Fêtes 5778: Prenez date!

Alors que l’année commence, nous pouvons déjà nous préparer aux rendez-vous festifs de 5778.

Les offices de fêtes sont particuliers :

  • L’office du soir est très court (environ 40mn) et se prête bien à un moment de recueillement ou à un moment familial accessible aux enfants.
  • L’office du matin comprend les beaux chants du Hallel, ainsi que des éléments particuliers, comme l’utilisation du loulav à Soukot par exemple. Ce sont des moments plus intimes car il est difficile à certains d’entre nous de prendre congé de leur travail. Si vous en avez la possibilité, organisez-vous dès que possible pour que nous puissions compter sur vous pour le minian.
  • L’office du matin comprend également un Yzkor à la mémoire de nos chers disparus, vous pouvez venir dire leur nom à la synagogue.

Pour avoir accès aux derniers détails, vous pouvez vous abonner à ce site.

Si vous voulez nous aider, inscrivez-vous également sur le doodle suivant, pour que nous sachions que nous pouvons compter sur vous, que nous puissions éventuellement vous contacter pour vous proposer à l’avance l’un ou l’autre honneur. http://doodle.com/poll/zkkemh3fckhqc9vd

  1. Mercredi 20 sept 18h45, 21 sept 10h et 18h45, 22 septembre 10h                                                                                               Rosh hashana
  2. Vendredi 29 sept soir et samedi 30 sept matin                Kipour
  3. Mercredi 4 oct (18h45) / jeudi 5 oct (10h)                      Soukot
  4. Mercredi 11 oct (18h45) /jeudi 12 oct (10h)                   SimHat Tora
  5. Mercredi 28 fevr (18h45) / jeudi 1e mars (10h)              Pourim
  6. Pessah 30 et 31 mars (chabbat) (10h)                              PessaH
  7. Jeudi 5 avril (18h45) / jeudi 6 avril (10h)                        Fin de PessaH
  8. Samedi 19 mai (18h45) / dimanche 20 mai (10h)           Shavouot
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Le retour des fêtes : une incertitude rassurante

Shavouot, c’est ce soir et demain!

Voici quelques réflexions pour accompagner notre entrée dans la fête.

Hag SaméaH à toutes et à tous. חג שמח לכלם

Le rituel est-il là pour nous réconforter ou pour nous mobiliser ? Nous entraine-t-il dans la routine ou nous invite-t-il au contraire au changement ?

Les grands concepts de la prière et du cycle de l’année nous ouvrent des chemins de réflexion.

Notre prière centrale se nomme « amida », עמידה, « station debout ». Elle nous invite à « prier debout », et si son nom n’évoque pas tout à fait le mouvement (haliHa, הליכה), il ne se cantonne pas non plus à l’immobilisme (yeshiva, ישיבה).

L’attitude que nous observons dans ce moment de recueillement est effectivement dynamique. Au début de la  Amida, nous nous orientons géographiquement vers Jérusalem, « Yérouchalaïm »,  ירושלים  la ville de la paix et de l’espoir, la ville des grands rassemblements de pèlerinages du passé, qui est également la ville de l’espoir des retrouvailles fraternelles universelles de la période messianique. Par là-même, nous nous orientons également spirituellement vers les plus hautes de nos valeurs, faisant entrer en résonance et en raisonance, le « matspen »,מצפן  et le « matspoun », מצפון, la boussole et la conscience.

A l’occasion de nos fêtes, la Amida garde sa structure, tout en s’habillant de passages relatifs aux fêtes en guise de « vêtements de splendeur » semblables à ceux que nous portons dans les occasions joyeuses.

Nous nous orientons vers Jérusalem, nous reculons de trois pas, puis nous avançons à nouveau. Ces gestes nous ramènent donc  au même point, et pourtant, nous avons évolué dans notre positionnement intérieur. En reculant, nous souhaitons symboliquement prendre du champ par rapport aux questions contingentes de notre vie, en nous avançant à nouveau, nous espérons nous rapprocher de l’essentiel. Pendant la Amida elle-même, nous nous inclinons, nous nous élevons sur la pointe des pieds, nous nous tournons les uns vers les autres, et l’alternance de ces gestes symbolise le mouvement intérieur qui nous accompagne sans cesse, et qui conjugue stabilité et souplesse.

