Une victoire de la démocratie pour ce 8 mai 2017?

Chers amis, chères amies,

Nous souhaitons célébrer lundi prochain la victoire de 1945 en même temps que le triomphe renouvelé de la démocratie.

Edmond Fleg définit la victoire dans son « dayénou »:
« Lorsque, rendus dés longtemps aux fraternités des peuples, nous aurons fait avec toi, avec tous les hommes, sur toute la terre, toute la paix, dans toute la justice, alors, seulement, Éternel notre Dieu, roi du monde, assez pour nous! »

La route est longue, et nous y sommes engagés depuis déjà plus de deux millénaires.
Il revient à notre génération de faire face aux enjeux du présent, et en particulier dans ce droit de vote et cette dimension citoyenne qui sont au cœur de nos valeurs. A travers la paracha de ce chabbat, « kédochim », nous nous rappelons que certaines de nos valeurs sont « kadoch », « sacrées », intouchables, et inaliénables.

Pour ceux qui souhaiteraient y réfléchir, je vous rappelle la célèbre phrase de David Ben Gourion. Il était alors pris en tenailles entre la menace Nazie d’un côté, et de l’autre un mandat britannique qui dans son « livre blanc » interdisait l’entrée en Palestine des réfugiés juifs  alors que la Shoa battait son plein. Il s’exclama alors : « Le Yichouv luttera aux côtés des anglais dans la guerre comme s’il n’y avait pas le livre blanc, et contre les anglais à propos du livre blanc comme s’il n’y avait pas la guerre. » Les aspects composites et paradoxaux des situations humaines n’excuseraient pas notre désengagement. C’est la raison pour laquelle j’ose ces quelques mots, dans le plus grand respect pour les différents raisonnements souvent très complexes qui nous animent aujourd’hui.

Nos prières parlent sans cesse de « tséva shalom » צבא שלום, une armée de paix, et c’est pour cette paix que nous nous mobilisons.

Je relaie donc en cette heure grave l’appel de la Présidente du MJLF, Danielle Cohen, que vous trouverez également sur le site du MJLF, en cliquant sur ce lien.

Paris, le 3 mai 2017
Chers amis,
Il y a 10 jours, nous avons lu pendant 24h les noms des déportés juifs de France des convois 32 à 70 et avons ainsi rendu hommage à ces hommes, à ces femmes, à ces enfants, victimes de la barbarie nazie et de la complicité active du régime de Vichy.
Je m’adresse à vous aujourd’hui parce que l’heure est grave :
notre République est menacée par le fascisme qui est à la porte du pouvoir.
Jusqu’à maintenant, je me suis toujours interdit de mêler la politique à notre vie associative.
Parce que nous vivons un moment exceptionnel, je déroge à cette ligne de conduite et vous dis simplement que
je voterai pour Emmanuel Macron dimanche prochain
et vous engage à le faire aussi.
Je sais que l’on gagne une élection avec 50,01 % des votes exprimés,
Je sais qu’une élection est gagnée ou perdue lorsque le ministère de l’Intérieur a proclamé les résultats officiels,
Je sais que l’abstention favorisera Marine Le Pen.
Certains d’entre vous se souviennent peut-être d’une chanson interprétée par Serge Reggiani en 1967 : « Les loups sont entrés dans Paris ».
Je vous en supplie, faites en sorte que les loups n’entrent pas dans Paris,
reportez vos déceptions et votre mauvaise humeur éventuelles au lundi 8 mai…
lorsque nous nous réveillerons en démocratie …et pas en dictature.
Bien à vous,

Danielle Cohen
Présidente du MJLF

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Célébrerons-nous la victoire de la démocratie le 8 mai 2017?

Chers amis, chères amies,

Nous souhaitons célébrer lundi prochain la victoire de 1945 en même temps que le triomphe renouvelé de la démocratie.

Edmond Fleg définit la victoire dans son « dayénou »:
« Lorsque, rendus dés longtemps aux fraternités des peuples, nous aurons fait avec toi, avec tous les hommes, sur toute la terre, toute la paix, dans toute la justice, alors, seulement, Éternel notre Dieu, roi du monde, assez pour nous! »

La route est longue, et nous y sommes engagés depuis déjà plus de deux millénaires.
Il revient à notre génération de faire face aux enjeux du présent, et en particulier dans ce droit de vote et cette dimension citoyenne qui sont au cœur de nos valeurs. A travers la paracha de ce chabbat, « kédochim », nous nous rappelons que certaines de nos valeurs sont « kadoch », « sacrées », intouchables, et inaliénables.

