Qui devons-nous devenir ?

Un article écrit à la rentrée pour le journal « L’Appel »…

Liberté juive

Je profite des vacances pour partager l’article que j’ai écrit pour le magazine l’appel à la rentrée. Bonne lecture.

Comment redéfinir notre identité et notre rapport au monde ?

La responsabilité collective de l’humanité est jugée en ce début d’année

Qu’est-ce que le judaïsme ? La question du « vrai israël » a agité les débuts de la chrétienté comme la naissance de l’Islam. Elle soulève d’ailleurs des remous au sein même du peuple juif. Mais il est trop réducteur de limiter la question à une revendication d’héritage. Le judaïsme n’est pas un objet défini mais un sujet en lui-même qui émerge sans cesse de la confrontation du peuple juif à l’histoire. Il n’est pas exact de dire que « le Judaïsme est la plus ancienne des trois religions monothéistes ». S’il est apparu antérieurement, sa forme actuelle est moderne au même titre que les formes modernes des autres religions.

Edmond Fleg s’exprime ainsi : « Israël n’est…

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MéHina-EST, Un cours d’hébreu en 10 séances commence ce dimanche

Pour info, si vous souhaitez vous joindre à un programme d’hébreu accéléré… Kol Touv!

Devenir Juif, Devenir Juive

Chers amis, chères amies,

Comme promis voici les dates de la MéHina, le cours d’hébreu de préparation pour le cycle « re-devenir juif ».

Les cours auront lieu à la synagogue, au 24 rue du Surmelin, de 10h à 12h le dimanche (et de 20h à 22h pour les deux soirées complémentaires).

Nous commencerons de façon intensive pour ancrer rapidement les connaissances acquises avant de prendre un rythme hebdomadaire qui inscrira les acquis dans le moyen terme.

Dates des cours : dim 22 oct, mar 24 oct, jeu 26 oct, dim 5 nov, dim 19 nov, dim 26 nov, dim 3 dec, dim 10 dec, dim 17 dec, dim 7 janv

Nous travaillerons avec la méthode « Tiyoul béisrael », qui nous fera entrer rapidement dans l’hébreu moderne d’une façon ludique et efficace, pour nous ouvrir progressivement également l’hébreu biblique et l’hébreu des prières.

PAF: 180€ (+achat du livre 19 €) pour 10 séances…

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Eve, le savoir, et la dignité des femmes

En cette période où le harcèlement sexuel est au coeur des débats, il est urgent de réhabiliter Eve et de relire attentivement l’épisode de la soit-disant « faute » dont elle serait entachée.

Liberté juive

Voici l’article que je viens d’écrire pour le magazine  » L’appel »… Lié à l’actualité de la lecture de la Torah autant qu’à la question de la dignité des femmes…

AIMEZ LES FEMMES COMME VOUS-MÊME

De la terre aride du déni au jardin fleuri de la collaboration

(article pour le magazine « L’Appel »)

Exilés de la légitimité-responsabilité

 

Accuser l’autre pour se disculper, c’est jeter des buches dans l’incendie en espérant qu’il s’éteigne.

Après qu’Adam et Eve aient goûté du fruit de l’arbre de la connaissance, Dieu les interpelle : « Où es-tu ? ». La réponse d’Adam se projette comme un réflexe défensif : « C’est Elle, la femme que TU m’as donnée, c’est ELLE qui m’en a donné et j’en ai mangé ». Qui serait coupable ? Dieu qui a donné la femme, la femme qui a donné le fruit, mais pas réellement Adam qui l’a consommé.  La femme répond pour sa part : « Le serpent m’a incitée, et…

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Nous ne ferons pas « Téchouva » ! Dracha de Yom Kipour

Là où ceux qui ont fait téchouva se tiennent, même les justes parfaits ne sauraient se tenir (braHot 34b).