De la même façon, à chacune de nos fêtes, nous revenons en quelque sorte au positionnement qui était le nôtre exactement un an auparavant, lorsque nous célébrions ce même rendez-vous sacré. Et pourtant, nous ne sommes pas les mêmes après une année entière de vie, d’actions, de réalisations, de questions et d’étude. Comme le dit le philosophe, celui qui se baigne dans la même rivière, se régénère pourtant dans une eau sans cesse renouvelée.

En forme de pirouette, nous pourrions dire que le rituel nous invite à faire entrer le changement dans la routine, à intégrer l’évolution dans la tradition. Le quotidien se pare du charme sacré du « tout est possible », l’exceptionnel s’abrite dans la chaude étoffe du « rien de nouveau ».

Le changement fait partie de nos vies, de la naissance à la mort dans notre vie privée, de la naissance de notre peuple à ses évolutions géographiques, historiques et organisationnelles dans le domaine du collectif.

Nos trois fêtes de pèlerinage en témoignent, puisqu’elles ont pu revêtir au cours de l’histoire des significations différentes. Elles ont été des fêtes agricoles, sans doute issues de célébrations païennes puis sont devenues des fêtes de culte au temple. Elles ont reflété une réalité historico-mythique, se sont transformées en rassemblement communautaires après le choc de la destruction du temple, avant de voir leur signification spirituelle et symbolique prendre le dessus, elles revêtent parfois aujourd’hui un sens laïc au sein d’institutions telles que les mouvements de jeunesse juifs laïcs et les kiboutsim. Avant tout, elles font fonction de liant familial et de rendez-vous identitaires.

Pourquoi intégrer cette perspective historique est-il si difficile pour certains ? Peut-être parce que nous aimerions parfois avoir des certitudes, nous voudrions parfois pouvoir adhérer à des choses tangibles, à des « dieux concrets », représentés, immuables ; la tentation de l’idolâtrie est peut-être inhérente à la nature humaine, qui cherche à se rassurer. Ce faisant, la nature humaine se replie au lieu de se déployer, et prépare sa propre réduction comme le veau d’or qui finit en poussière. Elle aspire au contraire au déploiement et au redéploiement de la révélation du Sinaï, toujours mentionnée au présent dans les bénédictions de la Torah.

Mais où puiser la force de résister aux attraits des certitudes ?

Par sa répétition, le cycle des fêtes, le makhzor מחזור  – mot également employé pour désigner le rituel que vous tenez dans vos mains – nous inscrit dans un rythme rassurant. Il permet au jeune enfant de se représenter de mieux en mieux le passage des longues années de sa vie. Il permet aux plus âgés de prendre la mesure de la rapidité de la succession des ans.

Le Makhzor est un cycle d’un an, une année, Chana en hébreu שנה. Chana signifie à la fois « répéter pour apprendre »,  לשנןet « changer », לשנות. La racine de ce mot est « Hazar », « revenir », car les fêtes reviennent sans cesse, mais ce cycle s’inscrit dans une dynamique qui va de l’avant, le « chemin juif », la « halaHa » הלכה.

Effectivement, la tradition juive nous « fait marcher », et particulièrement à l’occasion des « trois fêtes de pèlerinage », les « chaloch régalim », שלוש רגלים, les « trois pieds » en traduction littérale. Pour nous faire avancer, elle nous demande de nous appuyer sur la régularité du pas, et si le pied qui peut nous mener loin porte le nom de regel, רגל, l’habitude est désigné de celui de « hergel », הרגל. Et bien que l’étymologie n’autorise pas ce rapprochement, mentionnons (au passage) que ces chemins sont pour nous ceux de la joie, que les « regalim » ont pour fonction de nous « régaler » ! Nous avons l’habitude de nous déplacer, et notre mouvement s’inscrit dans cette tradition du renouveau qui est la nôtre, en tant non que juifs « errants », mais que juifs voyageurs.

