Chants de Tichri: vendredi prochain

« Les chants des hommes sont plus beaux qu’eux-mêmes plus beaux qu’eux-mêmes, plus lourds d’espoir, plus tristes, plus durables… », disait le poète Hazim Hikmet. Les chants de Roch Hachana et de Kipour nous accompagnent depuis des siècles. Nous sommes invités à nous plonger à nouveau dans leur histoire, leur signification, leurs paroles et leur musique.

  • 1 : vendredi 16 juin 18h/18h45 : Séou Shéarim, Sim Shalom, Ki anou améHa
  • 2 : vendredi 30 juin 18h/18h45 : Adon Olam, Lédor Vador, Vidouï
  • 3 : vendredi 1e septembre 18h/18h45 : Kadish Hassidique, Oz béyadéHa, Chomer Israël
  • 4 : vendredi 15 septembre 18h/18h45 : El Nora Alila, Anénou, 13 midot

Youtube : playlist : « chants de Tishri »

Nous ouvrirons avec Séou Shearim, qui sera une parfaite introduction à nos séances.

Ouvrez-vous, Portes du monde ! Pour que le Roi de Gloire puisse entrer !

On pourrait avancer la théorie que nous sommes tous plus ou moins mégalomanes. Comme le dit l’homme éméché : « Je suis maître de moi comme de l’univers ! ». Nous ne sommes pas maîtres de l’univers, et nous devons même lutter pour être maîtres de nous-mêmes. « Qui est le fort ? -interrogent les chapitres des pères- Celui qui se conquiert lui-même ! ». C’est ce que nous tentons de faire à Kipour : Contenir nos instincts. Le jeûne est l’une des façons de pratiquer cette maitrise et d’affirmer qu’autre chose que notre propre confort peut animer nos actes. Et puisque nous ne sommes pas les maîtres du monde, nous pouvons néanmoins essayer de contribuer à la rendre meilleur. Ainsi, nous clamons : « Qu’entre le Roi de Gloire ! » Pour certains, c’est peut-être Dieu lui-même qui prend sa place parmi nous alors que nous sortons la Torah. Pour d’autres, c’est une invocation à faire entrer en nous-même les plus hautes valeurs, celles qui font notre gloire lorsque nous réussissons à les atteindre. Ouvrez-vous, portes du monde !

Pour apprendre à le chanter:

Roch hachana (Synagogue MJLF EST, 24 rue du Surmelin, 75020) aura lieu:  office du premier soir: mercredi 20 septembre (18h45); premier matin: 21 septembre (10h); deuxième soir: jeudi 21 septembre (18h45); deuxième matin: vendredi 22 septembre (10h)

Kipour (Salle Olympe de Gouges,15 Rue Merlin, 75011 Paris) : soir de Kol Nidré: Vendredi 29 septembre (19h30); Offices toute la journée: Samedi 30 septembre (10h); soir de Neila: 30 septembre (19h)

Les seliHot à Surmelin auront lieu les mercredi 13 et 27 septembre à Surmelin à 7h30, et les dimanches 17 et 24 septembre au Talmud Torah ( Ecole Ganénou, 11 rue du Sergent Bauchat à 9h45).

ledor vador – Une prière spéciale Bar ou Bat Mitsva

Nous aimons mettre nos Bné et Bnot Mitsva à l’honneur.
Les Chants « Dynamiques » de l’office permettent de créer un lien direct entre l’officiant/le jeune Bar mitsva et l’assemblée/la famille et les invités.

Plusieurs de nos membres m’ont demandé de l’aide pour qu’ils puissent apprendre ce chant, ce petit article est destiné à répondre à leur demande.
« Lédor Vador » est de ce point de vue un moment phare.
En effet, ce chant met en valeur les paroles de la troisième bénédiction de la Amida, que l’on nomme « Kédouchat hachem ». Le rythme soutenu de l’échange avec le public permet un très bel échange. La mélodie et les paroles sont simples et permettent aux non hébraïsants de se joindre à l’assemblée.
Les paroles de ce chants sont très fortes pour nos jeunes, elles mettent en valeur la transmission.
« Lédor Vador », de « génération en génération », sont les mots les plus repris. Il est particulièrement émouvant car à l’occasion de leur Bar ou Bat Mitsva, les jeunes annoncent « de génération en génération » et leurs parents, les adultes et l’assemblée les suivent et répètent après eux.