« Les justes parfaits » ? Mais de quoi s’agit-il ? Pour m’aider à comprendre, je propose une petite expérience, j’aimerais que les justes parfaits de l’auditoire se lèvent : oh, il n’y en a pas ! Alors à quoi sert cette phrase ?

Nous voyons que la perfection n’existe pas. Et que même si elle existait, ce n’est pas elle qui aurait les honneurs. C’est au contraire le désir de nous améliorer qui est mis en valeur. L’essentiel, comme le dit Rabbi NaHman de bratslav, c’est la question, la chééla, et non pas la réponse, la téchouva.

« Qui sommes-nous ? d’où venons-nous ? ou allons-nous ? qu’attendons-nous ? Qu’est-ce qui nous attend? »

Voici les questions que le philosophe Ernst Bloch pose à l’ouverture même de son livre, « le principe espérance » en 1954.

La chanteuse-compositrice Barbara, qui nous a quittée cette année en dit autant dans l’une de ses chansons, choisie pour l’hommage national aux victimes de l’attentat du Bataclan : « pour qui, comment quand et pourquoi, contre qui comment contre quoi, c’en est assez de vos violences ! ».

Le vidouï de la prière de Néila, que nous dirons demain soir pose les mêmes questions :

Que sommes-nous, qu’est-ce que notre vie, qu’est-ce que notre bonté, notre force ?

Nous parlions à Roch Hachana de l’équilibre entre l’individu et le groupe, nous avons parlé de la tsédaka qui implique la société, nous nous tournons aujourd’hui vers l’individu.

Qui suis-je ? Quel est le sens de ma vie ?

Yom Kipour nous met face à cette douloureuse question. Il peut-être tentant de la fuir.

Ernst Bloch poursuit :

Qui sommes-nous ? d’où venons-nous ? ou allons-nous ? Qu’attendons-nous ? Qu’est-ce qui nous attend ?

« Beaucoup en restent perplexes. Le sol vacille, ils ne savent ni pourquoi ni comment. Leur état est angoisse ; s’il se précise il devient crainte… »

Comment faire face à cette crainte ? Les antidépresseurs, les drogues, les addictions, y compris aux écrans, à l’ordinateur ou au travail prennent leur essor. De la même façon, les sectes et les extrémismes se tiennent en embuscade comme le meurtre et la jalousie étaient tapis à la porte de Caïn.

Le judaïsme de superstition  risque alors de s’emparer du judaïsme de courage.

Nous serions tentés de « faire téchouva », d’adopter des réponses toutes prêtes, au lieu de faire vraiment téchouva, de faire retour, de réfléchir, pour accéder à de nouvelles compréhensions.

Nous risquons nous tourner vers une pratique obsessionnelle au lieu nous ouvrir à des pratiques et à des sens renouvelés, en toute conscience.

« Il a fait téchouva » signifie souvent de nos jours « la table de ses parents n’est plus assez cacher, il ne fait plus la bise à sa sœur ».

Faire téchouva n’est pas se rattacher frénétiquement à un cadre solide, extérieur, dicté.

Le cadre de la sagesse juive ne doit pas nous enfermer mais nous porter.

Et dans ce chemin-là également, Ernst Bloch nous accompagne :

« Mais maintenant, sans plus tenir compte des artisans de la peur, c’est un sentiment plus digne de nous qu’il est temps d’apprendre. Il s’agit d’apprendre à espérer. »

Espérer, c’est prendre un risque, et c’est se mettre en danger, nos espoirs peuvent se réaliser, mais ils peuvent échouer, et comment affronterons-nous la déception ?

Deux histoires illustrent deux façons d’affronter le danger.

Une histoire zen, et une histoire juive.

