Le commentaire est-il tout puissant? Étude de Shavouot 5777

Commenter, remanier, « déraciner » le texte révélé, n’est-ce pas un acte sacrilège?
Notre tradition se fonde sur une conception très particulière du texte vivant et de son élaboration.
Remanier et commenter, provoquer et contredire, deviennent pour nous des actes fondateurs. Désacraliser un texte qui risquerait de devenir porteur d’idolâtrie, c’est lui restituer son statut réel. Nos questions sont le fondement de l’éternité du texte de la Torah.
Alors que nous commémorons le « don de la Torah au mont Sinaï » à Shavouot, nous commémorons également le don sans cesse renouvelé de la Torah, à chaque instant de nos vies.

 Office du soir : mardi 30 mai       18h45-19h15
Dîner et soirée d’étude               19h30-2h
Office du matin : mercredi 31 mai 10h-12h30
Inscription au dîner obligatoire auprès de Catherine Klein

(thématiques: mets lactés, gâteaux de légumes et tartes salées à grignoter, fruits et gâteaux au fromage, merci de prévoir avec Catherine pour convenir d’une participation adaptée).
Inscription à l’office du mercredi matin souhaitée, faites–nous savoir que nous pouvons compter sur vous pour le minian ! http://doodle.com/poll/renriqr9uzcq2uxu

19h30   Ouverture : Rabbin Chinsky                                                 Le commentaire est-il tout puissant?

Que Dieu a-t-il donné exactement sur le mont Sinaï? Tout le monde s’accorde pour dire qu’il a donné la Torah, mais quelle torah? Le pentateuque, repris par l’ensemble des traditions monothéistes? La torah orale, qui est au coeur de l’étude juive? Laquelle de ces deux torot devrait-elle avoir la préséance? Par quelle impertinence les rabbins de tous temps se permettent-ils de renouveler les commentaires ? Quelle est la légitimité de ces interprétations ? A travers cette petite séance introductive, nous présenterons les questions fondamentales qui s’alimenteront des conférences suivantes.                                                                                                     Début du repas

20h30   Jacques Neuburger                                                           Quand la Bible se commente elle-même!

Nous connaissons bien les  grands ouvrages classiques de commentaires du texte biblique  comme les midrashim ou les textes majeurs de discussion fondés sur la bible comme le Talmud de Babylone ou celui de Jérusalem. Mais dans quelle mesure les textes constituant notre Tanakh se répondent-ils les uns aux autres, instituant ainsi un dialogue au sein même de l’édifice biblique ? Dans quelle mesure pourrait-on dire que la Bible se commente elle-même ?                                                                                                                          Repas – suite

21h30   SimHa Neuburger                                    Talmud: La faute des pères retombe-t-elle sur les  fils?

La torah nous dit: les parents ont mangé du verjus et les enfants ont les dents agacées. Cela signifie-t-il que la faute des parents retombe systématiquement sur leurs enfants? Ce serait scandaleux, et fort heureusement, tel n’est pas le propos de la torah ni de la tradition juive. Nous étudierons au cours de cette séance les différentes sources de la torah et du talmud qui éclairent cette question.                                                  Sucré

22h30  Ann-Gael Attias                               Moyen-âge : La faute des mères retombe-t-elle sur les filles ?  

Les femmes sont-elles des tentatrices ? Sont-elles des épouses vertueuses ? Comment la femme s’est-elle transformée en « reine du foyer »? Le commentaire de la torah a longtemps eu un regard dur sur la femme « tentatrice ». Au moyen âge, l’interprétation rend sa place aux femmes! Les sages du moyen-âge ont une influence fondamentale sur cette évolution.

23h30  Conclusion:                                                                             Quel commentaire pour aujourd’hui?
Après cette présentation générale et ces quelques exemples, nous avons une vision plus claire de ce qu’est le commentaire de la Torah. Nous pouvons alors nous adresser à cette question fondamentale: Quelle est notre part personnelle dans la construction de la Torah? Comment, à travers-nous, ses valeurs peuvent-elles prendre leur essor? Quelle est la part juste et légitime de notre vision personnelle qui peut venir nourrir la réflexion bimillénaire autour de nos textes?                                                                         Thé, café, gâteaux
00h30   Hevroutot                                                    Etudes de textes divers proposés par les intervenants

Donner = recevoir ? Recevoir = donner ? Rachi ce chabbat au MJLF-est

La paracha émor évoque entre autre des règles concernant la pureté des prêtres. Ce passage est difficile à aborder. Quelque chose de profondément écologique et humaniste pourrait-il se cacher derrière ces commandements arrides? C’est ce que nous tenterons de soutenir samedi matin à travers l’étude de la paracha et du commentaire de Rachi, autour de la paracha Emor, et plus particulièrement des chapitres 21 et 22 du Lévitique.

