Quand Dieu obéït à Moïse – Dvarim Rabba, paix et modération ce mercredi

Moïse « impose » à Dieu une loi selon laquelle avant de déclarer la guerre, il faut rechercher la paix… Évidence sur laquelle se conclut notre texte dont la portée est encore bien plus vaste. Dvarim Rabba dans sa 12e section nous invite à une réflexion très osée concernant les relations entre Dieu et Moïse. Un texte difficile compte tenu des nombreuses citations, mais très structuré, très fondamental, et fondateur de la relation entre le peuple juif et la transcendance. Nous l’étudierons ce mercredi de Hanouka au café des Psaumes, à 12h30.

Vous pouvez télécharger le texte ici: talmud-humanisme-5778-3

Autre parole quand tu t’approcheras d’une ville c’est ce que dit l’écrit Tu formeras des projets et ils s’accompliront les sages ont dit cet écrit parle de l’heure où HKBH s’est mis en colère contre israel dans le veau HKBH a dit à Moïse je les frapperai de la peste/parole et je les détruirai c’est quoi je les frapperai de la peste et je les détruira HKBH a dit quoi ils s’imaginent que j’ai besoin de glaives et de lances pour les tuer de même que j’ai créé mon monde avec la parole par la parole de H les cieux ont été fait et par le souffle de sa bouche tout ce qui leurs accessoires de même j’agis avec eux que fais sortir une parole de ma bouche et je les tue c’est cela je les tuerais par une parole et je te ferai hériter

Autre parole c’est quoi je les détruirai il lui a dit je te fais hériter d’eux et je fais exister d’autres à partir de toi d’où cela sort de ce qu’il est dit je ferai de toi un grand peuple quand Moïse a entendu cela il a commencé à demander de la miséricorde pour eux et qu’a dit Moïse à cette heure qui tu te fais voir les yeux dans les yeux qu’est-ce que c’est les yeux dans les yeux il a dit AHa au nom de Rabbi Chimon ben Lakich Moïse a dit Maître du monde voilà la mesure du droit est dans le plateau d’une balance tu dis je les frapperai par la peste et je dis pardonne je te pries il lui a dit la parole/chose est tracnchée voyons qui gagne toi H ou moi il a dit Rabbi BéraHia il lui a dit HKBH par ta vie la mienne est annulée et la tienne se poursuit d’où cela de ce qu’il est dit H dit j’ai pardonné selon ta parole c’est cela tu formeras des projets et ils s’accompliront

Autre chose et tu formeras des projets il a dit Yochoua de SiHnin au nom de Rabbi Lévi tout ce qu’a décrété Moïse HKBH y a adhéré comment HKB ne lui a pas dit de briser les tables Moïse est allé et les a brisées de lui-même et d’où que HKBH a acquiescé avec lui qu’il est écrit que tu as brisées bravo que tu les as brisées HKBH lui a dit de se battre avec SiHon comme il est dit engage la lutte avec lui et il ne l’a pas fait mais et j’enverra des envoyés il lui a dit HKBH ce que je t’ai dit c’est de te battre avec lui et toi tu as ouvert avec une demande de paix par ta vit que je fais exister ton décret toute guerre pour laquelle on part on ne l’ouvre qu’uniquement par la paix comme il est dit quand tu t’approcheras d’une ville

