Paracha Kédochim : être différent ou être comme les autres ?

La paracha que nous lirons ce chabbat est double. La section « kedochim » suivra la section « aHaré mot ». Le rappel de la triste mort de deux des fils d’Aaron fera place aux instructions morales qui nous enjoignent d’être les meilleurs de nous-mêmes. Ainsi, le souvenir des difficultés du passé laissera place à l’espoir de construire un système de valeur qui se renforcera avec le temps, pour toujours plus de justice et de justice sociale.

Etre différent, ou être comme les autres ? Tout être humain, à un moment de sa vie, se pose cette question. Mais, pour les membres du peuple juif, elle revêt un caractère particulier. L’histoire et l’actualité le démontrent.

On a tout dit à propos des particularités supposées des Juifs; du bien et du mal, surtout du mal. On a parlé de race juive, de type physique juif, de comportement juif et même de gènes juifs. Sur quoi ont reposé et reposent encore ces extravagances ? En grande partie, sur l’ignorance, les préjugés, la jalousie et la crainte de la différence.

Le peuple juif est-il réellement différent ? Se veut-il différent ? N’est-il qu’un peuple quelconque parmi les autres peuples ?

La paracha Kédochim nous amène à réfléchir à ces questions complexes auxquelles il est difficile de répondre immédiatement et sans explication.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Kédochim du sefer Vayikra (Lévitique) 19:1 à 20:27 et la spécificité du peuple juif

Le mot « kadoch » (קדוש) est très souvent cité dans la liturgie juive. Il signifie : « saint », « sacré », « séparé » ou « spécial ». Tel qu’il est employé, le mot « kadoch » exprime la volonté d’être différent. Mais, différent de qui et de quoi ?

Une phrase du Chéma Israël est significative : « Ecoute Israël, l’Eternel est notre Dieu, l’Eternel est un. »

L’Eternel serait ainsi un référent unique et particulier, vers lequel nous pourrions toujours nous tourner et qui serait indéfiniment prêt à nous écouter en tant qu’enfants d’Israël.

Les deux premiers versets de la paracha vont dans le sens de la spécificité de Dieu et du peuple d’Israël qu’il a interpellé distinctement parmi les autres peuples.

Vayikra 19:1 à 19:2. L’Éternel s’adressa à Moïse en ces termes: « Parle à toute l’assemblée des enfants d’Israël et dis-leur: vous devrez vous montrer saints [spéciaux], car je suis saint [spécial], moi l’Éternel, votre Dieu. »

La communauté des enfants d’Israël doit être une, spécifique, unique comme l’est l’Eternel.

Cependant, les Juifs, héritiers des enfants d’Israël, ne recherchent en aucune façon le repli sur eux-mêmes. Ils ont besoin, comme tout le monde, de se sentir appartenir à la grande famille de l’humanité. Ils partagent le défi de l’identité humaine de vouloir concilier liberté et destin commun.

Pourtant, notre tradition insiste sur le fait d’être « séparés ». C’est peut-être une manière de montrer l’importance de la diversité de l’identité humaine. Pour cette raison nous répétons à chaque bénédiction : « Tu es une source de bénédiction, Éternel, notre Dieu, roi du monde, qui nous a rendus spéciaux par tes commandements. »

En fait, nous nous voulons différents et sommes fiers d’être différents, comme tout peuple est fier de ses particularités et comme tout être humain, dans toutes les dimensions de son identité, est heureux de ce qu’il est.

Soulignons que la notion de particularité du peuple d’Israël est reprise dans un autre verset de la paracha :

Vayikra 20:26. « Et vous devrez vous montrer saints pour moi, car je suis saint, moi l’Éternel, et je vous ai séparés des autres peuples pour que vous deveniez miens. »

Nous tenons à marquer notre différence en ayant une vision singulière de la différence.

Nous nous voulons différents sans, pour autant, nous croire supérieurs. Nous sommes différents parce que nous obéissons à des commandements. Nous sommes spéciaux parce que nous réfléchissons toujours avant d’agir, parce que nous nous interrogeons toujours sur nos actes et nos habitudes, prêts à les remettre en question, comme l’ont fait avant nous les fondateurs du Judaïsme.

Au moment de l’annonce des Dix Commandements, l’Eternel a proclamé ce qui suit :

Chémot (Exode) 20:4 à 20:5. « Tu ne te prosterneras pas devant elles, tu ne les adoreras pas; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu qui réclame un attachement exclusif, qui poursuit la faute des pères sur les enfants jusqu’à la troisième génération, et jusqu’à la quatrième génération pour ceux qui m’offensent…Mais qui étend ma bienveillance à la millième génération pour ceux qui m’aiment et qui gardent mes commandements. »

Jusqu’à « la millième génération » nous serons détenteurs d’un héritage spirituel qui nous vient de nos pères. Nous devons nous en montrer dignes par notre comportement et nos actes. Il est important pour nous-mêmes, aujourd’hui, de bien comprendre pourquoi nous sommes spéciaux et pour quelles raisons nos pères ont été choisis (élus) par Dieu.

N’oublions pas que nous devons transmettre cet héritage spirituel et notre spécificité au grand nombre de générations qui succéderont à la notre.

Terminons en citant l’économiste Jacques Attali (1943 – ) qui a précisé une de nos singularités : 

« Il [le Judaïsme] se caractérise par l’idée de progrès : le Judaïsme a apporté à la destiné humaine l’idée du temps non cyclique : nous ne sommes pas là pour subir le monde, pour le reproduire à l’identique, mais pour le transformer, le recréer. »

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