Après le cycle des fêtes vient celui du mois, du « Hodech », חודש du « renouvelé », puisque le mois renait chaque foi à nouveau en compagnie de la nouvelle lune, sans cesse semblable et sans cesse différente. Le chabat, שבת   dont le nom même signifie « arrêt », nous invite chaque semaine à la rupture d’un rythme quotidien, qui lui-même malgré son retour incessant s’inscrit dans le changement permanent comme le dit la prière du soir : « Eternel, tu renouvelles chaque jour et en permanence l’œuvre de création du monde. »

Que signifie donc notre rituel ? Comme le dit l’enfant « méchant » de PessaH, « Qu’est-ce que ce travail pour vous ? ». Pour nous, le retour de nos fêtes cycliques, de nos trois fêtes de pèlerinage, est une invitation sans cesse réitérée à nous abriter dans la chaleur des traditions séculaires pour nous délivrer des pressions du quotidien, et pour nous resituer dans un autre type de vulnérabilité : celui du partage des questions essentielles. Soutenus par le rythme rassurant de la communauté en prière, nous retrouvons l’audace de créer de nouveaux chemins de pensée. Sur cette « ancienne-nouvelle » terre, cette altneuland qu’est l’univers de la sagesse juive, nous nous tournons vers l’infini des possibles de l’humain, qui fait face à l’infinité des facettes du divin, représenté par un Dieu qui se donne pour nom : « Je serai ce que je serai ».

Qui peut savoir ce que nous deviendrons, chacun et chacune, ou ce que sera le peuple juif, dans l’avenir proche et lointain ? Mais nous avons au moins la certitude que cette identité en devenir perpétuel est sculptée par le meilleur de nous-mêmes à travers les siècles, grâce aux retrouvailles intenses et nourrissantes que nous ménage notre calendrier.

Kohélèt, l’épicurien désenchanté

Le livre de l’Ecclésiaste: approche pédagogique du doute existentiel! – Bible et Pédagogie 2, c’est déjà dimanche prochain, à Gambetta/Surmelin. Pour les parents et tous ceux qui aiment la pédagogie.

Il n’y a pas d’âge pour se poser des questions sur la vie et la mort. Les grands cauchemars de nos tout-petits, les réactions de nos ados, et nos propres sentiments nous le prouvent au quotidien.

On pourrait s’imaginer qu’il faut être toujours optimiste. Si tel était le cas, que fait Kohélet, l’Ecclésiaste, dans la Bible ? Lui qui représente la sagesse, lui, le Roi Salomon, se permet de mettre en doute le fait que le bon comportement soit bénéfique. L’histoire n’est pas facile à raconter, et il faudra faire des efforts de « traduction » pour les plus jeunes, mais le jeu en vaut la chandelle.

Et nous, nous permettons-nous de verser dans le doute ? Lorsque nous voyons les difficultés du monde, quelles sont nos réactions ? Kohélèt constate la fragilité de la vie humaine, quelle conclusion en tire-t-il ? Est-ce que nous le suivons dans son chemin ? Sa sagesse est-elle également pour nous un point de « rassemblement », de Kéhila, de communauté ?

(Attention, le texte suivant est repris de la traduction en français par le rabbinat. Le texte biblique ne doit pas être statique et les traductions ont tendance à appauvrir. Nous vous invitons à participer à l’étude juive dans le respect de sa nature : en face à face, en Hévrouta, avec la compagnie d’un maître.  Merci.)

Pour étudier avec nous à Ganénou-Nation ce dimanche de 10h (accueil à 9h30) à 11h15, contactez Raffaela ou répondez à cet article en commentaire.