Télécharger le texte en suivant le lien suivant: Rachi et Lévitique 21 et 22.

Lev. 21 :4    Ne se rendra pas impur, un mari dans ses peuples, pour se profaner Il ne se rendra pas impur pour sa femme illégitime par laquelle il s’est rendu ‘hallal (« profané ») aussi longtemps qu’elle a été avec lui. Et voici le sens littéral du verset : Le mari ne se rendra pas impur pour celle qui lui est sa parente aussi longtemps qu’elle est parmi le peuple auquel il appartient, ce qui veut dire : aussi longtemps qu’il y a des personnes qui l’enterreront et qu’elle n’est pas un cadavre sans répondant. Et de quelle parente s’agit-il ? De celle par laquelle il s’est rendu ‘hallal et a perdu sa qualité de kohen.

21 :7   Zona Une femme qui a eu un rapport sexuel avec un des enfants d’Israël qui lui est interdit, comme ceux qui sont passibles de kareth, ou un nathin (V. Yehochou‘a 9, 27) ou un mamzèr (Yevamoth 61b).       Profanée (‘halala) Une femme née d’une union interdite au kohen, comme la fille d’une veuve mariée à un kohen gadol ou la fille d’une divorcée ou d’une ‘haloutsa (V. Devarim 25, 9) mariée à un kohen ordinaire, et aussi celle qui est devenue ‘halala (« profanée ») comme ayant cohabité avec un kohen inapte à la prêtrise (Qid 77a).

21 :11  Et sur aucune âme d’un mort Il ne viendra pas dans la tente où repose un mort.     Âme morte Jusqu’à un quart [de log] de sang, lequel rend impur « dans la tente » (Nazir 38a).     Pour son père ni pour sa mère il ne se rendra pas impur Ces mots sont destinés à permettre de se rendre impur pour un mort sans répondant (meth mitswa) (Torath kohanim).

21 :15 Et il ne profanera pas sa descendance S’il épouse, en revanche, une de celles qui lui sont interdites, la descendance issue de leur union sera exclue comme ‘halala (« profanée ») du statut de sainteté de la prêtrise (Qiddouchin 77b).

22 :2, 3   Ils s’écarteront (weyinozrou) L’idée de nezira implique toujours celle de séparation. Il en est de même dans : « Il écarte (weyinnazér) de moi » (Ye‘hezqèl 14, 7), ou dans : « Ils se sont écartés (nazorou) au loin » (Yecha’yah 1, 4). Qu’ils s’abstiennent des choses saintes lorsqu’ils sont impurs. Autre explication : « Ils s’écarteront des saintetés des fils d’Israël qui elles, me sanctifient, et ils ne profaneront pas le nom de ma sainteté. » Inverse le verset et explique-le !

Qu’ils me sanctifient Y compris les offrandes des kohanim eux-mêmes.