Les mots en translittération sont:
« lédor vador naguid godléHa oulénetsH nétsaHim kédouchatéHa nakdich véchivHaHa élohénou mipinou lo yamouch léolam vaèd, ki el méléH gadol vékadoch ata. »

Ils signifient:
« De génération en génération nous dirons ta grandeur, et d’éternité en éternité nous sanctifierons ta sainteté, la reconnaissance de ta bonté ne quittera jamais notre bouche, car tu es un dieu grand et sacré. »

Les voici en hébreu:
לְדוֹר וָדוֹר נַגִיד גָּדְלֶךָ וּלְנֵצַח נְצָחִים קְדֻשָּׁתְךָ נַקְדִּישׁ וְשִׁבְחֲךָ אֱלֹהֵינוּ מִפִּינוּ לֹא יָמוּש לְעוֹלָם וָעֶד כִּי אֵל מֶלֶךְ גָּדוֹל וְקָדוֹשׁ אָתָּה בָּרוּךְ אַתָּה ה’, הָאֵל הַקָּדוֹשׁ

Pour info: notre Talmud Torah accueille les enfants jusqu’à 3 ans avant leur Bar ou leur Bat Mitsva, pour les préparer non seulement à ce grand événement mais aussi à bien connaitre leur identité juive.

 

 

Pour vous aider, une vidéo sur youtube:

Rachi ce Samedi – La posture de transmission: Un jeu d’enfant?

La transmission… Cela peut-être beaucoup de choses!

Les pédagogues parlent de « la posture pédagogique ». De quoi s’agit-il? Quel rapport avec la paracha béahélotéHa?

Notre paracha de la semaine est pleine d’enseignements sur la pédagogie juive. L’occasion de conclure le cycle annuel d’étude de Rachi en beauté, ce chabbat, à la synagogue MJLF – Surmelin.

Téléchargez ici le texte Rachi 5777 – 7 BeahaloteHa

 

 

Rachi sur BéahalotéHa – Qu’est-ce que la Posture de Transmission ?

Nb 8 :2

Quand tu feras monter Pourquoi le chapitre relatif à la menora fait-il immédiatement suite à celui relatif aux princes ? Parce que Aharon, lorsqu’il a assisté à l’inauguration par les princes, s’est affligé de ne pas avoir été avec eux, ni lui ni sa tribu. Le Saint béni soit-Il lui a alors déclaré : « Par ta vie ! Ta part est plus grande que la leur ! Car c’est toi qui allumeras et entretiendras les lumières » (Midrach Tan‘houma).

Quand tu feras monter Étant donné que la flamme s’élève, le texte emploie pour leur allumage le mot « monter ». L’allumage doit se poursuivre jusqu’à ce que la flamme s’élève d’elle-même. Et nos maîtres ont également déduit de ce verset que devant la menora se trouvait un marchepied sur lequel se tenait le kohen pour l’arranger (Sifri).

Vers le vis-à-vis de la face de la menora Dirigées vers la flamme centrale, laquelle ne se trouvait pas sur les branches mais sur le corps même de la menora.

Éclaireront les sept lampes À raison de six sur les branches, trois à l’est dont les mèches étaient dirigées vers la flamme centrale, et de même les trois à l’ouest dont les mèches étaient dirigées vers la flamme centrale. Pourquoi ? Pour que l’on ne dise pas qu’Il a besoin de sa lumière (Sifri).

 

Nb 8 :3

Ainsi fit Aharon Cela à l’éloge de Aharon qui n’a rien changé [à l’ordre reçu] (Sifri).

 

Nb 8 :4

Et ceci est la confection de la menora Comme si le Saint béni soit-Il la lui avait montrée du doigt. La tâche étant difficile, Il lui a dit : « Et voici… ».

Battue En français médiéval : « batediz », comme dans : « Ils battaient (naqchan) l’un contre l’autre » (Daniel 5, 6). Elle était faite d’un kikar d’or frappé au marteau et coupé au ciseau pour en aplatir les pièces à volonté, et sans que l’on y assemble des pièces détachées.

Jusqu’à son pied, jusqu’à sa fleur Le pied est constitué par la base creuse, comme dans les chandeliers d’argent employés par les nobles.

Jusqu’à son pied, jusqu’à sa fleur C’est-à-dire la totalité de la menora et tout ce qui y était attaché.

Jusqu’à son pied Qui forme une grande pièce.

Jusqu’à (‘ad) sa fleur Qui est un travail de grande finesse, le tout formant un seul bloc. La préposition ‘ad (« jusqu’à ») s’emploie ainsi, comme dans : « depuis les gerbes jusqu’au (we‘ad) blé, et jusqu’aux (we‘ad) oliveraies » (Choftim 15, 5).

Comme ce qui a été montré que Hachem a montré Comme le plan qu’Il lui avait montré sur la montagne (Sifri), comme il est écrit : « Et vois et fais, selon leur plan qu’on t’a montré dans la montagne » (Chemoth 25, 40).