ד »א « כי תקרב אל עיר » זש »ה (איוב כב, כח): « ותגזר אומר ויקם לך וגו' » רבנן אמרי המקרא הזה מדבר בשעה שכעס הקב »ה על ישראל בעגל אמר הקב »ה למשה (במדבר יד, יב): « אכנו בדבר ואורישנו » מהו אכנו בדבר ואורישנו אמר לו הקב »ה מה הן סבורין שאני צריך חרבות ורמחים להרוג אותן בהן כשם שבראתי עולמי בדבר שנאמר (תהלים לג, ו): « בדבר ה’ שמים נעשו וברוח פיו כל צבאם » כך אני עושה להן מוציא אני דבר מפי והורגן הוי « אכנו בדבר ואורישנו ».
ד »א מהו « ואורישנו » אמר לו אני מוריש אותן לך ומעמיד אחרים ממך מנין שנאמר (במדבר יד, יב): « ואעשה אותך לגוי גדול » כיון ששמע משה כך התחיל מבקש עליהן רחמים ומה אמר משה באותה שעה (שם, יד) « אשר עין בעין נראה אתה ה' » מהו אשר עין בעין א »ר אחא בשם ר »ש בן לקיש אמר משה רבש »ע הרי מדת הדין בכף מאזנים מעויין אתה אומר « אכנו בדבר » ואני אומר (שם, יט) « סלח נא » אמר לו הדבר מוכרע נראה מי נוצח אתה ה’ או אני א »ר ברכיה א »ל הקב »ה חייך שלי בטלת ושלך קיימת מנין שנאמר (שם, כ) « ויאמר ה’ סלחתי כדברך » הוי « ותגזר אומר ויקם לך ».ד »א « ותגזר אומר » א »ר יהושע דסיכנין בשם רבי לוי כל מה שגזר משה הסכים הקב »ה עמו כיצד לא א »ל הקב »ה לשבור את הלוחות הלך משה ושיברן מעצמו ומניין שהסכים הקב »ה עמו דכתיב (שמות לד, א): « אשר שברת » יישר כחך ששברת. הקב »ה א »ל שילחם עם סיחון שנאמר (דברים ב, כד): « והתגר בו מלחמה » והוא לא עשה כן אלא « ואשלח מלאכים וגו' » א »ל הקב »ה כך אמרתי לך להלחם עמו ואתה פתחת בשלום חייך שאני מקיים גזרתך כל מלחמה שיהו הולכים לא יהו פותחים אלא בשלום שנאמר « כִּי תִקְרַב אֶל עִיר וְגוֹ' »: 

 

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Obéir ou Contester ? Le Non-sacrifice d’Isaac (CultureJ1)

La tradition juive nous demande-t-elle d’obéir ou de contester? Les commandements sont, certes, centraux dans la pensée juive. Et par ailleurs, les juifs sont plutôt de caractère contestataire, « à la nuque raide ». Que penser de cette apparente contradiction? L’obéissance serait-elle toujours antinomique de la liberté ou au contraire, ces deux attitudes pourraient-elles parfois être complémentaires?

La Akéda d’Isaac est l’un des exemples les plus poignants de soumission (mais à quoi exactement?), central dans la pensée juive aussi bien que dans la liturgie.

Comment expliquer cet étrange « ordre » divin? Que s’est-il vraiment passé? Comment comprendre cet épisode aujourd’hui?

Telle sera la thématique de notre première rencontre culture J de l’année, mardi 14 novembre, de 20h à 21h30, à surmelin.

Autres dates à retenir (les thématiques seront affinées par la suite):

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Cette année, Brigitte et Élisabeth interpellent notre Rabbin sur une question qui préoccupe le monde occidental depuis les débuts de la modernité : « Obéissance et liberté : est-ce antinomique ou complémentaire ? »

Cycle d’automne : Soumission ou liberté au niveau individuel

14 novembre 2017: La akéda d’Isaac et nos pré-déterminations : un exemple de soumission ou de libération ? L’obéissance est-elle un facteur de liberté (moussa nabati). La Téchouva.

28 novembre 2017: Grandes figures d’évolution et de révolution dans la tradition juive.

12 décembre 2017: Eve, le choix de la connaissance, le choix du savoir à travers les générations.

Cycle de printemps : Soumission ou liberté au niveau social

15 mai 2018 Que dit le judaïsme de la hiérarchie ? Qu’est-ce qu’un rabbin ?

29 mai 2018 Que dit le judaïsme de l’indépendance de l’enfant dans la hiérarchie familiale ?

12 juin 2018 Qu’est-ce qu’un fonctionnement démocratique d’un point de vue juif ?

Rachi ce samedi: Oseriez-vous parler pour votre frère?

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Se soutenir, et ne pas sombrer!