I -1 Paroles de Kohélet, fils de David, roi à Jérusalem. 2 Vanité des vanités, a dit Kohélet, vanité des vanités; tout est vanité! 3 Quel profit tire l’homme de tout le mal qu’il se donne sous le soleil? 4 Une génération s’en va, une autre génération lui succède, et la terre subsiste perpétuellement. 5 Le soleil se lève, le soleil se couche: il se hâte vers son point de départ, où il se lèvera encore, 6 pour s’avancer vers le sud et décrire sa courbe vers le nord; le vent progresse en évoluant toujours et repasse par les mêmes circuits. 7 Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n’en est pas remplie; vers l’endroit qui est assigné aux fleuves, ils dirigent invariablement leur cours. 8 Toutes choses sont toujours en mouvement; personne n’est capable d’en rendre compte. L’œil n’en a jamais assez de voir, ni l’oreille ne se lasse d’entendre. 9 Ce qui a été c’est ce qui sera; ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera: il n’y a rien de nouveau sous le soleil! 10 Il est telle chose dont on dirait volontiers: « Voyez, ceci est nouveau » Eh bien! Cette chose a déjà existé dans les temps qui nous ont précédés. 11 Nul souvenir ne subsiste des anciens, de même de leurs plus récents successeurs il ne demeurera aucun souvenir chez ceux qui viendront plus tard. 12 Moi, Kohélet, je suis devenu roi d’Israël, à Jérusalem. 13 Et j’ai pris à cœur d’étudier, d’examiner avec sagacité tout ce qui se passe sous le soleil: c’est une triste besogne que Dieu a offerte aux fils d’Adam pour s’en tracasser. 14 J’ai donc observé toutes les œuvres qui s’accomplissent sous le soleil: eh bien! Tout est vanité et pâture de vent. 15 Ce qui est tordu ne peut être redressé, et ce qui manque ne peut entrer en compte. 16 Je me suis dit en moi-même: « Voilà que j’ai, moi, accumulé et amassé plus de sagesse que tous ceux qui m’ont précédé à Jérusalem; mon cœur a acquis un grand fonds de discernement et d’expérience. » 17 J’avais en effet appliqué mon attention à connaître la sagesse et à discerner la folie et la sottise, et je me suis aperçu que cela aussi était pâture de vent; 18 car, abondance de sagesse, abondance de chagrin, et accroître sa science, c’est accroître sa peine.

II-1 Je me suis dit à moi-même: « Allons! Je veux te faire faire l’expérience de la joie, te donner du bon temps. » Eh bien! Cela aussi est vanité! 2 A la gaîté j’ai dit: « Tu es folie! Et à la joie: « A quoi sers-tu? » 3 Je résolus, à part moi, de prodiguer à mon corps les plaisirs du vin et, tout en restant attaché de cœur à la sagesse, de faire une place à la folie, de façon à voir quel est le meilleur parti que puissent suivre les fils d’Adam sous le ciel, au cours de leur existence. 4 J’entrepris de grandes choses: je me bâtis des palais, je me plantai des vignes. 5 Je me fis des jardins et des parcs, et j’y plantai toutes sortes d’arbres fruitiers. 6 Je me construisis des réservoirs d’eau, pour arroser des forêts riches en arbres. 7 J’acquis des esclaves et des servantes, j’eus un nombreux personnel domestique; mes troupeaux de bœufs et de brebis dépassaient de loin ceux de tous mes prédécesseurs à Jérusalem. 8 Je m’amassai aussi de l’argent et de l’or, les trésors précieux des rois et des provinces; je me procurai des chanteurs et des chanteuses, ce qui fait les délices des fils d’Adam, de nombreuses odalisques. 9 Je surpassai ainsi en faste et en richesse tous ceux qui m’avaient précédé à Jérusalem; en même temps ma sagesse me restait comme appui. 10 Rien de ce que mes yeux pouvaient désirer ne leur était refusé par moi; je n’interdis aucun plaisir à mon cœur. Mon cœur, en effet, n’eut qu’à s’applaudir des soins que je prenais, et telle fut la récompense de toutes mes peines. 11 Mais quand je me mis à considérer toutes les œuvres accomplies par mes mains et tous les tracas que je m’étais imposés, je constatai que tout était vanité et pâture de vent, et qu’il n’est point d’avantage durable sous le soleil. 12 Puis, je me mis à passer en revue sagesse, folie et sottise: « Car, me disais-je, que [pourra faire] l’homme qui viendra après le roi? Celui-ci aura déjà tout fait. » 13 Je m’aperçus que la sagesse est supérieure à la folie autant que la lumière est supérieure aux ténèbres: 14 Le sage a ses yeux dans la tête, et le sot chemine dans les ténèbres. Mais je reconnus aussi qu’un même sort est réservé à l’un et à l’autre. 15 Alors je dis en mon cœur: « Le sort du fou est le même qui m’attend, moi; dès lors, à quoi bon avoir acquis tant de sagesse? » Et je m’avouai à moi-même que cela encore est vanité. 16 En effet, le souvenir du sage n’est pas plus durable que celui du fou; car viennent les temps futurs, tout tombera dans l’oubli! Et comment se fait-il que le sage meure à l’égal du fou? 17 Aussi ai-je pris la vie en haine, car je regardai comme mauvais tout ce qui se passe sous le soleil, tout n’étant que vanité et pâture de vent. 18 Je finis aussi par détester tout le labeur auquel je m’étais adonné sous le soleil, et dont je dois laisser les fruits à quelqu’un qui me succédera. 19 Or, qui sait s’il sera sage ou sot? Et pourtant il sera maître de tout ce que j’aurai acquis sous le soleil par mon travail et mon ingéniosité. Cela aussi est vanité. 20 Je me laissai donc aller à prendre en aversion tout le labeur pour lequel j’avais peiné sous le soleil. 21 Car voilà un homme qui a travaillé avec sagesse, réflexion et succès, et il doit tout laisser en propriété à quelqu’un qui ne s’est donné aucun mal! Cela aussi est vanité et souverainement mauvais. 22 Qu’est-ce qui revient donc à l’homme de tout son labeur et de toutes les combinaisons de son esprit, pour lesquelles il se tracasse sous le soleil? 23 En effet, tous ses jours sont pénibles, son activité est une source de chagrin; même la nuit son cœur n’a point de repos. Cela encore est vanité. 24 Ne vaut-il pas mieux pour l’homme de manger, de boire et de se donner du plaisir pour prix de son labeur? Cela aussi, je l’ai constaté, émane de Dieu. 25 Car qui peut manger et jouir en dehors de sa volonté? 26 C’est à l’homme qui lui plait qu’il donne sagesse, intelligence et joie; tandis qu’au pécheur il impose la corvée de recueillir et d’entasser [des biens], qu’il fait passer ensuite à celui qui jouit de la faveur divine. Cela est également vanité et pâture de vent.