Ainsi fit-il la menora Celui qui l’a fabriquée. Selon le midrach, elle s’est faite automatiquement par l’intervention du Saint béni soit-Il (Midrach Tan‘houma).

 

בְּהַעֲלֹתְךָ, לָמָּה נִסְמְכָה פָּרָשַׁת הַמְּנוֹרָה לְפָרָשַׁת הַנְּשִׂיאִים? לְפִי שֶׁכְּשָׁרָאה אַהֲרֹן חֲנֻכַּת הַנְּשִׂיאִים חָלְשָׁה אָז דַּעְתּוֹ, שֶׁלֹּא הָיָה עִמָּהֶם בַּחֲנֻכָּה לֹא הוּא וְלֹא שִׁבְטוֹ. אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: חַיֶּיךָ, שֶׁלְּךָ גְּדוֹלָה מִשֶּׁלָּהֶם, שֶׁאַתָּה מַדְלִיק וּמֵיטִיב אֶת הַנֵּרוֹת.

בְּהַעֲלֹתְךָ, עַל שֵׁם שֶׁהַלַּהַב עוֹלֶה. כָּתוּב בְּהַדְלָקָתָן לְשׁוֹן « עֲלִיָּה » שֶׁצָּרִיךְ לְהַדְלִיק עַד שֶׁתְּהֵא שַׁלְהֶבֶת עוֹלָה מֵאֵלֶיהָ. וְעוֹד דָּרְשׁוּ רַבּוֹתֵינוּ: מִכָּאן, שֶׁמַּעֲלָה הָיְתָה לִפְנֵי הַמְּנוֹרָה, שֶׁעָלֶיהָ הַכֹּהֵן עוֹמֵד וּמֵיטִיב.

אֶל-מוּל פְּנֵי הַמְּנוֹרָה, אֶל מוּל נֵר הָאֶמְצָעִי שֶׁאֵינוֹ בַּקָּנִים אֶלָּא בְּגוּף שֶׁל מְנוֹרָה.

יָאִירוּ שִׁבְעַת הַנֵּרוֹת, שִׁשָּׁה שֶׁעַל שֵׁשֶׁת הַקָּנִים שְׁלֹשֶׁת הַמִּזְרָחִיִּים פּוֹנִים לְמוּל הָאֶמְצָעִי הַפְּתִילוֹת שֶׁבָּהֶן וְכֵן שְׁלֹשָׁה הַמַּעֲרָבִיִּים רָאשֵׁי הַפְּתִילוֹת לְמוּל הָאֶמְצָעִי, וְלָמָּה? כְּדֵי שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ: לְאוֹרָהּ הוּא צָרִיךְ:

וַיַּעַשׂ כֵּן אַהֲרֹן, (ספרי) לְהַגִּיד שִׁבְחוֹ שֶׁל אַהֲרֹן, שֶׁלֹּא שִׁנָּה:

וְזֶה מַעֲשֵׂה הַמְּנֹרָה, (שם) שֶׁהֶרְאָהוּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בָּאֶצְבַּע, לְפִי שֶׁנִּתְקַשָּׁה בָּהּ, לְכָךְ נֶאֱמַר « וְזֶה ».

מִקְשָׁה, בטדי »ן בְּלַעַז לְשׁוֹן « דָּא לְדָא נָקְשָׁן » (דניאל ה) עֶשֶׁת שֶׁל כִּכַּר זָהָב הָיְתָה וּמַקִּישׁ בְּקֻרְנָס וְחוֹתֵךְ בְּכַשִּׁיל לְפַשֵּׁט אֵיבָרֶיהָ כְּתִקּוּנָן, וְלֹא נַעֲשֵׂית אֵיבָרִים אֵיבָרִים עַל יְדֵי חִבּוּר.

עַד-יְרֵכָהּ עַד-פִּרְחָהּ, « יְרֵכָהּ » הִיא הַשִּׁדָּה שֶׁעַל הָרַגְלַיִם, חָלוּל, כְּדֶרֶךְ מְנוֹרַת כֶּסֶף שֶׁלִּפְנֵי הַשָּׂרִים.

עַד-יְרֵכָהּ עַד-פִּרְחָהּ, כְּלוֹמַר גּוּפָהּ שֶׁל מְנוֹרָה כֻּלָּהּ וְכָל הַתָּלוּי בָּהּ.

עַד-יְרֵכָהּ, שֶׁהוּא אֵיבָר גָּדוֹל.

עַד-פִּרְחָהּ, שֶׁהוּא מַעֲשֶׂה דַּק שֶׁבָּהּ _ הַכֹּל מִקְשָׁה. וְדֶרֶךְ « עַד » לְשַׁמֵּשׁ בִּלְשׁוֹן « זֶה », כְּמוֹ (שופטים טו): « מִגָּדִישׁ וְעַד-קָמָה וְעַד-כֶּרֶם זָיִת ».