Se soutenir, c’est aussi savoir prendre des risques. Juda-Yéhouda ose se lever et s’opposer au Roi d’Egypte, pour défendre la Justice, la Vérité et la Fraternité, et pour sauver son demi-frère, Benjamin. Il rejoint ainsi le club des courageux leaders de notre tradition: ceux qui sont capables de prendre des risques pour défier les autorités au nom du droit. En notre époque difficile, savons-nous comme nos ancêtres triompher de la peur pour défendre la justice? Ce thème rejoint l’actualité politique autant que, bien souvent, notre actualité personnelle.

Nous verrons comment la Torah et Rachi analysent le discours de Juda et le retour à la fraternité.

Feuille d’étude disponible au téléchargement sur le lien suivant: rachi-5777-4-vayigach

44 :18 Une parole aux oreilles de mon seigneur Puissent mes paroles pénétrer dans tes oreilles (Beréchith raba 93, 6).

Et que ta colère ne s’enflamme pas D’où l’on peut déduire qu’il lui a parlé durement.

Car tu es comme Pharaon Je te considère comme le roi. Tel est le sens simple. Explication du midrach : Tu finiras par être frappé par la lèpre pour avoir détenu Binyamin, tout comme Pharaon en a été frappé à cause de mon aïeule Sara, qu’il n’avait détenue que pendant une seule nuit (supra 12, 17). Autre explication : Pharaon décide et ne respecte pas ses propres décisions, il promet et ne tient pas parole. Il en est de même pour toi ! Est-ce cela le « regard » que tu voulais poser lorsque tu nous a dit : « que je pose “mon regard” sur lui » (verset 21) ? Autre explication : « Tu es comme Pharaon » – si tu me pousses à bout, je te tuerai ainsi que ton maître.

44 :19 Mon seigneur a interrogé Tu nous as abordés en employant d’emblée des ruses. Fallait-il que tu nous poses toutes ces questions ? Est-ce que nous t’avions demandé la main de ta fille ? Ou bien voulais-tu celle de notre sœur ? Malgré cela nous t’avons répondu sans rien te cacher (Beréchith raba 93, 8).

44 :31 Lorsqu’il verra que le jeune homme n’est pas là, il mourra Son père, de chagrin.

44 :32 Car ton serviteur a répondu du jeune homme Et si tu me demandes pourquoi je m’engage dans ce combat avec plus d’ardeur que mes autres frères, c’est qu’ils sont, eux, hors de cause. Tandis que moi, je suis lié par un lien puissant qui fait peser sur moi la menace d’être banni des deux mondes.

Que ton serviteur reste Pour toutes choses, je vaux plus que lui, par la force, pour la guerre, et pour le servage.

45 : 1 Et Yossef ne put se contenir, devant tous ceux qui se tenaient près de lui Il ne pouvait accepter que les Egyptiens se tiennent là et qu’ils assistent à l’humiliation de ses frères au moment où il s’en ferait reconnaître.

45 :3  Car ils étaient bouleversés De honte.

45 :4  Approchez donc de moi Comme il les voyait en train de reculer, il s’est dit : Mes frères sont maintenant remplis de confusion ! Aussi leur a-t-il parlé avec douceur, sur un ton suppliant, et il leur a montré qu’il était circoncis (Beréchith raba 93, 8).

45 :5  Car c’est pour la subsistance Pour assurer votre subsistance.

45 :12 Vos yeux voient La gloire à laquelle j’ai accédé (voir verset suivant). Vous voyez aussi que je suis votre frère, puisque j’ai été circoncis comme vous. Vous voyez aussi « que c’est bien ma bouche qui vous parle », puisque je m’exprime en langue sainte.

Et les yeux mon frère Binyamin Après les avoir mentionnés séparément, il les met tous sur le même plan d’égalité, comme pour dire : « De même qu’il n’y a pas en moi de haine contre Binyamin, puisqu’il n’a pas participé à ma vente, de même n’en ai-je pas dans mon cœur contre vous » (Meguila 16b).

45 :14  Il tomba au cou [tsaweré – littéralement : « les cous »] de Binyamin son frère, il pleura Sur les deux sanctuaires qui se trouveront sur le territoire de Binyamin, et qui seront détruits l’un et l’autre (Meguila 16b).

