaie de la moitié de ton repas il lui a dit non il lui a dit je te donnerai la monnaie de tout ton repas il lui a dit non il l’a pris dans ses main l’a levé et l’a fait sortir il a dit puisque des sages étaient présents et ne l’ont pas empêché je comprends de cela que cela leur convenait il alla et envoya un message à la maison royale il dit au kesar les juifs se révoltent contre toi il lui dit qui a dit cela il lui dit envoie leur une offrande et vois s’ils la sacrifient il alla et envoya dans leurs mains un beau veau pendant qu’il venait il lui fit un défaut à la lèvre supérieure ou certains disent dans le blanc de son œil de telle sorte que pour nous c’est un défaut et pour eux ce n’est pas un défaut les sages ont pensé l’offrir à cause de la paix avec le royaume Rabbi ZeHara fils de Avkoulas on dira les animaux défectueux peuvent être apportés à l’autel ils ont pensé le tuer pour qu’il n’aille pas le dire Rabbi ZaHaria leur dit celui qui fait un défaut dans les saintetés doit-il être mis à mort Rabbi YoHanan a dit l’humilité de Rabbi ZeHaria ben Avkoulas a détruit notre maison a brulé notre sanctuaire et nous a exilé de notre terre

אמר רבי יוחנן מאי דכתיב (משלי כח, יד) אשרי אדם מפחד תמיד ומקשה לבו יפול ברעה אקמצא ובר קמצא חרוב ירושלים אתרנגולא ותרנגולתא חרוב טור מלכא אשקא דריספק חרוב ביתר אקמצא ובר קמצא חרוב ירושלים דההוא גברא דרחמיה קמצא ובעל דבביה בר קמצא עבד סעודתא אמר ליה לשמעיה זיל אייתי לי קמצא אזל אייתי ליה בר קמצא אתא אשכחיה דהוה יתיב אמר ליה מכדי ההוא גברא בעל דבבא דההוא גברא הוא מאי בעית הכא קום פוק אמר ליה הואיל ואתאי שבקן ויהיבנא לך דמי מה דאכילנא ושתינא

אמר ליה לא אמר ליה יהיבנא לך דמי פלגא דסעודתיך אמר ליה לא אמר ליה יהיבנא לך דמי כולה סעודתיך א »ל לא נקטיה בידיה ואוקמיה ואפקיה אמר הואיל והוו יתבי רבנן ולא מחו ביה ש »מ קא ניחא להו איזיל איכול בהו קורצא בי מלכא אזל אמר ליה לקיסר מרדו בך יהודאי א »ל מי יימר א »ל שדר להו קורבנא חזית אי מקרבין ליה אזל שדר בידיה עגלא תלתא בהדי דקאתי שדא ביה מומא בניב שפתים ואמרי לה בדוקין שבעין דוכתא דלדידן הוה מומא ולדידהו לאו מומא הוא סבור רבנן לקרוביה משום שלום מלכות אמר להו רבי זכריה בן אבקולס יאמרו בעלי מומין קריבין לגבי מזבח סבור למיקטליה דלא ליזיל ולימא אמר להו רבי זכריה יאמרו מטיל מום בקדשים יהרג אמר רבי יוחנן ענוותנותו של רבי זכריה בן אבקולס החריבה את ביתנו ושרפה את היכלנו והגליתנו

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