IX – 1 Tout cela, je l’ai noté dans mon esprit et cherché à le tirer au clair: les justes, les sages et ce qu’ils font sont dans la main de Dieu; les hommes ne se rendent compte ni de l’amour ni de la haine; tout leur échappe. 2 Tous sont soumis à des accidents pareils; un même sort attend le juste et le méchant, l’homme bon et pur et l’impur, celui qui sacrifie et celui qui ne sacrifie point; l’homme de bien est comme le pécheur, celui qui prête des serments comme celui qui craint de jurer. 3 C’est là le défaut de tout ce qui s’accomplit sous le soleil, qu’une même destinée y soit réservée à tous; aussi le cœur des hommes déborde-t-il de méchanceté, la folie emplit leur âme leur vie durant; après cela… [en route] vers les morts! 4 Or, qui demeure dans la société des vivants peut avoir quelque espoir, car un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort. 5 Les vivants savent du moins qu’ils mourront, tandis que les morts ne savent quoi que ce soit; pour eux plus de récompense, car leur souvenir même s’efface, 6 leur amour, leur haine, leur jalousie, tout s’est évanoui ils n’ont plus désormais aucune part à ce qui se passe sous le soleil. 7 Va donc, mange ton pain allègrement et bois ton vin d’un cœur joyeux; car dès longtemps Dieu a pris plaisir à tes œuvres. 8 Qu’en tout temps tes vêtements soient blancs, et que l’huile ne cesse de parfumer ta tête. 9 Jouis de la vie avec la femme que tu aimes, tous les jours de l’existence éphémère qu’on t’accorde sous le soleil, oui, de ton existence fugitive car c’est là ta meilleure part dans la vie et dans le labeur que tu t’imposes sous le soleil. 10 Tout ce que tes propres moyens permettent à ta main de faire, fais-le; car il n’y aura ni activité, ni projet, ni science, ni sagesse dans le Cheol, vers lequel tu te diriges. 11 J’ai encore observé sous le soleil que le prix de la course n’est pas assuré aux plus légers, ni la victoire dans les combats aux plus forts, ni le pain aux gens intelligents, ni la richesse aux sages, ni la faveur à ceux qui savent; car mêmes destinées et mêmes accidents sont le lot de tous.

(texte tiré de http://sefarim.fr/)

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