Et Binyamin pleura à son cou Sur le sanctuaire de Chilo qui se trouvera sur le territoire de Yossef, et qui sera détruit.

46 :15 Et après cela Ayant vu qu’il pleurait et que son cœur était sincèrement avec eux,

ses frères parlèrent avec lui Car au début ils étaient remplis de honte devant lui.

וַיִּגַּשׁ אֵלָיו. דִּבֵר בְּאָזְנֵי אֲדֹנִי. יִכָּנְסוּ דְּבָרַי בְּאָזְנֶיךָ:

וְאַל יִחַר אַפְּךָ. מִכָּאן אַתָּה לָמֵד שֶׁדִּבֵּר אֵלָיו קָשׁוֹת:

כִּי כָמוֹךָ כְּפַרְעֹה. חָשׁוּב אַתָּה בְּעֵינַי כְּמֶלֶךְ זֶהוּ פְּשׁוּטוֹ. וּמִדְרָשׁוֹ סוֹפְךָ לִלְקוֹת עָלָיו בְּצָרַעַת כְּמוֹ שֶׁלָּקָה פַּרְעֹה עַל יְדֵי זְקֵנָתִי שָׂרָה עַל לַיְלָה אַחַת שֶׁעִכְּבָהּ. דָּ »א מַה פַּרְעֹה גּוֹזֵר וְאֵינוֹ מְקַיֵּם מַבְטִיחַ וְאֵינוֹ עוֹשֶׂה אַף אַתָּה כֵּן. וְכִי זוֹ הִיא שִׂימַת עַיִן שֶׁאָמַרְתָּ לָשׂוּם עֵינְךָ עָלָיו. דָּ »א כִּי כָּמוֹךָ כְּפַרְעֹה אִם תַּקְנִיטֵנִי אֶהֱרוֹג אוֹתְךָ וְאֶת אֲדוֹנֶךָ:

אֲדֹנִי שָׁאַל אֶת עֲבָדָיו. מִתְּחִלָּה בַּעֲלִילָה בָּאתָ עָלֵינוּ לָמָּה הָיָה לְךָ לִשְׁאוֹל כָּל אֵלֶּה בִּתְּךָ הָיִינוּ מְבַקְּשִׁים אוֹ אֲחוֹתֵנוּ אַתָּה מְבַקֵּשׁ וְאַף עַל פִּי כֵּן וַנֹּאמֶר אֶל אֲדוֹנִי לֹא כִחַדְנוּ מִמְּךָ דָּבָר:

וְהָיָה כִרְאוֹתוֹ כִּי אֵין הַנַּעַר וָמֵת. אָבִיו מִצָּרָתוֹ:

כִּי עַבְדְּךָ עָרַב אֶת הַנַּעַר. וְאִם תֹּאמַר לָמָּה אֲנִי נִכְנָס לְתִגָּר יוֹתֵר מִשְּׁאָר אֶחָי הֵם כֻּלָּם מִבַּחוּץ וַאֲנִי נִתְקַשַּׁרְתִּי בְּקֶשֶׁר חָזָק לִהְיוֹת מְנוּדֶה בִּשְׁנֵי עוֹלָמוֹת:

יֵשֶׁב נָא עַבְדְּךָ וְגוֹ’. לְכָל דָּבָר אֲנִי מְעוּלֶה מִמֶּנּוּ לִגְבוּרָה וְלַמִּלְחָמָה וּלְשַׁמֵּשׁ:

וְלֹא יָכֹל יוֹסֵף לְהִתְאַפֵּק לְכָל הַנִּצָּבִים. לֹא הָיָה יָכוֹל לִסְבּוֹל שֶׁיִּהְיוּ מִצְרַיִם נִצָּבִים עָלָיו וְשׁוֹמְעִין שֶׁאֶחָיו מִתְבַּיְּשִׁין בְּהִוָּדְעוֹ לָהֶם:

נִבְהֲלוּ מִפָּנָיו. מִפְּנֵי הַבּוּשָׁה:

