Paracha Haazinou : recommencement ou continuité ?

Le cycle de lecture de la Torah, paracha après paracha, s’accomplit depuis près de 2600 ans. Cette tradition a débuté peu après la destruction du Temple de Salomon par les armées du roi Nabuchodonosor.

La paracha Haazinou est l’avant dernière paracha de la Torah.

La lecture cyclique de la Torah va donc bientôt s’achever. Moïse, être humain éphémère, se prépare à quitter pour toujours les enfants d’Israël. La question de la continuité de l’alliance éternelle entre Dieu et les hommes, au delà de Moïse, est le sujet majeur de la paracha Haazinou.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Haazinou du sefer Devarim (Deutéronome) 32:1 à 32:52

Question : comment assurer la continuité de l’alliance ? Autre question à greffer sur celle-ci : comment assurer la continuité du monde ?

Dans notre paracha, Moïse ne s’adresse pas aux enfants d’Israël, mais au cosmos dans sa globalité. Il s’exprime sur l’alliance éternelle au moyen d’une admirable poésie.

Devarim 32:1. « Écoutez, les cieux, je vais parler; et que la terre entende les paroles de ma bouche. »

Devarim 32:2 à 32:43. « Que mon instruction s’épande comme la pluie, que mes paroles distillent comme la rosée, comme de douces ondées sur les plantes, et comme de fortes averses sur la végétation!…….Nations, félicitez son peuple, car Dieu venge le sang de ses serviteurs; il exerce sa vindicte sur ses ennemis, réhabilite et sa terre et son peuple! »

Par la bouche de Moïse, c’est Dieu qui interpelle le ciel et la terre pour déclarer la continuité de l’alliance. Les termes employés sont tels que la continuité de l’alliance apparaît comme une condition posée à l’existence du ciel et de la terre.

La poésie déclamée par Moïse appelle à la continuité éternelle de l’alliance en évoquant des éléments dépassant l’être humain. De la sorte notre être est considéré dans sa relation au monde, nous sommes des individus, ET nous appartenons à un peuple, ET nous faisons partie d’un univers qui nous dépasse.

« Ecoutez » ( הַאֲזִינוּ haazinou). Le mot « écoutez » (haazinou) est proche en hébreu du terme « oreille » (ozen). L’oreille est un organe nous servant à capter les sons, à être en connexion avec le monde extérieur. L’oreille, par sa partie interne gère notre équilibre, nous permet de nous positionner dans l’espace et d’avoir le sens de notre état matériel. Le terme hébreu « izoun », apparenté à « ozen », fait référence à l’équilibre sur un plan général, physique comme intérieur.

A l’approche de Yom Kipour, nous sommes sensible à ce champs lexical. Le mot hébreu « mozaim », qui signifie « balance », en fait également partie. La balance est un outil servant à peser des objets concrets. Par extension, mettre en balance signifie soupeser, comparer des situations ou des faits immatériels. Citons sur ce sujet un excellent midrach. Selon ce midrach, nous devons considérer que l’ensemble de nos actes est disposé en permanence sur les plateaux d’une balance, les bonnes actions d’un côté, les erreurs de l’autre. Nous devons considérer que les plateaux de la balance sont à l’équilibre, de telle sorte que toute action bonne ou mauvaise est susceptible d’en inverser l’équilibre. Alors pensons bien, en cette période de recommencement, que tous nos actes seront pris en compte.

Parlons maintenant de la conscience. « Conscience » se dit en hébreu « matspoun ». Terme proche de « matspen » qui signifie « boussole ». Imaginons notre conscience comme une boussole intérieure qui nous oriente dans nos actes, qui nous oriente vis-à-vis des autres et, pourquoi pas, dans l’infini de l’espace.

Revenons sur le verset 32:1 de la paracha. Il y est fait appel aux cieux et à la terre. Relisons maintenant le verset 1:1 de Béréchit (la Genèse) :

Béréchit 1:1. « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre ».

Comment ne pas percevoir le lien établi entre la fin du cycle de la Torah et son recommencement ?

Recommencement ou continuité ?

D’où vient la continuité de l’alliance ? Sans doute, du fait qu’elle est destinée à un peuple inscrit dans la durée; un peuple dont la tradition est intégrée au cycle naturel du temps. Sans doute aussi, du fait que la tradition juive s’adapte, dans sa pratique, à son époque mais reste immuable dans ses fondements.

Ainsi, à chaque chabbat nous prenons conscience d’un recommencement périodique inscrit dans la continuité : la continuité de l’alliance, de l’humanité et du monde.

Par ailleurs, la tradition juive nous enseigne que la continuité du monde est liée à la sagesse humaine et, en ce qui nous concerne, à notre sagesse personnelle de membres du peuple juif.

Nous devons donc, en tant qu’êtres humains (en également en tant que juifs), être conscients du fait que nous sommes chargés d’une part de responsabilité de la sauvegarde de l’humanité. De plus, nous devons être conscients d’une réalité élémentaire : la sauvegarde de l’humanité est intimement liée à celle de son substrat et environnement, le monde. Donc nous devons accepter aussi, une part de responsabilité de la continuité du monde qui nous porte et nous entoure. 

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