Tout homme qui s’approchera Cette « approche » ne signifie rien d’autre que l’acte de manger. Il arrive aussi que l’interdiction de consommer des offrandes en état d’impureté soit appelée « toucher » : « à tout objet de sainteté elle ne touchera pas » (supra 12, 4), c’est-à-dire une défense de manger. Nos maîtres l’ont déduit (Yevamoth 75a) par un raisonnement faisant appel à deux textes qui contiennent le même mot (guezéra chawa). Il est impossible de dire que l’interdiction porte sur le « toucher » au sens littéral du terme. La peine de kareth est en effet stipulée à deux reprises, très proches l’une de l’autre (supra 7, 20 et 21) dans la sidra Tsaw, pour la consommation. Or, si le simple contact était également visé, il serait inutile d’ajouter la consommation. C’est ce que l’on explique dans Torath kohanim : Celui qui touche est-il coupable ? Dans l’affirmative, pourquoi le texte précise-t-il : « s’approchera » ? Cela veut dire : « dès que l’offrande est apte à être “approchée” », car on n’est coupable d’avoir consommé en état d’impureté qu’après la présentation des parties qui rendent l’offrande autorisée, [à savoir celle du sang et du suif]. Sans doute te demanderas-tu : Pourquoi est-il question à trois reprises de la peine de kareth à propos de l’impureté des kohanim ? Cela a été expliqué dans le traité Chevou‘oth (7a) : Une première fois comme « règle générale » et une fois comme « détail », etc.        Et son impureté est sur lui C’est l’impureté de l’homme lui-même. J’aurais pu penser que ce fût celle de la viande, et que l’impureté de la viande s’attachât à lui. Le texte viserait alors un homme en état de pureté qui consommerait de ce qui est impur. Mais il faut nécessairement conclure du sens du verset que le texte parle de quelqu’un dont l’impureté est « volatile », et cela n’est le cas que pour celui qui peut se purifier par immersion.

Cette âme-là sera retranchée… J’aurais pu penser qu’elle fût bannie d’un endroit à un autre, expulsée de son lieu de naissance et contrainte de s’installer ailleurs. Aussi est-il écrit : « Je suis Hachem » – partout où je suis.

23 :4   Six jours Quel rapport le Chabath a-t-il avec les fêtes ? C’est pour t’enseigner que quiconque profane les fêtes est considéré comme s’il profanait le Chabath, et que quiconque observe les fêtes est considéré comme s’il observait le Chabath.

לֹא יִטַּמָּא בַּעַל בְּעַמָּיו לְהֵחַלּוֹ, לֹא יִטַּמָּא לְאִשְׁתּוֹ פְּסוּלָה, שֶׁהוּא מְחֻלָּל בָּהּ בְּעוֹדָהּ עִמּוֹ. וְכֵן פְּשׁוּטוֹ שֶׁל מִקְרָא: לֹא יִטַּמָּא בַּעַל בִּשְׁאֵרוֹ, בְּעוֹד שֶׁהוּא בְּתוֹךְ עַמָּיו, שֶׁיֵּשׁ לָהּ קוֹבְרִין, שֶׁאֵינָהּ מֵת מִצְוָה. וּבְאֵיזֶה ‘שְׁאֵר’ אָמַרְתִּי? בְּאוֹתוֹ שֶׁהוּא ‘לְהֵחַלּוֹ’, לְהִתְחַלֵּל הוּא מִכְּהֻנָּתוֹ:

זֹנָה, שֶׁנִּבְעֲלָה בְּעִילַת יִשְׂרָאֵל הָאָסוּר לָהּ, כְּגוֹן חַיָּבֵי כְּרֵתוֹת, אוֹ נָתִין, אוֹ מַמְזֵר.

חֲלָלָה: חֲלָלָה, שֶׁנּוֹלְדָה מִן הַפְּסוּלִים שֶׁבַּכְּהֻנָּה, כְּגוֹן בַּת אַלְמָנָה מִכֹּהֵן גָּדוֹל, אוֹ בַּת גְּרוּשָׁה וַחֲלוּצָה מִכֹּהֵן הֶדְיוֹט וְכֵן שֶׁנִּתְחַלְּלָה מִן הַכְּהֻנָּה עַל-יְדֵי בִּיאַת אֶחָד מִן הַפְּסוּלִים לַכְּהֻנָּה:

וְעַל כָּל-נַפְשֹׁת מֵת, בְּאֹהֶל הַמֵּת.

נַפְשֹׁת מֵת, לְהָבִיא רְבִיעִית דָּם מִן הַמֵּת, שֶׁמְּטַמֵּא בָּאֹהֶל.