Pour ceux qui souhaiteraient y réfléchir, je vous rappelle la célèbre phrase de David Ben Gourion. Il était alors pris en tenailles entre la menace Nazie d’un côté, et de l’autre un mandat britannique qui dans son « livre blanc » interdisait l’entrée en Palestine des réfugiés juifs alors que la Shoa battait son plein. Il s’exclama alors : « Le Yichouv luttera aux côtés des anglais dans la guerre comme s’il n’y avait pas le livre blanc, et contre les anglais à propos du livre blanc comme s’il n’y avait pas la guerre. » Les aspects composites et paradoxaux des situations humaines n’excuseraient pas notre désengagement. C’est la raison pour laquelle j’ose ces quelques mots, dans le plus grand respect pour les différents raisonnements souvent très complexes qui nous animent aujourd’hui.

Nos prières parlent sans cesse de « tséva shalom » צבא שלום, une armée de paix, et c’est pour cette paix que nous nous mobilisons.

Je relaie donc en cette heure grave l’appel de la Présidente du MJLF, Danielle Cohen, que vous trouverez également sur le site du MJLF, en cliquant sur ce lien.

Paris, le 3 mai 2017
Chers amis,
Il y a 10 jours, nous avons lu pendant 24h les noms des déportés juifs de France des convois 32 à 70 et avons ainsi rendu hommage à ces hommes, à ces femmes, à ces enfants, victimes de la barbarie nazie et de la complicité active du régime de Vichy.
Je m’adresse à vous aujourd’hui parce que l’heure est grave :
notre République est menacée par le fascisme qui est à la porte du pouvoir.
Jusqu’à maintenant, je me suis toujours interdit de mêler la politique à notre vie associative.
Parce que nous vivons un moment exceptionnel, je déroge à cette ligne de conduite et vous dis simplement que
je voterai pour Emmanuel Macron dimanche prochain
et vous engage à le faire aussi.
Je sais que l’on gagne une élection avec 50,01 % des votes exprimés,
Je sais qu’une élection est gagnée ou perdue lorsque le ministère de l’Intérieur a proclamé les résultats officiels,
Je sais que l’abstention favorisera Marine Le Pen.
Certains d’entre vous se souviennent peut-être d’une chanson interprétée par Serge Reggiani en 1967 : « Les loups sont entrés dans Paris ».
Je vous en supplie, faites en sorte que les loups n’entrent pas dans Paris,
reportez vos déceptions et votre mauvaise humeur éventuelles au lundi 8 mai…
lorsque nous nous réveillerons en démocratie …et pas en dictature.
Bien à vous,

Danielle Cohen
Présidente du MJLF

Paracha Kédochim : être différent ou être comme les autres ?

La paracha que nous lirons ce chabbat est double. La section « kedochim » suivra la section « aHaré mot ». Le rappel de la triste mort de deux des fils d’Aaron fera place aux instructions morales qui nous enjoignent d’être les meilleurs de nous-mêmes. Ainsi, le souvenir des difficultés du passé laissera place à l’espoir de construire un système de valeur qui se renforcera avec le temps, pour toujours plus de justice et de justice sociale.

Etre différent, ou être comme les autres ? Tout être humain, à un moment de sa vie, se pose cette question. Mais, pour les membres du peuple juif, elle revêt un caractère particulier. L’histoire et l’actualité le démontrent.

On a tout dit à propos des particularités supposées des Juifs; du bien et du mal, surtout du mal. On a parlé de race juive, de type physique juif, de comportement juif et même de gènes juifs. Sur quoi ont reposé et reposent encore ces extravagances ? En grande partie, sur l’ignorance, les préjugés, la jalousie et la crainte de la différence.

Le peuple juif est-il réellement différent ? Se veut-il différent ? N’est-il qu’un peuple quelconque parmi les autres peuples ?