C’est l’histoire d’un moine boudhiste qui se promène sereinement, immergé dans ses méditations, lorsqu’il entend un rugissement, il se retourne, c’est un tigre, il court vers lui ! il le poursuit ! le moine se met à courir pour échapper au tigre, qui pourtant gagner du terrain, se rapproche, l’attrape presque mais là… Le moine sent la terre se dérober sous ses pieds, il tombe au fond d’un gouffre, essaie de se raccrocher, saisit une branche qui dépasse, c’est une vigne, elle est en train de se déraciner, elle va bientôt lâcher sous le poids du moine, il regarde, il y a du raisin, le raisin est mûr, il tend la main, admire le raisin, le porte à sa bouche, et s’écrie : « quel délicieux grain de raisin ! »

Dans l’histoire juive, c’est juste un juif lambda qui tombe dans le puits, il se raccroche à la branche et crie « à l’aide ! à l’aide » et, miracle, une voix lui répond ! « C’est moi, l’Eternel ton dieu, j’ai entendu ta voix mon fils, je suis là. Lâche la branche, je vais te rattraper ! » Alors le juif regarde vers le haut du puits et s’écrie : « y a pas quelqu’un d’autre ? »

Ces deux histoires sont des histoires juives. La première parce qu’elle met en avant la gratitude. Nous devons profiter de ce monde et de ses bénédictions. La deuxième parce qu’elle est décalée, humoristique, qu’elle cherche la survie à tout prix, et qu’elle ne croit pas aux miracles abstraits mais à l’action concrète.

Face aux questions existentielles, le puits du vide pourrait nous engloutir. Si nous sommes jetés sans préparation dans l’arène des interrogations et des craintes, nous courrons le risque qu’elles nous dévorent.

Mais jeté dans la fournaise de Nemrod, Abraham ne s’est pas consumé, balancé dans la fosse aux lions, Daniel n’a pas été dévoré, et nous de même, nous ne serons pas consumés ni dévorés par ces questions, nous leur ferons face, et nous en sortirons vainqueurs à la fin de cette journée.  Cet espace nous soutiendra, la présence bienveillante de la communauté nous portera, nos chants nous embrasseront.

Tel est le sens de toutes ces prières, de toutes ces cérémonies qui nous accompagnent dans le voyage de 25 heures que l’on nomme Yom Kipour.

Le texte des prières évoque les qualités de dieu. Pas pour le flatter ou pour nous rabaisser, mais pour appeler en nous-mêmes ces qualités ! Pour nous en saisir et nous appuyer sur elles pour remonter du puits, comme le dit rabbi yéhouda halévi.

Le texte des prières évoque nos fautes. Pas pour nous humilier, mais pour affirmer l’humanité de nos sentiments, et pour permettre l’expression émotionnelle nécessaire au changement, comme le dit le rav Soloveitchik.

La téchouva n’est pas une invitation à rentrer dans le rang, mais un encouragement à oser être nous-mêmes, briser les entraves et les limitations, comme le dit le rav Kook.

Le vidoui, l’aveu des fautes ne prouve pas que nous sommes coupables, mais que nous sommes courageux et déterminés à nous rendre meilleurs comme le dit Rech Lakich : la téchouva nous permet de transformer nos erreurs en mérites.

Ce courage nous délivre de la chape des apparences qui nous oblige à toujours faire semblant, à toujours nous justifier, à ne jamais être aimés pour ce que nous sommes réellement. Ce courage contribue à délivrer le monde du dictat de la perfection, cette illusion qui nous rend passifs et fait de nous des robots.

Cette année, nous avons été courageux. Nous sommes montés sur la téva pour célébrer notre Bar ou Bat Mitsva, et pris des risques. Nous sommes montés sur la téva pour dire le Kadish à la mémoire de nos proches disparus. Nous nous sommes engagés dans des démarches de conversion et de régularisation d’identité et pris le risque d’être rejetés. Nous avons décidé de nous marier, ou de mettre un enfant au monde. Nous avons changé de carrière, ou mobilisé le courage de rester dans notre métier. Nous avons pris toutes sortes de risques qui nous ont obligés à murir, à évoluer, à faire téchouva, à répondre à l’appel de la vie. Prenons un petit instant pour y penser, puis un petit instant pour partager l’un de ces défis dont nous sommes fier.e.s avec notre voisin ou notre voisine.