גְּשׁוּ נָא אֵלָי. רָאָה אוֹתָם נְסוֹגִים לְאָחוֹר אָמַר עַכְשָׁיו אֲחַי נִכְלָמִים קָרָא לָהֶם בְּלָשׁוֹן רַכָּה וְתַחֲנוּנִים וְהֶרְאָה לָהֶם שֶׁהוּא מָהוּל:

לְמִחְיָה. לִהְיוֹת לָכֶם לְמִחְיָה:

וְהִנֵּה עֵינֵיכֶם רֹאוֹת. בִּכְבוֹדִי וְשֶׁאֲנִי אֲחִיכֶם שֶׁאֲנִי מָהוּל כָּכֶם. וְעוֹד כִּי פִי הַמְּדַבֵּר אֲלֵיכֶם בְּלָשׁוֹן הַקֹּדֶשׁ:

וְעֵינֵי אָחִי בִנְיָמִין. הִשְׁוָה אֶת כֻּלָּם יַחַד לוֹמָר שֶׁכְּשֵׁם שֶׁאֵין לִי שִׂנְאָה עַל בִּנְיָמִין אָחִי שֶׁהֲרֵי לֹא הָיָה בִּמְכִירָתִי כָּךְ אֵין בְּלִבִּי שִׂנְאָה עֲלֵיכֶם:

וַיִּפֹּל עַל צַוָּארֵי בִנְיָמִן אָחִיו וַיֵּבְךְּ. עַל שְׁנֵי מִקְדָּשׁוֹת שֶׁעֲתִידִין לִהְיוֹת בְּחֶלְקוֹ שֶׁל בִּנְיָמִין וְסוֹפָן לְהֵחָרֵב:

וּבִנְיָמִין בָּכָה עַל צַוָּארָיו. עַל מִשְׁכַּן שִׁילֹה שֶׁעָתִיד לִהְיוֹת בְּחֶלְקוֹ שֶׁל יוֹסֵף וְסוֹפוֹ לְהֵחָרֵב (וְלַעֲנִיּוּת דַּעְתִּי דִּיּוּקוֹ שֶׁל רַשִׁ »י דִּבְיוֹסֵף כְּתִיב וַיִּפּוֹל וַיֵּבְךְּ תַּרְתֵּי מַשְׁמָע אַשְּׁנֵי מִקְדָּשׁוֹת וּלְכָךְ עָשָׂה שְׁתֵּי פְּעֻלּוֹת עַל זֶה הָרֶמֶז. מַה שֶּׁאֵין כֵּן בִּנְיָמִין דְּלֹא כְּתִיב רַק וּבִנְיָמִין בָּכָה פְּעֻלָּה אַחַת שֶׁלֹּא רָמַז רַק עַל חֻרְבָּן אֶחָד. וְעַיֵּן בְּבֵאוּר תּ »י שֶׁשָּׁם הוּא בְּדֶרֶךְ דְּרָשׁ):

וְאַחֲרֵי כֵן. מֵאַחַר שֶׁרָאוּהוּ בּוֹכֶה וְלִבּוֹ שָׁלֵם עִמָּהֶם:

דִּבְּרוּ אֶחָיו אִתּוֹ. שֶׁמִּתְּחִלָּה הָיוּ בּוֹשִׁים מִמֶּנּוּ:

Le rôle de nos jeunes pour leur Bat/Bat Mitsva

Le rôle du jeune est d’affirmer son identité de juif adulte, en endossant la tradition et en la portant vers un avenir qui fait sens pour lui.

Ce programme est à la fois ambitieux et facile. Ambitieux car il donne aux jeunes une place centrale. Facile car nos jeunes sont réellement capables du meilleur, et que nous sommes là pour les guider.

Au centre de notre tradition :

אLa Torah écrite, dont nous sommes les dépositaires depuis 2/3 000 ans.

Tu liras dans les rouleaux de la Torah.

ב La pensée juive, réflexion qui interprète la Torah écrite depuis qu’elle existe, pour lui donner un sens actuel.

Nous étudierons ta paracha et le sens de la tradition juive, tu décideras du genre de juif que tu seras dans ta vie d’adulte.

Tu donneras toi-même un enseignement à tous tes invités.

ג Les valeurs juives, portées par la responsabilité communautaire et les rassemblements du chabbat.