לְאָבִיו וּלְאִמּוֹ לֹא יִטַּמָּא, לֹא בָּא אֶלָּא לְהַתִּיר לוֹ מֵת מִצְוָה:

וְלֹא-יְחַלֵּל זַרְעוֹ, הָא אִם נָשָׂא אַחַת מִן הַפְּסוּלוֹת זַרְעוֹ הֵימֶנָּה חָלָל מִדִּין קְדֻשַּׁת כְּהֻנָּה:

וְיִנָּזְרוּ, אֵין ‘נְזִירָה’ אֶלָּא פְּרִישָׁה; וְכֵן הוּא אוֹמֵר (יחזקאל יד, ז): « וַיִּנָּזֵר מֵאַחֲרַי »; (ישעיה א, ד): « נָזֹרוּ אָחוֹר », יִפְרְשׁוּ מִן הַקֳּדָשִׁים בִּימֵי טֻמְאָתָן. דָּבָר אַחֵר: וַיִּנָּזְרוּ מִקָּדְשֵׁי בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר הֵם מַקְדִּשִׁים לִי, וְלֹא יְחַלְּלוּ אֶת-שֵׁם קָדְשִׁי, סָרֵס הַמִּקְרָא וְדָרְשֵׁהוּ.

אֲשֶׁר הֵם מַקְדִּשִׁים לִי, לְרַבּוֹת קָדְשֵׁי כֹּהֲנִים עַצְמָן:

כָּל-אִישׁ אֲשֶׁר-יִקְרַב, אֵין ‘קְרִיבָה’ זוֹ אֶלָּא אֲכִילָה. וְכֵן מָצִינוּ שֶׁנֶּאֶמְרָה אַזְהָרַת אֲכִילַת קָדָשִׁים בְּטֻמְאָה בִּלְשׁוֹן ‘נְגִיעָה’: « בְּכָל קֹּדֶשׁ לֹא-תִגָּע » (ויקרא יב, ד) _ אַזְהָרָה לָאוֹכֵל; וּלְמָדוּהָ רַבּוֹתֵינוּ מִגְּזֵרָה שָׁוָה וְאִי אֶפְשָׁר לוֹמַר שֶׁחַיָּב עַל הַנְּגִיעָה, שֶׁהֲרֵי נֶאֱמַר כָּרֵת עַל הָאֲכִילָה בְּ »צַו אֶת אַהֲרֹן », שְׁתֵּי כְּרֵתוֹת זוֹ אֵצֶל זוֹ, וְאִם עַל הַנְּגִיעָה חַיָּב, לֹא הֻצְרַךְ לְחַיְּבוֹ עַל הָאֲכִילָה; וְכֵן נִדְרַשׁ בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים: וְכִי יֵשׁ נוֹגֵעַ חַיָּב? אִם-כֵּן, מַה תַּלְמוּד לוֹמַר « יִקְרַב? » מִשֶּׁיֻּכְשַׁר לְהִקָּרֵב, שֶׁאֵין חַיָּבִין עָלָיו מִשּׁוּם טֻמְאָה אֶלָּא אִם כֵּן קָרְבוּ מַתִּירָיו וְאִם תֹּאמַר שָׁלֹשׁ כְּרֵתוֹת בְּטֻמְאַת כֹּהֲנִים לָמָּה? כְּבָר נִדְרְשׁוּ בְּמַסֶּכֶת ‘שְׁבוּעוֹת’ אַחַת לַכְּלָל וְאַחַת לַפְּרָט וְכוּ’.

וְטֻמְאָתוֹ עָלָיו, וְטֻמְאַת הָאָדָם עָלָיו. יָכוֹל, בַּבָּשָׂר הַכָּתוּב מְדַבֵּר, וְטֻמְאָתוֹ שֶׁל בָּשָׂר עָלָיו, וּבְטָהוֹר שֶׁאָכַל אֶת הַטָּמֵא הַכָּתוּב מְדַבֵּר עַל כָּרְחֲךָ מִמַּשְׁמָעוֹ אַתָּה לָמֵד בְּמִי שֶׁטֻּמְאָתוֹ פּוֹרַחַת מִמֶּנּוּ ב הַכָּתוּב מְדַבֵּר. וְזֶהוּ הָאָדָם שֶׁיֵּשׁ לוֹ טָהֳרָה בַּטְּבִילָה.