Selon Rabbi Abahou, Dieu a créé la téchouva avant d’avoir créé le monde, il a créé le principe espérance, le potentiel de la liberté et c’est cela qui donne un sens à nos existences.

Cette liberté n’a pas de limites, et lorsque nous aurons fait téchouva, nous aurons gagné l’occasion… de faire téchouva à nouveau. Lorsque nous aurons de nouveaux outils de liberté, nous comprendrons quels autres outils nous pourrons mettre en œuvre, et nous irons, à nouveau, les chercher, ajoutant indéfiniment des qualités et des courages futurs à nos qualités et à nos courages présents, la téchouva est un processus permanent, comme le dit rabbi naHman de Bratslav, et nous pouvons être fiers de partir cette année encore à la recherche du meilleur de nous-mêmes.

 

La relation entre nous et le transcendant devrait être une relation d’amour et de passion. L’amour a besoin de surprise. Faisons téchouva.

La téchouva n’est pas la réponse, mais la question.

La téchouva n’est pas la soumission, mais la responsabilité.

La téchouva n’est pas le retour au rituel, mais l’accès, à travers le rituel, à des dimensions imprévues.

Faire téchouva, c’est surprendre Dieu et plus important encore peut-être, c’est me surprendre moi-même.

Alors que tous ceux et toutes celles qui ont fait téchouva cette année, qui ont fait face aux défis de leur vie, de leur mieux, se lèvent en cet instant.

Et répétons-le : là où ceux qui ont fait téchouva se tiennent, même les justes parfaits ne sauraient se tenir.

Nous avons fait de nombreuses téchouvot. Soyons-en fiers aujourd’hui. Et puissions-nous avoir la chance de nous tenir ici, l’année prochaine, grandis encore davantage par les défis que nous aurons relevés cette année.

Gmar Hatima tova à chacun et à chacune.

Rosh hashana et la responsabilité humaine, demain à 9h30 sur judaïque fm

Chers amis, ce petit article express pour vous signaler que je serai l’invitée de Léa Moscona demain matin dans l’émission  » c’est nouveau, ça m’intéresse ».

http://www.judaiquesfm.com/emissions/23/presentation.html
L’occasion d’un petit re-centrage sur la fête de Rosh Hashanah, qui commence dans moins de 24h!

שנה טובה, לשנה טובה תכתבו

Bonne année 5778, que vous vous inscriviez dans une année de vie. 

SeliHot – Ce dimanche 9h45 à Nation

Ce dimanche à 9h45 auront lieux nos seliHot pédagogiques. L’occasion de découvrir ces belles prières, de nous projeter dans une année renouvelée, qui intègre réellement la réalité de l’année passée, nos nouvelles découvertes, nos nouvelles compréhension, et notre nouvelle condition si nos vies ont changé. Nous nous préparons à travers ces prières à la transition vers la nouvelle année, rosh hashana, yom kipour, et nous entendons le chofar.

Ce moment sera suivi d’un petit office du matin, qui permettra également aux parents de se familiariser avec les prières que leurs enfants apprennent au talmud torah.

Ce dimanche, 9h45, à Ganénou, premières seliHot pédagogiques.

Autres rendez-vous: mercredi 24 septembre 7h30 Surmelin et dimanche 27 septembre 9h45 ganénou.

 

Bonne rentrée! Chants/ Enfants/ Dîner chabbatique

Ce vendredi, c’est la grande rentrée!

A 18h, nos chants de Tishri nous permettront de passer un moment intense autour de la liturgie de Kipour. Plus d’info ici.

A 18h30, nous accueillerons nos plus jeunes pour la reprise des « erev shel yeladim ».  Plus d’info ici.

De 20h à 21h30, nous aurons un dîner chabbatique sur le thème: « préparez votre seder de Rosh Hashana », mais avant tout sur une note de convivialité et de retrouvailles. (Inscription nécessaire auprès de Catherine Klein)