כַּמַּרְאֶה אֲשֶׁר הֶרְאָה וְגוֹ’, כַּתַּבְנִית אֲשֶׁר הֶרְאָהוּ בָּהָר, כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (שמות כה): « וּרְאֵה וַעֲשֵׂה בְתַבְנִיתָם וְגוֹ' ».

כֵּן עָשָׂה אֶת-הַמְּנֹרָה, מִי שֶׁעֲשָׂאָהּ . וּמִדְרַשׁ אַגָּדָה: עַל יְדֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא נַעֲשֵׂית מֵאֵלֶיהָ:

Liberté Égalité Fraternité – Solidarité

Un petit partage sympathique de mon article sur l’entre-aide et contre la « charité » publié dans le magazine L’Appel. Bon week-end!

Liberté juive

Alors que les élections sont à nos portes, je prends le temps de vous rappeler la définition qu’Edmond Fleg donne de la victoire:
« Lorsque, rendus dés longtemps aux fraternités des peuples, nous aurons fait avec toi, avec tous les hommes, sur toute la terre, toute la paix, dans toute la justice, alors, seulement, Éternel notre Dieu, roi du monde, assez pour nous! » Voyez également  les quelques mots très forts de Danielle Cohen, Présidente du MJLF sur ce lien.
Et de mon côté, je soumets à vos réflexions ces quelques pensées sur l’entraide, que j’ai eu la chance de partager dans le magazine l’Appel. Encore une nouvelle façon d’affirmer que toutes les dignités humaines sont égales et imprescriptibles.

La charité est-elle encore d’actualité ?

Alors que nos conditions de travail ou celles de nos proches sont parfois de plus en plus précaires, nous pouvons être tentés de nous démarquer des personnes déclassées…

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Un cycle entier de Paracha de la semaine se conclut !

Les vidéos « Sur un pied » initiées il y a deux ans nous ont accompagnées en 2015-2016 pendant une année entière. L’année dernière, Roger W. a décidé de leur donner une forme renouvelée, en réalisant chaque semaine une version écrite de ces vidéos. Ce projet a finalement donné lieu à des articles qui vont bien au-delà d’un simple résumé. Se laissant entraîner par la beauté de nos textes, Roger a en réalité approfondi ses recherches, documenté les sources, et produit des articles originaux que nous avons pu découvrir tout au long de l’année écoulée. Tous les articles « paracha » sont disponibles ici.

Merci à Roger pour ce beau témoignage de son intérêt pour notre synagogue et pour les valeurs juives que nous défendons, celles de l’ouverture, de l’accueil, de la réflexion, et de l’égalité femmes-hommes.

C’est une grande satisfaction pour notre communauté également d’avoir pu, une fois de plus, contribuer à l’articulation du projet personnel d’un des membres à un service communautaire tourné vers le plus grand nombre.

Pour célébrer cet achèvement, nous nous sommes donnés le temps d’un petit débriefing du projet, que nous sommes heureux de partager avec vous.

 

Roger, le projet articles pour « Sur un Pied » s’achève cette semaine. Vous en avez été l’initiateur et le réalisateur de ce projet. Qu’est-ce qui vous a amené à vous engager ?

Ma première motivation a été l’intérêt de ce travail, qui permettait d’apprendre beaucoup de chose, de mobiliser mon cerveau, et de soutenir la synagogue. Apprendre pour redonner était pour moi un vrai plaisir.

Comment vous êtes-vous lancé dans ce projet ?

Ma première question a été de trouver la meilleure façon de structurer ce travail, comment organiser à la fois la démarche et l’article, comment procéder pour que les vidéos donnent un résultat intéressant sous cette nouvelle forme écrite.

Au début j’avais peur de me tromper car je connaissais mal les textes, faire ce travail m’a permis de mieux connaitre les textes de base, d’avoir une connaissance globale, solide et structurée du texte de la Torah.

Quand j’ai commencé j’ai trouvé cela fatiguant, long, très exigeant en termes de temps investi, mais par ailleurs, cela m’intéressait beaucoup de sorte que je ne me suis pas découragé. Dès le troisième article j’ai réalisé que c’était un cycle à terminer absolument, je me suis dit que j’étais « condamné » à aller jusqu’au bout, d’une part pour relever l’entièreté de ce défi, et d’autre part pour que cela ait un sens, car avoir lu et décortiqué l’ensemble de la Torah, c’est vraiment quelque chose.

Effectivement, c’est remarquable ! Et justement, avez-vous éprouvé des difficultés particulières ?