וְנִכְרְתָה וְגוֹ‘, יָכוֹל, מִצַּד זֶה לְצַד זֶה, יִכָּרֵת מִמְּקוֹמוֹ וְיִתְיַשֵּׁב בְּמָקוֹם אַחֵר? תַּלְמוּד לוֹמַר: « אֲנִי ה' » _ בְּכָל מָקוֹם אֲנִי:

שֵׁשֶׁת יָמִים, מָה עִנְיַן שַׁבָּת אֵצֶל מוֹעֲדוֹת? לְלַמֶּדְךָ שֶׁכָּל הַמְחַלֵּל אֶת הַמּוֹעֲדוֹת, מַעֲלִין עָלָיו כְּאִלּוּ חִלֵּל אֶת הַשַּׁבָּתוֹת, וְכָל הַמְקַיֵּם אֶת הַמּוֹעֲדוֹת, מַעֲלִין עָלָיו כְּאִלּוּ קִיֵּם אֶת הַשַּׁבָּתוֹת:

Savoir donner, c’est tout un art! Rachi, ce samedi 4 mars

Qu’est-ce que le don gratuit? Comment la paracha Térouma décrit-elle le don, et que nous apprend Rachi?

La feuille d’étude est disponible en téléchargement sur le lien suivant:rachi-5777-5-terouma

Attention! La Torah s’étudie avant tout avec un maître. Le matériel « brut » est à utiliser avec précaution.

A samedi (accueil 9h15, début 9h30) et   שבת שלום

Rachi sur Exode  25 :2-5  

Ils prendront pour moi une offrande prélevée Pour moi, à mon intention.

Une offrande prélevée Un prélèvement. Qu’ils la prélèvent pour moi sur leurs biens à titre d’hommage spontané.

Rendra spontané (yidvènnou) Le mot nedava évoque l’idée de bonne volonté, en français : « présent ».

Vous prendrez mon offrande prélevée Nos maîtres ont enseigné (Meguila 29b) que les trois fois où figure ici le mot terouma (« offrande prélevée ») correspondent successivement à l’offrande d’un bèqa’ par tête dont on fera les socles d’argent, ainsi qu’il est expliqué dans la sidra Peqoudei (infra 38, 26–27), à celle d’un bèqa’ par tête déposé dans les troncs pour l’achat des sacrifices collectifs, et à celle des dons pour le tabernacle, telle qu’elle a été laissée à la générosité de chacun. Les treize matériaux qui sont énumérés ici étaient tous nécessaires aux travaux de construction du tabernacle ou aux vêtements sacerdotaux, ainsi que l’on s’en rendra compte en y prêtant attention.

De l’or et de l’argent et du cuivre… Tous été offerts spontanément, selon la générosité de chacun, à l’exception de l’argent qui a été offert à égalité : un demi-chèqel par personne. Et l’on ne découvre pas, dans tout le récit de la construction du tabernacle, qu’il y ait eu besoin de plus d’argent, comme il est écrit : « et l’argent produit du recensement de l’assemblée… un bèqa’ par tête » (infra 38, 25 – 26), le reste de l’argent offert spontanément ayant été utilisé pour la fabrication des ustensiles de culte.

De l’azur De la laine teinte du sang du ‘hilazon, de couleur verte (Yevamoth 4b, Mena‘hoth 44a).

Et de la pourpre De la laine teinte d’une couleur appelée argaman.

Et du lin (chéch) Synonyme de pichtan (Yevamoth 4b).

Et des chèvres Il s’agit du duvet de chèvres. Aussi le Targoum Onqelos traduit-il par : oum‘azei (« quelque chose qui vient des chèvres »), alors qu’il rend : « les chèvres » elles-mêmes par : ‘azia.

Teintes en rouge Elles étaient teintes en rouge après tannage.

Te‘hachim C’est une espèce animale qui n’a existé que pour la circonstance (Chabath 28b). Elle portait de multiples couleurs et le Targoum Onqelos traduit par sasgouna : elle se réjouissait (sass) et se glorifiait de sa polychromie (gavna).

Et des bois de chittim Mais d’où en avaient-ils dans le désert ? Rabbi Tan‘houma a expliqué : Notre ancêtre Ya‘aqov avait prévu, grâce à son esprit saint, qu’Israël construirait un jour un tabernacle dans le désert. Aussi a-t-il introduit des cèdres en Egypte, qu’il a plantés, et il a ordonné à ses enfants de les emporter lors de leur sortie d’Egypte.