Tu seras le leader de la communauté pour certaines prières du jeudi matin, du vendredi soir et du samedi matin.

ד La pratique quotidienne, expériences qui soudent la communauté.

Tu participeras à la vie communautaire à travers une action de bienfaisance commune, un dîner chabbatique, un office de Kippour, une activité…

Les cours du dimanche et la participation aux évènements communautaires fondamentaux et aux offices permettront d’avancer harmonieusement vers ces objectifs.

Il faudra acheter un Sidour (livre de prière), qui sera ton sidour de référence pour toute ta vie.

Notre rencontre de travail vers l’interconvictionnel de ce dimanche avec Mano Siri, un compte rendu subjectif

Nous avons été bouleversés par les événements de janvier. L’interconvictionnel et la pédagogie étaient déjà centraux dans notre pensée et dans nos projets, à moi en tant que rabbin, à la communauté dans son histoire, et à un grand nombre de ses membres à titre personnel. Nous sommes aujourd’hui engagés dans une volonté d’ouverture et de développement, de mise en commun de nos forces et de nos savoirs dans ces domaines.

Ce texte est une collection de pensées liées à notre discussion de ce dimanche. Pour accéder au texte préparé par Mano Siri, cliquez ici.

Ce dimanche 25 janvier, nous avons eu notre première session avec Mano Siri à Ganénou. Mano est la mère de trois filles dont la dernière a célébré sa Bat Mitsva cet automne, elle est la Présidente de la Commission Culture de la LICRA et elle est professeure de philosophie dans des classes très concernées par les problématiques actuelles.

Je voulais partager quelques éléments de ce que j’ai retenu et pensé au cours ce cette session, de façon assez subjective, dans le but peut-être de faire le lien avec la session suivante, de permettre à chacun de s’exprimer ou de partager. N’hésitez pas à laisser des commentaires.

Nous étions 20/25 dans la bibliothèque ce dimanche, dans une belle mobilisation suite à la réunion du dimanche précédant. Notre groupe comprenait des parents d’enfants du talmud torah, et aussi des membres de la communauté, d’âges divers, des jeunes.

Mano Siri avait amené quelques exemplaires de son livre, « 100 mots pour se comprendre contre le racisme et l’anti-sémitisme », livre qu’elle a codirigé avec Antoine Spire car le parti-pris de ce livre est d’avoir des auteurs différents.

L’idée est que le dialogue nécessite le fait de pouvoir entendre où se situent nos interlocuteurs. On entend mieux quand on est sûr de sa capacité à répondre dans la sérénité, et la définition des mots est la base de cette confiance et du recadrage du dialogue.

Le mot dont nous sommes partis est le mot ‘blasphème’. Nous en avons repris la définition selon l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert, nous avons parlé de l’histoire chrétienne du blasphème. Nous avons ainsi évoqué les sources historique de la laïcité française. J’ai pensé que ces faits étaient intéressants car ils permettent de montrer que le catholicisme a été comme certains islams aujourd’hui en opposition avec la société laïque et a possédé une notion de blasphème en tant que péché. La conciliation a nécessité une adaptation qui est intéressante, qui permet de rapprocher les religions dans leur évolution vers la prise en compte des opinions autres.

Nous avons évoqué les déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, la déclaration universelle de droits de l’homme de 48, et la loi de 1972 qui pose l’interdiction de l’insulte antisémite, loi qui va au delà de la pénalisation de l’insulte ad hominem.

Nous avons évoqué également la spécificité française dans son rapport au religieux. C’est également une chose intéressante à expliciter car il est plus facile d’accepter une spécificité française quand elle est nommée, de dire, dans tel pays c’est comme ça, dans tel autre c’est ainsi, et en France la façon dont le droit gère le fait religieux a telles et telles caractéristiques. Cela permet de légitimer à la fois la pratique juridique et constitutionnelle française et les autres conceptions, qui sont aussi légitimes d’un point de vue moral (quand elles sont démocratiques) mais n’ont pas de valeur juridique ici.