La paracha Kédochim nous amène à réfléchir à ces questions complexes auxquelles il est difficile de répondre immédiatement et sans explication.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Kédochim du sefer Vayikra (Lévitique) 19:1 à 20:27 et la spécificité du peuple juif

Le mot « kadoch » (קדוש) est très souvent cité dans la liturgie juive. Il signifie : « saint », « sacré », « séparé » ou « spécial ». Tel qu’il est employé, le mot « kadoch » exprime la volonté d’être différent. Mais, différent de qui et de quoi ?

Une phrase du Chéma Israël est significative : « Ecoute Israël, l’Eternel est notre Dieu, l’Eternel est un. »

L’Eternel serait ainsi un référent unique et particulier, vers lequel nous pourrions toujours nous tourner et qui serait indéfiniment prêt à nous écouter en tant qu’enfants d’Israël.

Les deux premiers versets de la paracha vont dans le sens de la spécificité de Dieu et du peuple d’Israël qu’il a interpellé distinctement parmi les autres peuples.

Vayikra 19:1 à 19:2. L’Éternel s’adressa à Moïse en ces termes: « Parle à toute l’assemblée des enfants d’Israël et dis-leur: vous devrez vous montrer saints [spéciaux], car je suis saint [spécial], moi l’Éternel, votre Dieu. »

La communauté des enfants d’Israël doit être une, spécifique, unique comme l’est l’Eternel.

Cependant, les Juifs, héritiers des enfants d’Israël, ne recherchent en aucune façon le repli sur eux-mêmes. Ils ont besoin, comme tout le monde, de se sentir appartenir à la grande famille de l’humanité. Ils partagent le défi de l’identité humaine de vouloir concilier liberté et destin commun.

Pourtant, notre tradition insiste sur le fait d’être « séparés ». C’est peut-être une manière de montrer l’importance de la diversité de l’identité humaine. Pour cette raison nous répétons à chaque bénédiction : « Tu es une source de bénédiction, Éternel, notre Dieu, roi du monde, qui nous a rendus spéciaux par tes commandements. »

En fait, nous nous voulons différents et sommes fiers d’être différents, comme tout peuple est fier de ses particularités et comme tout être humain, dans toutes les dimensions de son identité, est heureux de ce qu’il est.

Soulignons que la notion de particularité du peuple d’Israël est reprise dans un autre verset de la paracha :

Vayikra 20:26. « Et vous devrez vous montrer saints pour moi, car je suis saint, moi l’Éternel, et je vous ai séparés des autres peuples pour que vous deveniez miens. »

Nous tenons à marquer notre différence en ayant une vision singulière de la différence.

Nous nous voulons différents sans, pour autant, nous croire supérieurs. Nous sommes différents parce que nous obéissons à des commandements. Nous sommes spéciaux parce que nous réfléchissons toujours avant d’agir, parce que nous nous interrogeons toujours sur nos actes et nos habitudes, prêts à les remettre en question, comme l’ont fait avant nous les fondateurs du Judaïsme.

Au moment de l’annonce des Dix Commandements, l’Eternel a proclamé ce qui suit :

Chémot (Exode) 20:4 à 20:5. « Tu ne te prosterneras pas devant elles, tu ne les adoreras pas; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu qui réclame un attachement exclusif, qui poursuit la faute des pères sur les enfants jusqu’à la troisième génération, et jusqu’à la quatrième génération pour ceux qui m’offensent…Mais qui étend ma bienveillance à la millième génération pour ceux qui m’aiment et qui gardent mes commandements. »

Jusqu’à « la millième génération » nous serons détenteurs d’un héritage spirituel qui nous vient de nos pères. Nous devons nous en montrer dignes par notre comportement et nos actes. Il est important pour nous-mêmes, aujourd’hui, de bien comprendre pourquoi nous sommes spéciaux et pour quelles raisons nos pères ont été choisis (élus) par Dieu.

N’oublions pas que nous devons transmettre cet héritage spirituel et notre spécificité au grand nombre de générations qui succéderont à la notre.

Terminons en citant l’économiste Jacques Attali (1943 – ) qui a précisé une de nos singularités : 

« Il [le Judaïsme] se caractérise par l’idée de progrès : le Judaïsme a apporté à la destiné humaine l’idée du temps non cyclique : nous ne sommes pas là pour subir le monde, pour le reproduire à l’identique, mais pour le transformer, le recréer. »