La première difficulté a été de bien comprendre les mots des vidéos, de bien enregistrer, ce n’était pas évident car je découvrais certaines notions, ce qui rend leur identification à l’oral parfois délicate. Une autre complication a été de fouiller dans les textes pour vérifier si ce que je disais était exact. Enfin, je tenais à rester fidèle au message de base, même si je l’exprimais avec des mots différents, et cela aussi a été l’une de mes préoccupations majeures.

Roger, un an d’étude de la Torah, cela représente un investissement personnel considérable et je m’interroge : En quoi faire ce travail vous a changé ?

Il m’a rendu encore plus attaché à mes racines, c’est une épreuve, comme un test presque, pour voir où on en est dans sa judéité, je me suis rendu compte que j’étais bien dans cette judéité, cela m’a confirmé dans le justesse de mon identité religieuse.

Si vous deviez donner un conseil à celui que vous étiez au moment où vous avez entrepris ce travail, quel serait-il ?

Je me suis rendu compte immédiatement -et je ne l’ai pas fait tout de suite- qu’il fallait que je retranscrive mot à mot les vidéos, au début je m’amusais à faire un plan avant d’écrire, et j’ai réalisé que le faire d’un jet était plus efficace. Je me serai conseillé d’aller plus vite, mais en même temps cela me faisait plaisir de prendre mon temps pour explorer.

A l’heure du bilan, je m’interroge sur les qualités que vous avez mobilisées et mises en mouvement pour faire ce travail…

Tout d’abord il y a certainement la curiosité, qui est une manie chez moi. Et certainement mon désir de me rapprocher de mes sources spirituelles. Par ailleurs, j’aime beaucoup écrire, et ce projet m’a donné l’occasion de renouer très régulièrement avec le plaisir d’écrire qui fait partie de moi depuis toujours.

Et certainement vous avez acquis également certaines compétences nouvelles ?

C’est exact, je peux maintenant parler de la torah avec beaucoup plus de précision qu’il y a un an, il y a un an, je ne connaissais la torah qu’à travers quelques extraits, maintenant j’ai pu la passer en revue complètement, en côtoyer tous les passages.  Cela m’a permis de découvrir comment s’était construite la religion juive, de mieux voir ses racines, d’étudier comment et à quel moment elle est apparue. J’ai compris que les hébreux ne sont pas un peuple à proprement parler, pas vraiment une ethnie, mais bien plutôt un groupe de gens qui se rassemblent parce qu’ils partagent des valeurs et des idées.

A votre sens, que devrait-il advenir de ce cadeau que vous avez offert à la synagogue ?

Je les ai imprimés pour moi-même, je souhaite simplement qu’ils continuent à servir et que les connaissances que j’ai acquises soient partagées, on pourrait en faire un fascicule à feuilleter peut-être, qui pourrait être disponible à la synagogue. L’essentiel est que cela puisse continuer à servir aux uns et aux autres, à être partagé. Et pour la suite, tout est ouvert, il est bon de laisser l’avenir nous amener de nouvelles possibilités.

Et sans doute, cher Roger, de reprendre sa respiration ! Merci pour tout, et à très bientôt pour de nouvelles aventures, peut-être autour de Shavouot, qui est justement la fête du don de la Torah !

haine + orgueil + passivité + zèle = destruction

Talmud Babylonien Guitin 55b-56a –« Haine gratuite, Orgueil, Excès de zèle, qui est le vrai coupable ? »

Le crime ? La destruction du Temple. Le coupable ? Difficile à dire. S’agit-il du haineux, de l’orgueilleux, des silencieux, des indécis, ou des trop pointilleux ? Le manque de qualité humaine conjugué sur toute la chaîne de causalité amène au désastre. Comment lire l’histoire de Kamtsa et Bar Kamtsa aujourd’hui, quelles leçons personnelles en tirer ? Quelles valeurs humaines sont cruellement manquantes et qu’apprenons-nous à travers cette histoire sur les sages et leur capacité de remise en question et d’auto-critique ?

(Attention, le texte suivant est traduit à dessein d’une façon proche du texte, pour inviter à participer à l’étude juive dans le respect de sa nature : en face à face, en Hévrouta, avec la compagnie d’un maître. Vous pouvez préparer le texte à l’avance, mais ne restez pas dans cette étape solitaire source de mécompréhension. Merci.)

Pour étudier avec nous au café des Psaumes ce mercredi de 12h30 (accueil à 12h) à 14h, contactez Paule sur facebook ou répondez à cet article en commentaire.