Nous avons en particulier souligné la différence avec la constitution américaine qui a précédé la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et qui appuie ses principes de liberté religieuse sur une base protestante, incluant une plus grande liberté d’expression parfois mais aussi une place au religieux dans l’état à travers par exemple le fait qu’on prête serment sur la Bible.

Nous avons rappelé ce fait important qu’en obéissant à la loi française, nous nous obéissons à nous-mêmes.
Pourquoi? « Parce que le fondement de l’Etat de droit dont relève la démocratie (mais aussi en passant une monarchie constitutionnelle comme le Royaume-Uni ou l’Espagne) c’est que tous les hommes sans distinction ne sont soumis qu’à la loi et à rien d’autre (pas à un autre homme en tous les cas) et qu’en tant que membre du souverain ils en détiennent une part inaliénable et qu’ils participent à l’élaboration de cette loi. Donc obéir à la loi de l’Etat comme on dit c’est, dans l’Etat de droit comme obéir à soi-même… » ainsi que notre oratrice le développe.

Nous avons évoqué sans avoir le temps d’en parler ce qui peut être la nature exacte et la cause du malaise de certains musulmans face aux caricatures, nous  nous sommes interrogés sur ce qui nous mettrait mal à l’aise.

Nous avons également dit quelques mots sur la façon dont la tradition juive conçoit la relation avec ‘dieu’ et le fait que notre façon de lire la torah écrite était subordonnée à ce qu’en dit la torah orale.

Le prochain rendez-vous commencera en principe à 11h, car une heure, cela semblait un peu court, et aurait lieu dimanche 8 février. Il faudra voir comment nous y procéderons car il y a déjà pas mal de cours et de conférences prévues ce jour là, les participants seront informés.

Bonnes réflexions à tous, et n’hésitez pas à laisser vos commentaires.

Comment accompagner nos jeunes vers l’âge adulte?

Nous voulons le meilleur pour nos enfants.
Bientôt, ils prendront leur envol, riches de tout ce que nous aurons pu leur donner.
Notre rôle aura évolué, ce ne sera plus le temps du soutien protecteur, mais celui de la liberté et de la confiance.

Cette transition est un passage riche de sens pour tous les parents.
Nous savons aussi qu’il est d’une très grande importance pour nos enfants.
En célébrant leur Bar ou leur Bat Mitsva, nos jeunes ont l’occasion de mettre à l’épreuve leur courage et leur persévérance, de développer une vision personnelle de l’identité juive et de l’identité humaine et de la partager avec parents, amis et enseignants. Ils et elles prennent le rôle central sur la scène de leur vie adulte. En célébrant leur Bat ou Bar Mitsva, ils nous installent à la place du spectateur. A eux le devoir de prendre ce risque, à nous d’en faire une réussite dont ils s’en souviendront toujours. Ce succès les encouragera à toujours rebondir dans les épreuves de la vie.

La tradition juive accompagne cette transition fondamentale.
En les suivant dans ce processus, nous leur montrons que nous serons toujours là pour eux, nous les invitons à prendre place sur les épaules des géants et à voir plus loin, à s’appuyer sur la sagesse juive millénaire pour se projeter dans un avenir qui reste à construire.

Le jeune apprend les prières ?
C’est pour en prendre la direction, nous répondrons « Amen ».
Il apprend l’hébreu ?
C’est pour donner une voix à un texte rédigé bien avant que la langue française n’existe, pour le vocaliser au présent, pour affirmer la continuité de l’écrit juif qui a inspiré les monothéismes comme les acquis laïcs.
Il apprend l’histoire juive ?
C’est pour en devenir l’enseignant actif dans sa dracha.

Nous ne savons pas ce que sera l’avenir de nos enfants. Mais nous savons qu’ensemble, nous voulons leur faire ce merveilleux présent : nous tenir à leurs côtés dans ce moment fondateur de leur vie.

Ce faisant, nous faisons au judaïsme de demain le cadeau d’affirmer le principe d’égalité, le principe de générosité et ouverture dans l’accueil, et celui de la recherche permanente de l’excellence pédagogique. Ils sont les clefs de notre avenir en tant que peuple.

Rabbin Floriane Chinsky