וְיִקְחוּ לִי תְרוּמָה. לִי לִשְׁמִי:

תְּרוּמָה. הַפְּרָשָׁה יַפְרִישׁוּ לִי מִמָּמוֹנָם נְדָבָה:

יִדְבֶנּוּ לִבּוֹ. לָשׁוֹן נְדָבָה וְהוּא לָשׁוֹן רָצוֹן טוֹב פיישׁנ »ט בּלע »ז:

תִּקְחוּ אֶת תְּרוּמָתִי. אָ »ר ג’ תְּרוּמוֹת אֲמוּרוֹת כָּאן. אַחַת תְּרוּמַת בֶּקַע לַגֻּלְגֹלֶת שֶׁנַּעֲשׂוּ מֵהֶם הָאֲדָנִים כְּמוֹ שֶׁמְּפוֹרָשׁ בְּאֵלֶּה פְקוּדֵי. וְאַחַת תְּרוּמַת הַמִּזְבֵּחַ בֶּקַע לַגֻּלְגֹלֶת לַקּוּפּוֹת לִקְנוֹת מֵהֶן קָרְבְּנוֹת צִבּוּר. וְאַחַת תְּרוּמַת הַמִּשְׁכָּן נִדְבַת כָּל אֶ’ וְאֶ’ שֶׁהִתְנַדְּבוּ. י »ג דְּבָרִים הָאֲמוּרִים בָּעִנְיָן כֻּלָּם הֻצְרְכוּ לִמְלֶאכֶת הַמִּשְׁכָּן אוֹ לְבִגְדֵי כְּהוּנָה כְּשֶׁתְּדַקְדֵּק בָּהֶם:

זָהָב וָכֶסֶף וּנְחֹשֶׁת וְגוֹ’. כֻּלָּם בָּאוּ בִּנְדָבָה אִישׁ אִישׁ מַה שֶּׁנָּדְבוֹ לִבּוֹ חוּץ מִן הַכֶּסֶף שֶׁבָּא בְּשָׁוֶה מַחֲצִית הַשֶּׁקֶל לְכָל אֶחָד. וְלֹא מָצִינוּ בְּכָל מְלֶאכֶת הַמִּשְׁכָּן שֶׁהֻצְרָךְ שָׁם כֶּסֶף יוֹתֵר שֶׁנֶּאֱמַר וְכֶסֶף פְּקוּדֵי הָעֵדָה וְגוֹ’ בֶּקַע לַגֻּלְגֹלֶת וְגוֹ’ וּשְׁאָר הַכֶּסֶף הַבָּא שָׁם בִּנְדָבָה עֲשָׂאוּהָ לִכְלֵי שָׁרֵת:

וּתְכֵלֶת. צֶמֶר צָבוּעָ בְּדָם חִלָּזוֹן וְצִבְעוֹ יָרוֹק:

וְאַרְגָּמָן. צֶמֶר צָבוּעַ מִמִּין צֶבַע שֶׁשְּׁמוֹ אַרְגָּמָן:

וְשֵׁשׁ. הוּא פִּשְׁתָּן:

וְעִזִּים. נוֹצָה שֶׁל עִזִּים לְכָךְ תִּ »א וּמֵעִזֵּי דָּבָר הַבָּא מִן הָעִזִּים וְלֹא עִזִּים עַצְמָן שֶׁתַּרְגוּם שֶׁל עִזִּים עִזַּיָא:

מְאֳדָמִים. צְבוּעוֹת הָיוּ אָדוֹם לְאַחַר עִבּוּדָן:

תְּחָשִׁים. מִין חַיָּה וְלֹא הָיְתָה אֶלָּא לְשָׁעָה וְהַרְבֵּה גְּוַנִּים הָיוּ לָהּ לְכָךְ מִתָּרְגָם סַסְגוֹנָא שֶׁשָּׂשׂ וּמִתְפָּאֵר בִּגְוַנִּין שֶׁלּוֹ:

וַעֲצֵי שִׁטִּים. וּמֵאַיִן הָיוּ לָהֶם בַּמִּדְבָּר פֵּרַשׁ רַבִּי תְּנחוּמָא יַעֲקֹב אָבִינוּ צָפָה בְּרוּחַ הַקֹּדֶשׁ שֶׁעֲתִידִין יִשְׂרָאֵל לִבְנוֹת מִשְׁכָּן בַּמִּדְבָּר וְהֵבִיא אֲרָזִים לְמִצְרַיִם וְנָטְעָם וְצִוָּה לְבָנָיו לִטְלָם עִמָּהֶם כְּשֶׁיֵּצְאוּ מִמִּצְרַיִם:

 

La mort, notre dernière transmission – Cycle « Culture Juive » mardi 15 novembre

Synagogue de Bordeaux- Tableau du souvenir
Synagogue de Bordeaux- Tableau du souvenir

Réflexion personnelle accompagnée par les sources juives
et par notre collectif d’étude (2016-2017)
Séminaire Culture J d’automne.

