Le Jardin des Roos à Surmelin ce vendredi

Jardin des RoosCe chabbat, à l’occasion de notre office « erev shel yéladim », nous accueillerons les responsables du Jardin des Roos, une « maison verte » façon coopération féminine.

L’office aura une composante « ludique » et sera suivi par un oneg du livre pour les adultes.

Bons préparatifs pour ce chabbat très spécial!

Paracha Michpatim : faut-il obéir aveuglément ?

Parlons de l’obéissance. Obéir, c’est accepter de se soumettre à une autorité qui peut revêtir des formes diverses : une loi, un accord, une nécessité sociale, une personne, un groupe humain, une entité irrationnelle.

Quand il ne s’agit pas de se plier à un phénomène naturel ou de céder à des pulsions incontrôlables, l’obéissance est consentie.

Si l’individu obéit, c’est qu’il reconnaît l’autorité à laquelle il se soumet. L’obéissance implique donc la légitimité de cette autorité.

Cependant, l’obéissance n’est pas acceptable en certaines circonstances. C’est le cas de l’obéissance aveugle. Celui qui obéit aveuglément abandonne toute résistance et esprit critique et franchit les limites de la raison; au point d’accepter, parfois, de commettre des actes en contradiction avec ses convictions.

La paracha Michpatim nous montre les enfants d’Israël écoutant les décisions de justice de l’Éternel auxquelles ils devront se plier. