Kavana pour un mikvé de conversion

Chers amis, chères amies,
En cette belle période de renouvellement, nous nous préparons à accueillir de nouveaux membres, qui ont achevé leur processus de retour ou leur entrée dans le judaïsme.

Nous les accueillerons à l’occasion de SimHat Torah, ce grand moment de renouement avec l’étude.

A cette occasion, je partage avec vous une « kavana », dont la traduction littérale est « intention ». « Kavana » en hébreu vient de la racine « kivoun », qui veut dire la direction. L’idée est de se préparer mentalement avant une action importante, pour en profiter pleinement. Cette Kavana est destinée à être lue par ceux qui le souhaitent avant leur immersion dans le mikvé, elle est simplement une proposition et chacun.e peut l’adapter en fonction de sa propre expérience et de son propre désir. Je l’ai écrite à l’aide de ma compréhension de ce qu’est le mikvé et de ma propre expérience de ce moment particulier, qui concerne aussi bien les convertis que les fiancées ou toute personne qui souhaite donner un nouveau tournant à sa vie.

Pour avoir les détails de la procédure du mikvé, vous pouvez télécharger le document suivant procedure mikve

Encore Shana Tova oumétouka à toutes et à tous, ce vœu peut encore nous accompagner jusqu’à la fin de Soukot, alors profitons-en! Et Hag SaméaH, bonnes fêtes de soukot.

Kavana pour un mikvé de conversion

En ce jour de réjouissance, je me prépare à prendre un moment pour moi-même.

Je prends le temps de faire le point sur ce que signifie ce moment pour moi.

 

Femmes :

Je suis une épouse, je suis une mère, je suis une fille, je suis une amie, et avant tout je suis moi, et je suis fidèle à moi-même en ce moment sacré.

Hommes :

C’est un moment de continuité, je suis toujours la même, et un moment de changement, quelque chose se renouvelle dans ma vie.

 

C’est un moment de continuité, le temps du mikvé est l’aboutissement d’une longue réflexion, de nombreuses préparations, de nombreux choix de vie.

C’est un moment de continuité, le temps du mikvé ouvre la suite de ma vie, qui sera remplie de tout ce que j’y ai déjà mis. Le mikvé est un moment de continuité mais aussi un moment de changement.

 

Nous disons « tu es une bénédiction Eternel qui renouvelle tous les jours par ta bonté l’acte de la création du monde ». On peut considérer que chaque jour, c’est un nouveau monde qui s’offre à nous.

Ce jour est un jour particulier pour moi, un jour de renouveau, un jour de recommencement. C’est la bonté du créateur qui renouvelle le monde chaque jour.

C’est l’amour et la bonté qui renouvellent nos forces pour agir chaque jour.

Mon amour pour la tradition juive m’a mené.e à ce moment de consécration.

 

En ce moment de mikvé, je pense à ce sentiment qui fait partie de moi, qui est moi, qui est aussi mon amour pour moi, qui me permet de me donner à moi-même ce moment intime avec moi-même, ce moment de paix, de moment rempli de sérénité.

Lorsque je rentrerai dans le mikvé, tout mon corps ressentira cette détente et le bonheur de cet aboutissement, dans ce bain d’eau, dans ce bain d’amour, dans ce bain de pause, dans ce bain de renouveau.

Je sentirai l’eau sur mon corps, je la laisserai m’entourer, je serai comme hors du monde, hors du temps.

Je garderai ce sentiment bien au chaud dans mon cœur, pour que cette paix continue à faire partie de moi et à apaiser et à rendre heureux ceux qui m’entourent.

Je garderai ce sentiment de paix lors de toute la suite de mon parcours, à chaque étape, cette paix sera là, très présente ou plus intérieure et je pourrai toujours y revenir.

Ces moments sont des moments de rencontre, de rencontre avec moi-même d’abord, et de rencontre et de renouement avec mon identité juive.

Cette eau est l’eau du ventre de ma mère, cette eau est l’eau des océans, cette eau est l’eau de la naissance de la vie, cette eau est la première eau des débuts du monde, cette eau est la première matière de la vie, cette eau est l’élément où planait le souffle de ‘Dieu’ avant la création du monde.

 

Le mikvé est un bain d’eau, je rentre maintenant dans un bain d’eau.

L’eau symbolise la Torah, je rentre maintenant dans un bain de Torah.

La Torah, c’est la sagesse, je rentre maintenant dans un bain de sagesse.

C’est l’étude, la curiosité, le désir d’apprendre, je rentre maintenant dans un bain de savoir.

C’est l’entre-aide, la solidarité, l’amour des autres, je rentre maintenant dans un bain d’amour.

Mikvé signifie l’espoir, je rentre maintenant dans un bain d’espoir.

 

Tu es une bénédiction Eternel notre ‘Dieu’, roi du monde, qui nous a rendus spéciaux par tes commandements et qui nous a commandé de nous immerger.

Tu es une source de bénédiction Eternel notre dieu, roi du monde, qui m’a permis de vivre, et qui m’a fait exister, et qui m’a permis d’atteindre ce moment sacré et privilégié.

 

 

On rentre dans le mikvé et on prononce la bénédiction suivante :

ברוך אתה ה’ אלוהינו מלך העולם אשר קדשנו במצוותיו וציוונו על הטבילה

BarouH ata adonaï élohénou mélèH haolam acher kidéchanou bémitsvotav vétsivanou al hatévila.

Elle s’immerge une fois entièrement et prononce la bénédiction suivante :

ברוך אתה ה’ אלוקינו מלך העולם שהחיינו וקיימנו והגיענו לזמן הזה

BarouH ata adonaï élohénou mélèH haolam chéhéHéyanou vékiyémanou véhiguianou lazéman hazé.

On s’immerge deux nouvelles fois, ou plus si on le souhaite, puis on sort lentement du mikvé.

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Nous ne ferons pas « Téchouva » ! Dracha de Yom Kipour

Là où ceux qui ont fait téchouva se tiennent, même les justes parfaits ne sauraient se tenir (braHot 34b).

« Les justes parfaits » ? Mais de quoi s’agit-il ? Pour m’aider à comprendre, je propose une petite expérience, j’aimerais que les justes parfaits de l’auditoire se lèvent : oh, il n’y en a pas ! Alors à quoi sert cette phrase ?

Nous voyons que la perfection n’existe pas. Et que même si elle existait, ce n’est pas elle qui aurait les honneurs. C’est au contraire le désir de nous améliorer qui est mis en valeur. L’essentiel, comme le dit Rabbi NaHman de bratslav, c’est la question, la chééla, et non pas la réponse, la téchouva.

« Qui sommes-nous ? d’où venons-nous ? ou allons-nous ? qu’attendons-nous ? Qu’est-ce qui nous attend? »

Voici les questions que le philosophe Ernst Bloch pose à l’ouverture même de son livre, « le principe espérance » en 1954.

La chanteuse-compositrice Barbara, qui nous a quittée cette année en dit autant dans l’une de ses chansons, choisie pour l’hommage national aux victimes de l’attentat du Bataclan : « pour qui, comment quand et pourquoi, contre qui comment contre quoi, c’en est assez de vos violences ! ».

Le vidouï de la prière de Néila, que nous dirons demain soir pose les mêmes questions :

Que sommes-nous, qu’est-ce que notre vie, qu’est-ce que notre bonté, notre force ?

Nous parlions à Roch Hachana de l’équilibre entre l’individu et le groupe, nous avons parlé de la tsédaka qui implique la société, nous nous tournons aujourd’hui vers l’individu.

Qui suis-je ? Quel est le sens de ma vie ?

Yom Kipour nous met face à cette douloureuse question. Il peut-être tentant de la fuir.

Ernst Bloch poursuit :

Qui sommes-nous ? d’où venons-nous ? ou allons-nous ? Qu’attendons-nous ? Qu’est-ce qui nous attend ?

« Beaucoup en restent perplexes. Le sol vacille, ils ne savent ni pourquoi ni comment. Leur état est angoisse ; s’il se précise il devient crainte… »

Comment faire face à cette crainte ? Les antidépresseurs, les drogues, les addictions, y compris aux écrans, à l’ordinateur ou au travail prennent leur essor. De la même façon, les sectes et les extrémismes se tiennent en embuscade comme le meurtre et la jalousie étaient tapis à la porte de Caïn.

Le judaïsme de superstition  risque alors de s’emparer du judaïsme de courage.

Nous serions tentés de « faire téchouva », d’adopter des réponses toutes prêtes, au lieu de faire vraiment téchouva, de faire retour, de réfléchir, pour accéder à de nouvelles compréhensions.

Nous risquons nous tourner vers une pratique obsessionnelle au lieu nous ouvrir à des pratiques et à des sens renouvelés, en toute conscience.

« Il a fait téchouva » signifie souvent de nos jours « la table de ses parents n’est plus assez cacher, il ne fait plus la bise à sa sœur ».

Faire téchouva n’est pas se rattacher frénétiquement à un cadre solide, extérieur, dicté.

Le cadre de la sagesse juive ne doit pas nous enfermer mais nous porter.

Et dans ce chemin-là également, Ernst Bloch nous accompagne :

« Mais maintenant, sans plus tenir compte des artisans de la peur, c’est un sentiment plus digne de nous qu’il est temps d’apprendre. Il s’agit d’apprendre à espérer. »

Espérer, c’est prendre un risque, et c’est se mettre en danger, nos espoirs peuvent se réaliser, mais ils peuvent échouer, et comment affronterons-nous la déception ?

Deux histoires illustrent deux façons d’affronter le danger.

Une histoire zen, et une histoire juive.

C’est l’histoire d’un moine boudhiste qui se promène sereinement, immergé dans ses méditations, lorsqu’il entend un rugissement, il se retourne, c’est un tigre, il court vers lui ! il le poursuit ! le moine se met à courir pour échapper au tigre, qui pourtant gagner du terrain, se rapproche, l’attrape presque mais là… Le moine sent la terre se dérober sous ses pieds, il tombe au fond d’un gouffre, essaie de se raccrocher, saisit une branche qui dépasse, c’est une vigne, elle est en train de se déraciner, elle va bientôt lâcher sous le poids du moine, il regarde, il y a du raisin, le raisin est mûr, il tend la main, admire le raisin, le porte à sa bouche, et s’écrie : « quel délicieux grain de raisin ! »

Dans l’histoire juive, c’est juste un juif lambda qui tombe dans le puits, il se raccroche à la branche et crie « à l’aide ! à l’aide » et, miracle, une voix lui répond ! « C’est moi, l’Eternel ton dieu, j’ai entendu ta voix mon fils, je suis là. Lâche la branche, je vais te rattraper ! » Alors le juif regarde vers le haut du puits et s’écrie : « y a pas quelqu’un d’autre ? »

Ces deux histoires sont des histoires juives. La première parce qu’elle met en avant la gratitude. Nous devons profiter de ce monde et de ses bénédictions. La deuxième parce qu’elle est décalée, humoristique, qu’elle cherche la survie à tout prix, et qu’elle ne croit pas aux miracles abstraits mais à l’action concrète.

Face aux questions existentielles, le puits du vide pourrait nous engloutir. Si nous sommes jetés sans préparation dans l’arène des interrogations et des craintes, nous courrons le risque qu’elles nous dévorent.

Mais jeté dans la fournaise de Nemrod, Abraham ne s’est pas consumé, balancé dans la fosse aux lions, Daniel n’a pas été dévoré, et nous de même, nous ne serons pas consumés ni dévorés par ces questions, nous leur ferons face, et nous en sortirons vainqueurs à la fin de cette journée.  Cet espace nous soutiendra, la présence bienveillante de la communauté nous portera, nos chants nous embrasseront.

Tel est le sens de toutes ces prières, de toutes ces cérémonies qui nous accompagnent dans le voyage de 25 heures que l’on nomme Yom Kipour.

Le texte des prières évoque les qualités de dieu. Pas pour le flatter ou pour nous rabaisser, mais pour appeler en nous-mêmes ces qualités ! Pour nous en saisir et nous appuyer sur elles pour remonter du puits, comme le dit rabbi yéhouda halévi.

Le texte des prières évoque nos fautes. Pas pour nous humilier, mais pour affirmer l’humanité de nos sentiments, et pour permettre l’expression émotionnelle nécessaire au changement, comme le dit le rav Soloveitchik.

La téchouva n’est pas une invitation à rentrer dans le rang, mais un encouragement à oser être nous-mêmes, briser les entraves et les limitations, comme le dit le rav Kook.

Le vidoui, l’aveu des fautes ne prouve pas que nous sommes coupables, mais que nous sommes courageux et déterminés à nous rendre meilleurs comme le dit Rech Lakich : la téchouva nous permet de transformer nos erreurs en mérites.

Ce courage nous délivre de la chape des apparences qui nous oblige à toujours faire semblant, à toujours nous justifier, à ne jamais être aimés pour ce que nous sommes réellement. Ce courage contribue à délivrer le monde du dictat de la perfection, cette illusion qui nous rend passifs et fait de nous des robots.

Cette année, nous avons été courageux. Nous sommes montés sur la téva pour célébrer notre Bar ou Bat Mitsva, et pris des risques. Nous sommes montés sur la téva pour dire le Kadish à la mémoire de nos proches disparus. Nous nous sommes engagés dans des démarches de conversion et de régularisation d’identité et pris le risque d’être rejetés. Nous avons décidé de nous marier, ou de mettre un enfant au monde. Nous avons changé de carrière, ou mobilisé le courage de rester dans notre métier. Nous avons pris toutes sortes de risques qui nous ont obligés à murir, à évoluer, à faire téchouva, à répondre à l’appel de la vie. Prenons un petit instant pour y penser, puis un petit instant pour partager l’un de ces défis dont nous sommes fier.e.s avec notre voisin ou notre voisine.

Selon Rabbi Abahou, Dieu a créé la téchouva avant d’avoir créé le monde, il a créé le principe espérance, le potentiel de la liberté et c’est cela qui donne un sens à nos existences.

Cette liberté n’a pas de limites, et lorsque nous aurons fait téchouva, nous aurons gagné l’occasion… de faire téchouva à nouveau. Lorsque nous aurons de nouveaux outils de liberté, nous comprendrons quels autres outils nous pourrons mettre en œuvre, et nous irons, à nouveau, les chercher, ajoutant indéfiniment des qualités et des courages futurs à nos qualités et à nos courages présents, la téchouva est un processus permanent, comme le dit rabbi naHman de Bratslav, et nous pouvons être fiers de partir cette année encore à la recherche du meilleur de nous-mêmes.

 

La relation entre nous et le transcendant devrait être une relation d’amour et de passion. L’amour a besoin de surprise. Faisons téchouva.

La téchouva n’est pas la réponse, mais la question.

La téchouva n’est pas la soumission, mais la responsabilité.

La téchouva n’est pas le retour au rituel, mais l’accès, à travers le rituel, à des dimensions imprévues.

Faire téchouva, c’est surprendre Dieu et plus important encore peut-être, c’est me surprendre moi-même.

Alors que tous ceux et toutes celles qui ont fait téchouva cette année, qui ont fait face aux défis de leur vie, de leur mieux, se lèvent en cet instant.

Et répétons-le : là où ceux qui ont fait téchouva se tiennent, même les justes parfaits ne sauraient se tenir.

Nous avons fait de nombreuses téchouvot. Soyons-en fiers aujourd’hui. Et puissions-nous avoir la chance de nous tenir ici, l’année prochaine, grandis encore davantage par les défis que nous aurons relevés cette année.

Gmar Hatima tova à chacun et à chacune.

Kipour: 10 questions fréquemment posées

Chers amis, chères amies,
Dans quelques heures, yom kipour va commencer.
Voici quelques petits rappels ou quelques questions fréquemment posées.
Je formule le voeux que nous sachions profiter de ce jour de jeûne, nous émouvoir de la beauté de la musique et des textes, plonger dans nos réflexions et contribuer à l’expérience commune.
Gmar Hatima tova à toutes et à tous. Au plaisir de vivre avec vous ces moments particulièrement intenses.

  1. Que faire à la synagogue (ici, dans la salle qui nous accueille pour l’occasion) ? A la synagogue vous pouvez écouter les chants, qui sont orchestrés d’une façon particulièrement harmonieuse. Le rabbin fait des commentaires et donne des enseignements, vous pouvez quitter un moment la dynamique de groupe pour y réfléchir. Vous pouvez chanter en hébreu avec l’assemblée, et certains textes sont disponibles en translittération pour les personnes qui ont des difficultés avec l’hébreu. Vous pouvez lire les traductions en français ou les extraits de l’anthologie qui font partie du livre de prière, le MaHzor.
  2. Que faire si on me demande de participer activement? Dites « oui »! Que vous lisiez en hébreu ou en français ou que vous ouvriez les portes de l’arche, il est bon de monter à la Téva. Cela nous permet de montrer ensemble que la Torah n’est pas « une histoire de rabbins, de spécialistes ou de technocrates » mais qu’au contraire, « elle n’est pas dans le ciel », elle appartient à tous. Si vous faites partie de la communauté juive, vous pouvez participer en prenant des « rôles représentatifs » comme monter à la torah par exemple. Si ce n’est pas le cas, vous êtes les bienvenus pour d’autres actes, certaines lectures en français, enlever les ornements de la Torah, etc… Signalez-le aux personnes qui vous invitent à participer. Selon la coutume, suite à un honneur, on verse un don à la synagogue, chacun selon ses moyens, pour permettre à toutes ces activités de se poursuivre et à nos valeurs de continuer à rayonner. Ceci ne doit cependant pas être un frein à votre participation.
  3. Que ne pas faire à la synagogue? Tout ce qui est téléphone n’est pas d’actualité pendant les chabatot et les fêtes. De la même façon, il faut être conscient de la dynamique de l’office et ne pas la perturber. Dans nos communautés, on ne discute pas avec ses voisins pendant les offices, par contre on peut à bon escient échanger quelques mots ou parler doucement avec les enfants.
  4. Que comprend le jeune de Kipour? Le jeune de Kipour inclut la nourriture et la boisson, le fait de s’oindre le corps et tous les autres types de plaisir. Il commence ce soir à 19h16 et se termine demain à 20h19.
  5. Que se passe-t-il si on est sérieusement malade ou si on a un traitement? En cas de nécessité, protéger sa santé est un commandement, il est interdit de prendre des risques, il faut suivre les recommandations de son médecin.
  6. De quelle façon s’habille-t-on? On a coutume de s’habiller de blanc à Kipour, symbole à la fois du deuil et de la joie. On évite traditionnellement les chaussures en cuir.
  7. Faut-il amener son Tallit? Le tallit est important, on l’amène bien sur pendant la journée de Kipour, et on s’abrite sous ce même tallit à la fin de l’office au moment du chofar final, on y invite les personnes qui seraient seules ou n’auraient pas de Tallit. On amène exceptionnellement le tallit également le soir de Kol Nidré car cette cérémonie, bien que tard dans l’après-midi, se fait avant l’arrivée de la nuit.
  8. Les femmes peuvent-elles être sous le Tallit à la fin de Kipour? Oui, nous prions en assemblée mixte, les familles peuvent être réunies, les femmes qui le désirent peuvent elles-mêmes s’abriter sous leur tallit et y inviter leurs proches.
  9. Que recommandez-vous pour les enfants? Les enfants sont les bienvenus à la synagogue, il faut les amener en fonction de leur capacité de concentration, on peut amener des livres ou des jouets qui ne font pas de bruits. De la même façon, ils peuvent jeûner un peu en fonction de leurs capacités, à titre symbolique.
  10. Peut-on parler à ses voisins? Pendant les offices, il est recommandé de s’entre-aider pour la lecture de l’hébreu par exemple, ainsi que de se souhaiter chana tova, ou gmar Hatima tova. On félicite également nos voisins lorsqu’ils viennent se rassoir après avoir reçu un honneur, on leur serre la main et on leur dit « Hazak oubarouH » pour les hommes et « Hizki véimtsi » pour les femmes.

 

La Tsédaka, Changer le monde: Dracha de Roch Hachana

Chères amies, chers amis,

Que ce début d’année soit pour vous intense, et nous emmène vers un Yom Kipour plein de sens.

Voici la version écrite de la dracha que j’ai prononcée mercredi soir au MJLF-surmelin. Elle a été enregistrée au préalable au MJLF-Beaugrenelle, ce qui nous permet d’en avoir également une version vidéo.

Bien sûr, les versions vidéo, live et papier sont parfois différentes, en fonction du média et du moment.

Au plaisir de vous retrouver très bientôt pour Yom Kipour.

Êtes-vous certains que cette année encore le monde « penchera du bon côté », que les plateaux de la balance de la justice s’équilibreront ? Et qu’y faire ? Et votre voisin, juste à côté de vous sur ce siège, dans la synagogue parée en l’honneur des fêtes, sa vie penchera-t-elle du bon côté ? Et nous-mêmes, saurons-nous faire face aux évènements que la vie portera jusqu’à nous au cours de l’année qui vient ?

De quelle façon le monde devrait-il changer pour qu’il penche du bon côté ? Et qui pourra opérer ce changement ? Moi, en tant qu’individu, ou nous, en tant que société ?

Changer le monde c’est articuler la société et l’individu

Lorsque j’étais enfant, au talmud torah de l’ULIF, ma professeure , Laurence Benzaken, nous parlait du Maguen David comme du symbole de l’articulation entre la société et l’individu.

Le Magen David est composé de deux triangles, dont la pointe est tournée, pour le premier, vers le haut, pour le second, vers le bas. La pointe du triangle peut symboliser l’individu. Sa base peut symboliser le collectif. Le premier triangle nous enseigne donc que parfois, l’individu doit être positionné au-dessus du collectif, le second nous enseigne qu’au contraire, parfois, c’est le collectif qui doit prendre le pas sur l’individu. A l’époque où j’étais enfant, cela se traduisait dans notre société comme deux modèles politiques : celui du système communiste, dans lequel le collectif est prédominant, et celui du capitalisme, dans lequel c’est l’individu qui a le dessus.

Aujourd’hui, cette distinction semble dépassée, mais ce questionnement reste pertinent. Les solutions aux grandes questions que nous nous posons reposent-elles davantage sur l’individu ou sur la société ? Si nous souffrons, devons-nous nous tourner vers la thérapie et le développement personnel, nous occuper surtout de nous, pour mieux vivre la situation ? Ou devons-nous au contraire parler ensemble de nos problèmes et trouver des remèdes au niveau collectif ? Devons-nous nous tourner vers la méditation ou vers la révolution ? Devons-nous trouver un coach personnel ou fréquenter nos associations de quartier ?

La réponse rabbinique ne vous surprendra pas et je dirai bien sûr que ceux qui penchent pour la médiation ont raison. Et que ceux qui penchent pour la révolution n’ont pas tort. Et que ceux qui pensent à associer les deux sont sur la bonne voie. Car l’année à venir, nous dit la tradition, repose sur le travail intérieur, la téchouva (s’examiner soi-même), et la téfila (la médiation et la prière), mais également sur le travail collectif, le tikoun olam, la « réparation du monde » et la tsédaka, l’établissement d’une société juste.

La michna rosh hachana autant que la prière ountané tokef nous le rappellent tout au long de ces journées de mobilisation.

Les trois piliers du changement sont donc la téfila (prière, médiation, cri), la téchouva (introspection, travail sur soi) et la tsédaka (mobilisation pour la justice sociale).

On peut dire à ce sujet que Rosh Hashana étant l’anniversaire de la création du monde, c’est le moment de la mobilisation collective, centrée avant tout sur la tsédaka.

Lorsqu’on parle de changer le monde, on parle de faire entrer dans ce monde qui est le nôtre un monde idéal, qui n’existe pas encore, et c’est la définition même d’une utopie.

Comment faire exister ces mondes meilleurs dans nos esprits, pour pouvoir les amener, autant que possible, dans nos réalités ?

Le très beau texte de Michel Foucault peut nous être une inspiration, et inscrire le rêve juif dans la grande famille des rêves humains, qu’il définissait en ces termes, en  1966, sur France Culture :

« Il y a donc des pays sans lieu et des histoires sans chronologie; des cités, des planètes, des continents, des univers, dont il serait bien impossible de relever la trace sur aucune carte ni dans aucun ciel, tout simplement parce que ils n’appartiennent à aucun espace. Sans doute ces cités, ces continents, ces planètes sont-ils nés, comme on dit, dans la tête des hommes, ou à vrai dire, dans l’interstice de leurs mots, dans l’épaisseur de leurs récits, ou encore dans le lieu sans lieu de leurs rêves, dans le vide de leurs cœurs; bref, c’est la douceur des utopies. Pourtant je crois qu’il y a – et ceci dans toute société – des utopies qui ont un lieu précis et réel, un lieu qu’on peut situer sur une carte; des utopies qui ont un temps déterminé, un temps qu’on peut fixer et mesurer selon le calendrier de tous les jours. Il est bien probable que chaque groupe humain, quel qu’il soit, découpe, dans l’espace qu’il occupe, où il vit réellement, où il travaille, des lieux utopiques, et dans le temps où il s’affaire, des moments uchroniques. »

 

Les fêtes de Tishri sont sans aucun doute des temps hors du temps, où se créent tous les temps qui n’existent pas encore et que nous voulons inviter dans nos vies.

Nos synagogues sont des lieux hors des lieux, qui nous permettent de commencer à construire la réalité dans laquelle nous souhaitons vivre.

C’est dans cet esprit qu’Abraham Yoshua Heshel a écrit l’une de ses œuvres majeures : « Les bâtisseurs du temps ».

Et nous ne faisons pas autre chose en partageant nos semaines entre le travail des six jours et le repos du chabat.

Car il existe un temps pour tout, comme le dit l’Ecclésiaste, un temps pour faire vivre les rêves dans nos esprits, et un temps pour les faire vivre non plus dans nos esprits, mais dans la réalité de nos vies.

Et tel est le sens de l’obligation mentionnée dans la torah : « six jours, tu travailleras ». Ce travail n’est pas un travail de servitude, une avdout, mais un travail de construction du monde, une avoda. Ce n’est pas le travail d’un animale laborans, d’une personne interchangeable qui effectue un travail machinal qui disparaitra bientôt. C’est au contraire le travail d’un homo faber, une édification créative humaine qui dépasse la réalité de la nature et qui se transmettra aux générations future. Tel est le travail que nous devons faire pendant 6 jours, avant de faire le point chaque chabat, tel est la nature de ce que nous réalisons pendant l’année, et dont nous rendons compte à Rosh hashana.

Par notre action de cette année, avons-nous réussi à faire entrer nos rêves dans le possible, avons-nous tendu la main à des personnes qui sans nous auraient peut-être chancelé, avons-nous saisi la main de ceux qui pouvaient nous aider pour nous permettre d’avancer ?

 

Nous nous interrogeons aujourd’hui sur ce qu’est le travail, sa nature, son utilité sociale, la façon dont nous devrions le répartir, et la façon dont nous souhaiterions répartir les richesses de la société française autant que les richesses du monde, de la façon de les utiliser à bon escient.

L’idée de tsédaka nous invite à envisager la richesse comme un moyen de permettre la liberté.

La générosité est évoquée dans la torah lorsqu’on parle de la remise des dettes, de la chemita. Le deutéronome nous invite à faire avec lui le pari de la réussite. En ouvrant notre main à ceux qui ont tout perdu, nous leur donnons la chance de se relever, de se remettre à pied d’œuvre, de reprendre une action active dans la construction du monde. Et nous sommes certains qu’à l’arrivée de la septième année, ils auront réussi à rembourser leur dette. Et si tel n’était pas le cas, leur dette serait effacée, pour qu’ils puissent repartir avec une ardoise neutre, ouvrir une nouvelle page. N’existe-t-il pas un risque d’abus ? Le seul abus que la Torah envisage est celui du prêteur, qui pourrait refuser sa confiance. Des études récentes citées par Rutger Bregman dans son livre : « Les utopies pour ceux qui veulent les réaliser », prouvent qu’effectivement, à Londres, des SDF ayant reçu 3000 livres sterling se sont achetés des dictionnaires et ont réussi à mettre un toit au-dessus de leur tête.

La question est tellement sérieuse que pour nos commentateurs, la cause de la destruction de Sodome et Gomorrhe est justement l’absence de tsédaka, le refus de donner une nouvelle chance à ceux qui, malmenés par les circonstances de la vie, ont tout perdu.

Et nous en arrivons à la célèbre expression que cite le talmud chabbat : la tsédaka sauve de la mort.

C’est sans doute le cas dans l’exemple de Sodome et Gomorrhe.

C’est également ce que nous dit la prière ountané tokef, que nous chanterons demain.

La tsadaka sauve de la mort : il ne s’agit pas là d’une affirmation médicale. La tsédaka ne nous permet pas de lutter contre les maladies du corps. Mais elle nous permet de lutter contre une maladie qui nous touche trop souvent : le sentiment d’impuissance.

La tsédaka nous permet de nous sentir libres et vivants, de par notre pouvoir d’aider les autres.

Elle nous permet de nous sentir en sécurité, car grâce à elle, nous vivons dans un monde où celui qui trébuche et tombe n’est pas écrasé par la foule, mais relevé par ceux qui l’entourent. Et si cela nous arrivait à nous, des mains se tendraient pour nous secourir, de même que nous avons-nous même tendu la main vers d’autres en pareille circonstance.

 

La tsédaka sauve de la mort parce qu’elle nous éloigne de la fatalité, et nous rapproche de la liberté.

Elle est liée dans le talmud à cette autre phrase fondatrice : il n’y a pas de destinée pour israël. Quoi que dise l’astrologie, la psychologie, la sociologie, nous pouvons nous extraire des statistiques et garder notre liberté.

La misère est une menace pour tout le monde, et ce risque nous entraine dans une course à l’accumulation, alors que le sentiment de sécurité nous permet de travailler raisonnablement à la satisfaction de nos besoins réels.

L’argent nous permet de nous accomplir dans nos vies, et de nous mettre en relation avec les autres et avec notre liberté.

Il ne doit pas constituer un obstacle, comme dans la scène final du « Dibouk ». Le rabbin conduit une personne très aisée mais peu généreuse, devant la fenêtre. « Que vois-tu ? » « Des enfants qui rient, des hommes, des femmes, la vie ». Il la conduit vers un miroir. « Que vois-tu ? » « Je ne vois que mon image. » «  C’est exactement cela, parfois, il suffit d’un peu d’argent sur la vitre par laquelle on voit le monde pour que tout devienne opaque, et qu’on voit plus qu’une seule chose : soi-même. »

Revenons aux basiques. Comme le dit Hillel : si je ne suis pas pour moi, qui le sera ?, nous souhaitons cette année veiller à notre propre bien-être, à celui de nos proches, à celui de notre communauté. Mais Hillel continue : si je ne suis que pour moi, que suis-je ? Tournant en roue libre, enfermé dans mon propre esprit, je reste loin de la vie et du mouvement. Nous devons nous occuper de nous-mêmes, mais aussi des autres, de nos proches, et de ceux qui le sont moins, de notre communauté, et d’autres communautés, dans le monde juif, dans le monde interreligieux et dans le monde associatif. Et Hillel de conclure : et si ce n’est pas maintenant, quand ? L’heure de l’action, c’est maintenant. Maintenant pour faire exister nos rêves dans nos esprits, pendant ces jours de fête, et pour les transposer dans nos réalités, lorsque le vrai « travail » reprendra.

Suivons donc la recommandation de Hillel, en nous souhaitant à nous-même, intérieurement, une année pleine de renouveau, puis en nous souhaitant mutuellement, les uns aux autres, une année de bonheur, avant de nous tourner vers ceux de nos voisins que nous connaissons moins et d’envisager de poursuivre nos actions, en nous mettant parfois sur le dessus du magen david, et parfois au contraire, en nous mettant en retrait, pour faire exister ensemble l’individuel et le collectif.

 

Chana Tova oumétouka

Bienvenue en 5778 Chana Tova – שנה טובה

Chers amis, chères amies, que cette nouvelle année vous permette d’accéder à tout ce qui vous tient à coeur.

En guise de petit cadeau, un lien vers l’émission de ce matin sur radio judaïque FM, je remercie encore Léa Moscona pour son invitation. Vous pouvez réécouter l’émission en suivant ce lien.

Et en photo, la liste des chants de Tishri du CD de notre chère Hazanit, dont la beauté pourra faire le bonheur de ceux et celles qui souhaitent continuer à écouter notre liturgie.

Venez chanter les chants de fin de Kipour

Ce vendredi à 18h, se tiendra notre dernière rencontre autour des chants de Roch Hachana et de Kipour.

Nous nous concentrerons sur la poésie liturgique de Moché Ibn Ezra, El Nora Alila, la seliHa « anénou » ainsi que les 13 attributs divin. Nous aurons l’occasion de parler de leur histoire, de leur signification, et surtout de les chanter ensemble.

Chacun est bienvenu, chacune est bienvenue.

Anénou est très simple à apprendre et peut être l’occasion d’un moment ludique avec les enfants y compris les tout petits, El Nora Alila est facile et les 13 midot revêt un degré de complixité un peu plus grand en termes de vocabulaire et de musique. A vous de voir ce qui vous convient!

Téléchargez ici la feuille chants de Tichri 4 – El Nora Alila, Anénou, 13 midot

El Nora Alila, Anénou, 13 midot

 

 

El nora alila
El nora alila, hamtsi lanou mehila bechaat haneïla, bechaat haneilaMetey mispar krou’im lekha ayim nos’im oumsaldim behila bechaat haneïla

ShofeHim lekha nafcham, mete picham veHaHcham vehamtsi’em meHila bechaat haneïla

Heye laHem lesitrah, veHaltsem mim’era veHatmem lahod ouleguila bechaat haneïla

Hon otam veraHem, veHol loHets veloHem asse bahem pelila bechaat haneïla

ZeHor tsidkat avihem, veHadesh et yemeïhem kekedem outHila bechaat haneïla

Kera na chenat ratson, veHashev she’erit hatson leahaliva ve’ahalah bechaat haneïla

Tizkou leshanim rabot, habanim veha’avot beditsa ouvtsahala bechaat haneïla

MiHa’el sar yisra’el, eliyahou vegavri’el basrou na hag’oula bechaat haneïla

http://www.daat.ac.il/daat/sifrut/maamarim/el-nora-2.htm

 

Anénou
13 midot

Ex. 34 :6 (et Nb 14 :18)

Adonaï Adonaï el raHoum véHanoun EreH apaim vérav Héssed véémet, notser Héssed laalafim, nossé avon vafécha véHata vénaké.

 

La Divinité passa devant lui et proclama: « ADONAÏ est l’Étre éternel, tout puissant, clément, miséricordieux, tardif à la colère, plein de bienveillance et d’équité; 7 il conserve sa faveur à la millième génération; il supporte le crime, la rébellion, la faute, (mais il ne les absout point)

 

http://www.nechama.org.il/pages/980.html

El nora alila – Moché Ibn Ezra (ami d’Abraham) a rédigé l’essentiel de son œuvre poétique après son exil dans l’Espagne chrétienne. Né à Grenade, il a du fuir la ville à l’époque de la conquête almohade. El Nora Alila ouvre la dernière partie du Jour de Kipour, la prière de « Néila ». On y entend à la fois l’espoir d’une fin joyeuse à ce jour de jugement et la gravité de ce moment, dernier instant avant la « fermeture des portes ».

 

אֵל נוֹרָא עֲלִילָה, הַמְצִיא לָנוּ מְחִילָה בְּשָּׁעַת הַנְּעִילָה:

מְתֵי מִסְפָּר קְרוּאִים, לְךָ עַיִן נוֹשְׂאִים וּמְסַלְדִים בְּחִילָה בְּשָּׁעַת הַנְּעִילָה:

שׁוֹפְכִים לְךָ נַפְשָׁם, מְחֵה פִּשְׁעָם וְכַחְשָּׁם וְהַמְצִיאֵם מְחִילָה בְּשָּׁעַת הַנְּעִילָה:

הֱיֵה לָהֶם לְסִתְרָהּ, וְחַלְצֵם מִמְּאֵרָה וְחָתְמֵם לַהוֹד וּלְגִילָה בְּשָּׁעַת הַנְּעִילָה:

חוֹן אוֹתָם וְרַחֵם, וְכָל לוֹחֵץ וְלוֹחֵם עֲשֵׂה בָּהֶם פְלִילָה בְּשָּׁעַת הַנְּעִילָה:

זְכֹר צִדְקַת אֲבִיהֶם, וְחַדֵּשׁ אֶת יְמֵיהֶם כְּקֶדֶם וּתְחִלָּה בְּשָּׁעַת הַנְּעִילָה:

קְרָא נָא שְׁנַת רָצוֹן, וְהָשֵׁב שְׁאֵרִית הַצֹּאן לְאָהָלִיבָה וְאָהֳלָהּ בְּשָּׁעַת הַנְּעִילָה:

תִּזְכּוּ לְשָׁנִים רַבּוֹת, הַבָּנִים וְהָאָבוֹת בְּדִיצָה וּבְצָהֳלָה בְּשָּׁעַת הַנְּעִילָה:

מִיכָאֵל שַׂר יִשְׂרָאֵל, אֵלִיָּהוּ וְגַבְרִיאֵל בַּשְּׂרוּ נָא הַגְּאוּלָה בְּשָּׁעַת הַנְּעִילָה:

 

Anénou – « Réponds-nous ! »

 

עֲנֵנוּ אָבִינוּ עֲנֵנוּ. עֲנֵנוּ בּוֹרְאֵנוּ עֲנֵנוּ. עֲנֵנוּ גּוֹאֲלֵנוּ עֲנֵנוּ. עֲנֵנוּ דּוֹרְשֵׁנוּ עֲנֵנוּ. עֲנֵנוּ הוֹד וְהָדָר עֲנֵנוּ. עֲנֵנוּ וָתִיק בְּנֶחָמוֹת עֲנֵנוּ. עֲנֵנוּ זַךְ וְיָשָׁר עֲנֵנוּ. עֲנֵנוּ חַי וְקַיָּם עֲנֵנוּ. עֲנֵנוּ טְהוֹר עֵינַיִם עֲנֵנוּ. עֲנֵנוּ יוֹשֵׁב שָׁמַיִם עֲנֵנוּ. עֲנֵנוּ כַּבִּיר כֹּחַ עֲנֵנוּ. עֲנֵנוּ לֹא אֵל חָפֵץ בְּרֶשַׁע עֲנֵנוּ. עֲנֵנוּ מֶלֶךְ מַלְכֵי הַמְּלָכִים עֲנֵנוּ. עֲנֵנוּ נוֹרָא וְנִשְׂגָּב עֲנֵנוּ. עֲנֵנוּ סוֹמֵךְ נוֹפְלִים עֲנֵנוּ. עֲנֵנוּ עוֹזֵר דַּלִּים עֲנֵנוּ. עֲנֵנוּ פּוֹדֶה וּמַצִּיל עֲנֵנוּ. עֲנֵנוּ צַדִּיק וּמַצְדִּיק עֲנֵנוּ. עֲנֵנוּ קָרוֹב לְכָל קוֹרְאָיו בֶּאֱמֶת עֲנֵנוּ. עֲנֵנוּ רָם וְנִשָֹּא עֲנֵנוּ. עֲנֵנוּ שׁוֹכֵן שְׁחָקִים עֲנֵנוּ. עֲנֵנוּ תּוֹמֵךְ תְּמִימִים עֲנֵנוּ:

 

13 midot – Est-ce Dieu ou Moïse qui a prononcé les 13 midot ? La tradition est partagée. Ces 13 qualités sont énumérées au moment du don des deuxièmes tables de la loi, les premières ayant été détruites suite à l’épisode du veau d’or. Elles sont un appel aux qualités divines, qui sont le fondement de sa bienveillance à notre égard. Leur récitation omet la fin du verset, et nous aurons l’occasion d’évoquer le sens de cet « oubli ».

 

וַיַּעֲבֹר ה’ עַל פָּנָיו וַיִּקְרָא
ה’ ה’ אֵל רַחוּם וְחַנּוּן אֶרֶךְ אַפַּיִם וְרַב חֶסֶד וֶאֱמֶת: נֹצֵר חֶסֶד לָאֲלָפִים נֹשֵׂא עָוֹן וָפֶשַׁע וְחַטָּאָה וְנַקֵּה )לֹא יְנַקֶּה – פֹּקֵד עֲוֹן אָבוֹת עַל בָּנִים וְעַל בְּנֵי בָנִיםעַל שִׁלֵּשִׁים וְעַל רִבֵּעִים.(

Chant de Tishri 3: Kadish Hassidique et Shomer Israel

Ce soir, de 18h à 18h30, nous chanterons ensemble certains des chants et des airs les plus emblématiques de Rosh Hashana et de Yom Kipour, avant d’enchaîner avec un office spécial d’accueil des enfants.

Le Kadish

Cette prière écrite en araméen célèbre notre engagement indéfectible envers l’espoir d’un monde meilleur. Elle trouve sa source dans les psaumes, dans le livre de Daniel, et dans le midrash. Il constitue un dialogue entre celui qui le dit et l’assemblée qui lui répond et le soutien. Il s’agit soit de l’officiant (qui souhaite le bien de l’assemblée), d’un endeuillé ( qui reçoit le soutien de l’assemblée) ou d’une personne de l’assemblée (qui souhaite alors le bien-être du rabbin). Le Kadish Hassidique des fêtes de tishri est très joyeux et donne du rythme et de la convivialité à ces offices solennels.

Oz beyadéHa / ata véHartanou

Ces quelques phrases, au milieu de la Amida, sont spécifiques aux fêtes de tishri, nous les soulignons donc avec des chants spécifiques repris en chœur par l’assemblée.

 

Shomer Israël

Ce très beau Piout est très représentatif des seliHot. Il met en place un dialogue entre l’officiant et l’assemblée, qui s’associent pour demander au Créateur de prendre soin du peuple juif et lui permettre d’exister encore pour l’année à venir.

Chants de Tishri 3 à télécharger



A travers ces chants, nous aborderons le sens de cette année juive qui recommence dans quelques semaines, et nous nous préparerons aux offices de seliHot et à ceux de Rosh Hashana et de Kipour.

A tout à l’heure, et shabbat shalom à toutes et à tous!