Rabbi YoHanan a dit que signifie le fait qu’est écrit Heureux l’homme constamment timoré! Qui endurcit son cœur tombe dans le malheur pour Kamtsa et Bar Kamtsa Jérusalem a été anéantie pour un coq et une poule Tour Malka a été anéantie pour le pieux d’une charrue Betar a été anéantie pour Kamtsa et Bar Kamtsa Jérusalem a été anéantie parce que cet homme qui aimait Kamtsa et haïssait Bar Kamtsa a fait un repas il a dit à son serviteur va amène-moi Kamtsa il alla et lui amena Bar Kamtsa il vient et trouva celui-là assis il lui dit tu m’es détestable que veux-tu ici lève-toi et pars il lui dit du fait que je suis venu laisse moi rester et je te donnerai la monnaie de ce que j’ai mangé et de ce que j’ai bu

Il lui a dit non il lui a dit je te donnerai la monnaie de la moitié de ton repas il lui a dit non il lui a dit je te donnerai la monnaie de tout ton repas il lui a dit non il l’a pris dans ses main l’a levé et l’a fait sortir il a dit puisque des sages étaient présents et ne l’ont pas empêché je comprends de cela que cela leur convenait il alla et envoya un message à la maison royale il dit au kesar les juifs se révoltent contre toi il lui dit qui a dit cela il lui dit envoie leur une offrande et vois s’ils la sacrifient il alla et envoya dans leurs mains un beau veau pendant qu’il venait il lui fit un défaut à la lèvre supérieure ou certains disent dans le blanc de son œil de telle sorte que pour nous c’est un défaut et pour eux ce n’est pas un défaut les sages ont pensé l’offrir à cause de la paix avec le royaume Rabbi ZeHara fils de Avkoulas on dira les animaux défectueux peuvent être apportés à l’autel ils ont pensé le tuer pour qu’il n’aille pas le dire Rabbi ZaHaria leur dit celui qui fait un défaut dans les saintetés doit-il être mis à mort Rabbi YoHanan a dit l’humilité de Rabbi ZeHaria ben Avkoulas a détruit notre maison a brulé notre sanctuaire et nous a exilé de notre terre

אמר רבי יוחנן מאי דכתיב (משלי כח, יד) אשרי אדם מפחד תמיד ומקשה לבו יפול ברעה אקמצא ובר קמצא חרוב ירושלים אתרנגולא ותרנגולתא חרוב טור מלכא אשקא דריספק חרוב ביתר אקמצא ובר קמצא חרוב ירושלים דההוא גברא דרחמיה קמצא ובעל דבביה בר קמצא עבד סעודתא אמר ליה לשמעיה זיל אייתי לי קמצא אזל אייתי ליה בר קמצא אתא אשכחיה דהוה יתיב אמר ליה מכדי ההוא גברא בעל דבבא דההוא גברא הוא מאי בעית הכא קום פוק אמר ליה הואיל ואתאי שבקן ויהיבנא לך דמי מה דאכילנא ושתינא

אמר ליה לא אמר ליה יהיבנא לך דמי פלגא דסעודתיך אמר ליה לא אמר ליה יהיבנא לך דמי כולה סעודתיך א »ל לא נקטיה בידיה ואוקמיה ואפקיה אמר הואיל והוו יתבי רבנן ולא מחו ביה ש »מ קא ניחא להו איזיל איכול בהו קורצא בי מלכא אזל אמר ליה לקיסר מרדו בך יהודאי א »ל מי יימר א »ל שדר להו קורבנא חזית אי מקרבין ליה אזל שדר בידיה עגלא תלתא בהדי דקאתי שדא ביה מומא בניב שפתים ואמרי לה בדוקין שבעין דוכתא דלדידן הוה מומא ולדידהו לאו מומא הוא סבור רבנן לקרוביה משום שלום מלכות אמר להו רבי זכריה בן אבקולס יאמרו בעלי מומין קריבין לגבי מזבח סבור למיקטליה דלא ליזיל ולימא אמר להו רבי זכריה יאמרו מטיל מום בקדשים יהרג אמר רבי יוחנן ענוותנותו של רבי זכריה בן אבקולס החריבה את ביתנו ושרפה את היכלנו והגליתנו

Texte à télécharger en cliquant sur le lien suivant: talmud 5777 -8 guitin 55b 56a

Naomi, la solitaire accompagnée

Le livre de Ruth : approche pédagogique de la solitude et de la socialité – Bible et Pédagogie 5, c’est déjà dimanche prochain, à Nation/Ganénou. Pour les parents et tous ceux qui aiment la pédagogie.

Qu’est-ce que la solitude ? Qu’est-ce qui nous rend solitaires ? Noémie  a tout perdu dans une terre lointaine, avant de retrouver du lien personnel et du lien social. Que signifie notre attachement social ? Comment réagir quand on est isolé ? Comment rester ouvert au lien quand on pourrait sombrer dans la détresse ? Ce n’est pas chose facile. Le triomphe sur la solitude, c’est l’une des portes d’entrée vers un monde de paix et de justice, symbolisée par le commencement de la lignée du Roi David.