La mort, est notre dernier acte sur terre, notre dernier passage, notre dernière transmission.
Nous vivons nécessairement avec la connaissance de notre fin prochaine. Nous hésitons souvent à parler de la mort, parfois nous nous empêchons d’y penser, sans jamais pouvoir la repousser.
On peut être tenté d’opérer un cloisonnement de la pensée ou des émotions. Ce genre de stratégies a un coût : Il nous coupe d’une partie de nous-mêmes. Notre tradition propose au contraire d’opérer des séparations d’un autre ordre, en délimitant des principes et des cadres protecteurs, qui nous aident à faire face.

Où ? Synagogue Surmelin, 24 rue du Surmelin, 75020 Paris
Quand ? 4 mardis soirs en novembre et décembre (15/11 ; 22/11 ; 29/11 ; 6/12) de 20h (accueil 19h30) à 21h30.
Inscription doodle : http://doodle.com/poll/rz2reivs5ifxn3wp ; Informations: brigitte.becache@gmail.com

A tout âge, nous voyons des endeuillés monter à la téva et recevoir le soutien de la communauté, en grandissant, nous pouvons nous ouvrir à l’étude des sources juives concernant les lois du deuil, par la suite, nous nous engageons auprès des malades, nous soutenons les endeuillés, et enfin, nous proposons à nos enfants un accompagnement particulier lorsque nous approchons de notre fin, avant leur indiquer de quelle façon nous souhaitons qu’ils continuent à faire vivre notre mémoire.
Lors de ces 4 sessions de séminaire, nous réfléchirons ensemble à ces différentes facettes, qui nous aident à nous confronter au paradoxe de la vie et de la mort.
Ce séminaire sera un séminaire en petit comité, qui se tiendra sur 4 séances consécutives une fois par semaine, en soirée, il comportera des moments d’étude, des moments de partage, et des moments d’introspection, les participants feront preuve de l’ouverture et du calme nécessaire à l’acceptation de l’expression de toutes les attitudes, les positionnement seront des positionnements de réflexions et d’étude, et non pas des prises de positions dogmatiques, autant de la part des participants que du Rabbin.
Nous évoquerons différentes questions dans une perspective concrète, afin que chacun puisse affiner ce qu’il souhaite, et penser à la meilleure façon d’y parvenir.
Nous envisagerons donc les questions suivantes :
• L’importance du soin, protéger la vie
• Le rapport à la douleur/Comment se mesurer à la souffrance
• Être un poids pour soi-même, être un poids pour les autres, conserver le sens de sa vie au maximum
• Les conflits familiaux non-résolus/ Eviter les conflits au moment de l’enterrement
• Le don d’organe et la tradition juive
• Les derniers moments, le chéma israël, le vidouï
• L’enterrement, quelles sont ses fonctions, comment les réaliser
• L’incinération selon la tradition juive
• Parler de la mort à ses enfants, à ses petits-enfants
• Compter pour le monde, « Que notre mémoire soit une bénédiction », « Que notre mémoire soit tissée dans le réseau de la vie »

Bien commencer la rentrée: prévoir un week-end d’amitié et d’étude

chabat plein mjlf
étude chabbat

Le week-en à Avon est une institution au MJLF.
Cette année, il tombe particulièrement bien, fin septembre, pour nous permettre de préparer une année qui nous ressemble.
Les week-ends communautaires sont une façon de partager un vrai chabbat, de goûter pleinement le bonheur d’être juif.
Cette année, notre paracha sera la merveilleuse paracha « Ki Tavo », et notre haftara sera le très beau et réconfortant chapitre 60 du livre d’Isaïe.
Notre thème d’étude sera celui du passage et de l’initiation, coordonnant le thème de Kipour et celui de la flûte enchantée.
Pour vous inscrire, contactez le secrétariat du MJLF: secretariat@mjlf.org, ou téléphonez 01 44 37 48 48.
(du 23 septembre 10h30 au 25 septembre 14h, possibilité d’arriver le vendredi soir)

paracha Ki tavo:


chabat plein mjlf

Avon2

Les voyages et leurs bénéfices virtuels (Paracha Massaé) (ou: Pokemon et plus encore!)

Pour accompagner les voyages de vacance!

Liberté juive

Je partage cette petite Dracha composée spécialement Chabbat dernier à l’occasion de mon passage au GIL, la synagogue libérale de Genève.

Dans le texte que nous venons de lire dans le sidour, il est question de voyages. Le voyage dans l’espace et le voyage dans le temps. Puisque nous disons que les voyages forment la jeunesse, il est intéressant de se demander en quoi ils nous aident à évoluer. Cette question est présente non seulement dans la Torah mais aussi dans toute l’histoire juive ; en effet, notre expérience en tant que peuple couvre  de vastes espaces dans l’histoire autant que dans la géographie. Cette même question se pose à chacun d’entre nous, lorsque nous traversons les différents âges de la vie, chaque fois que nous rencontrons des situations et des personnes nouvelles.

Pour moi qui suis justement en visite dans cette belle synagogue de Genève, la question est très présente…

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Sur le pont étroit de la liberté! – 3 – Au delà de notre confort immédiat: l’urgence d’agir (Discours de Kipour 5776)

Voir la deuxième partie: Dépasser nos peurs

L’appel des prophètes nous met en garde. Si nous ne pratiquons pas l’entre aide et la tsédaka, si nous extradons de la réalité, si nous nions la souffrance autour de nous, les catastrophes nous attendent au tournant.

Il n’y a de sécurité que partagée. Il peut y avoir des écarts sociaux, mais pas trop. La terre est restituée aux perdants du jeu économique tous les 50 ans. Les dettes qui vous réduisent à néant sont annulées tous les 7 ans. C’est le yovel, le jubilée, c’est la chemita, l’année chabbatique, que nous avions cette année.

Telle est la condition de la liberté. La liberté des uns COMMENCE là où COMMENCE celle des autres (adaptation personnelle).

Tel était le propos du Pasteur Niemöller. Quand certains s’en prennent aux « communistes, juifs, syndicalistes, catholiques (le protestantisme étant dominant en Allemagne, là où il vivait) », si je ne les défends pas, je risque fort d’être le suivant sur la liste. Cela vaut également aujourd’hui pour les grecs, les syriens, les arabes ou encore, les femmes, les convertis, etc…

Si nous n’écoutons pas cet appel, nous dit la torah, la terre nous vomira. Dans la Torah, il est fait mention de cette responsabilité au niveau du peuple juif et de la terre d’Israel. En ce jour de Kipour, à la veille du cap 21, nous sommes conscients que c’est la planète entière qui est concernée, et qu’elle pourrait finir par détruire cette étrange espèce puissante mais souvent inconsciente, l’espèce humaine.

Nous demandons : « Bénis nous comme un seul par la lumière qui émane de toi » « barHénou KééHad » (fin de la amida, prière « sim chalom »).

Il n’y a pas de bénédiction purement individuelle. Si je souhaite l’emporter sur mon voisin et que lui souhaite l’emporter sur moi, laquelle de nos prières devrait trouver un accomplissement ? Le ‘bon dieu’ devrait- ‘il’ alors mettre en œuvre leur résultante ? L’expression de nos désirs serait annulée, rien ne pourrait se produire. Si au contraire nous formulons des désirs personnels en harmonie avec l’intérêt collectif, ils pourront trouver leur accomplissement. Tel est le sens de la bénédiction. Une fois l’harmonie installée, nos espoirs peuvent devenir des actes constructifs et chaque parcelle de notre énergie trouve sa réalisation. La bénédiction consiste peut-être justement en la capacité de conjuguer harmonieusement nos forces.

Notre liberté évolue donc sur le fil, entre trop d’insatisfactions et trop d’autosuffisance.

Dans ce contexte compliqué, parmi de nombreux penseurs et sages de différentes époques, nous pouvons aujourd’hui mentionner Viktor Frankl.

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