En accueillant l’autre, Noémie accède à un retour dans la société qui est la sienne.

Comment réagissons-nous face à ces questions ? Nous laissons-nous toucher par l’histoire de Noémie de de Ruth ? En racontant cette histoire simple, sommes-nous capables de partager cela avec nos enfants ?

(Attention, le texte suivant est repris de la traduction en français par le rabbinat. Le texte biblique ne doit pas être statique et les traductions ont tendance à appauvrir. Nous vous invitons à participer à l’étude juive dans le respect de sa nature : en face à face, en Hévrouta, avec la compagnie d’un maître.  Merci.)

Pour étudier avec nous à Ganénou-Nation ce dimanche de 10h (accueil à 9h30) à 11h15, contactez Raffaella ou répondez à cet article en commentaire.

I 1 A l’époque où gouvernaient les Juges, il y eut une famine dans le pays; un homme quitta alors Bethléem en Juda pour aller séjourner dans les plaines de Moab, lui, sa femme et ses deux fils. 2 Le nom de cet homme était Elimélec, celui de sa femme Noémi; ses deux fils s’appelaient Mahlon et Kilion; c’étaient des Ephratites de Bethléem en Juda. Arrivés sur le territoire de Moab, ils s’y fixèrent. 3 Elimélec, l’époux de Noémi, y mourut, et elle resta seule avec ses deux fils. 4 Ceux-ci épousèrent des femmes moabites, dont l’une s’appelait Orpa et l’autre Ruth; et ils demeurèrent ensemble une dizaine d’années. 5 Puis Mahlon et Kilion moururent à leur tour tous deux, et la femme resta seule, privée de ses deux enfants et de son mari. 6 Elle se disposa alors, ainsi que ses brus, à abandonner les plaines de Moab; car elle avait appris dans les plaines de Moab que l’Eternel, s’étant ressouvenu de son peuple, lui avait donné du pain. 7 Elle sortit donc de l’endroit qu’elle avait habité, accompagnée de ses deux brus; mais une fois qu’elles se furent mises en route pour revenir au pays de Juda, 8 Noémi dit à ses deux brus: « Rebroussez chemin et rentrez chacune dans la maison de sa mère. Puisse le Seigneur vous rendre l’affection que vous avez témoignée aux défunts et à moi! 9 Qu’à toutes deux l’Éternel fasse retrouver une vie paisible dans la demeure d’un nouvel époux! » Elle les embrassa, mais elles élevèrent la voix en sanglotant, 10 et lui dirent: « Non, avec toi nous voulons nous rendre auprès de ton peuple. » 11 Noémi reprit: « Rebroussez chemin, mes filles; pourquoi viendriez-vous avec moi? Ai-je encore des fils dans mes entrailles, qui puissent devenir vos époux? 12 Allez, mes filles, retournez-vous-en, car je suis trop âgée pour être à un époux. Dussé-je même me dire qu’il est encore de l’espoir pour moi, que je pourrais appartenir cette nuit à un homme et avoir des enfants, 13 voudriez-vous attendre qu’ils fussent devenus grands, persévérer dans le veuvage à cause d’eux et refuser toute autre union? Non, mes filles, j’en serais profondément peinée pour vous, car, Ia main du Seigneur s’est appesantie sur moi. » 14 De nouveau elles élevèrent la voix et sanglotèrent longtemps; puis Orpa embrassa sa belle-mère, tandis que Ruth s’attachait à ses pas. 15 Alors Noémi dit: « Vois, ta belle-sœur est retournée à sa famille et à son dieu; retourne toi aussi et suis ta belle-sœur. » 16 Mais Ruth répliqua: « N’insiste pas près de moi, pour que je te quitte et m’éloigne de toi; car partout où tu iras, j’irai; où tu demeureras, je veux demeurer; ton peuple sera mon peuple et ton Dieu sera mon Dieu; 17 là où tu mourras, je veux mourir aussi et y être enterrée. Que l’Eternel m’en fasse autant et plus, si jamais je me sépare de toi autrement que par la mort! » 18 Noémi, voyant qu’elle était fermement décidée à l’accompagner, cessa d’insister près d’elle. 19 Elles marchèrent donc ensemble jusqu’à leur arrivée à Bethléem. Quand elles entrèrent à Bethléem, toute la ville fut en émoi à cause d’elles, et les femmes s’écrièrent: « N’est-ce pas Noémi? » 20 Elle leur dit: « Ne m’appelez plus Noémi, appelez-moi Mara, car l’Eternel m’a abreuvée d’amertume. 21 Je suis partie d’ici comblée de biens, et le Seigneur me ramène les mains vides. Pourquoi me nommeriez-vous Noémi, alors que l’Eternel m’a humiliée et que le Tout-Puissant m’a infligé des malheurs? » 22 C’est ainsi que Noémi était revenue des plaines de Moab, accompagnée de sa bru, Ruth la Moabite. Le moment de leur arrivée à Bethléem coïncidait avec le début de la moisson des orges.

II 1 Or, Noémi se connaissait un parent de son mari, un homme considérable par sa richesse, de la famille d’Elimélec, et qui se nommait Booz. 2 Ruth la Moabite dit un jour à Noémi: « Je voudrais aller dans les champs glaner des épis à la suite de celui qui me ferait bon accueil. » Noémi lui répondit: « Va, ma fille. » 3 Elle alla donc et s’en vint glaner dans un champ derrière les moissonneurs; le hasard l’avait conduite dans une pièce de terre appartenant à Booz, de la famille d’Elimélec. 4 Voilà que Booz arrivait justement de Bethléem; il dit aux moissonneurs:  » Que le Seigneur soit avec vous! » Et eux de répliquer: « Le Seigneur te bénisse! » 5 Booz demanda à son serviteur qui dirigeait les moissonneurs: « A qui cette jeune fille? » 6 Le serviteur chargé de surveiller les moissonneurs répondit: « C’est une jeune fille moabite, celle qui est venue avec Noémi des plaines de Moab. 7 Elle nous a dit: Je voudrais glaner et recueillir des épis près des tas de gerbes, à la suite des moissonneurs. Ainsi elle est venue, et elle se trouve ici depuis le matin jusqu’à présent, tant son séjour à la maison a été de courte durée. » 8 Booz dit alors à Ruth: « Entends-tu, ma fille, ne va pas glaner dans un autre champ, et ne t’éloigne pas d’ici; attache-toi de la sorte aux pas de mes jeunes servantes. 9 Aie les yeux fixés sur le champ qu’elles moissonneront et marche à leur suite; j’ai bien recommandé aux jeunes gens de ne pas te molester; si tu as soif, va où sont les vases et bois de ce que les jeunes gens auront puisé. » 10 Ruth se jeta la face contre terre, se prosterna et lui dit: « Comment ai-je pu trouver grâce à tes yeux, pour que tu t’intéresses à moi, qui suis une étrangère? » 11 Booz lui répliqua en disant: « On m’a fidèlement rapporté tout ce que tu as fait pour ta belle-mère après la mort de ton mari: que tu as quitté ton père, ta mère et ton pays natal pour te rendre auprès d’un peuple que tu ne connaissais ni d’hier ni d’avant-hier. 12 Que l’Eternel te donne le prix de ton œuvre de dévouement! Puisses-tu recevoir une récompense complète du Seigneur, Dieu d’Israël, sous les ailes duquel tu es venue t’abriter! »

IV 11 Tout le peuple qui se trouvait à la porte et les anciens répondirent: « Nous sommes témoins! Que l’Eternel rende l’épouse qui va entrer dans ta maison semblable à Rachel et à Léa, qui ont édifié à elles deux la maison d’Israël! Toi-même, puisses-tu prospérer à Efrata et illustrer ton nom à Bethléem! 12 Que ta maison soit comme la maison de Péréç, que Tamar enfanta à Juda, grâce aux enfants que le Seigneur te fera naître de cette femme! » 13 Booz épousa donc Ruth, elle devint sa compagne et il cohabita avec elle. L’Eternel accorda à Ruth le bonheur de devenir mère: elle mit au monde un fils. 14 Alors les femmes dirent à Noémi: « Loué soit l’Eternel qui, dès ce jour, ne te laisse plus manquer d’un défenseur! Puisse son nom être illustre en Israël! 15 Puisse-t-il devenir le consolateur de ton âme, l’appui de ta vieillesse, puisqu’aussi bien c’est ta bru qui l’a mis au monde, elle qui t’aime tant et qui est meilleure pour toi que sept fils! » 16 Noémi prit le nouveau-né, le mit sur son giron et se chargea de lui donner ses soins. 17 Et les voisines désignèrent l’enfant en disant: « Un fils est né à Noémi. » Et elles l’appelèrent Obed. Celui-ci devint le père de Jessé, père de David. 18 Or, voici quels furent les descendants de Péréç: Péréç engendra Héçron; 19 Héçron engendra Râm et Râm engendra Amminadab; 20 Amminadab engendra Nahchon et Nahchon engendra Salmâ; 21 Salmâ engendra Booz et Booz engendra Obed; 22 Obed engendra Jessé, et Jessé engendra David.

(texte tiré de http://sefarim.fr/)

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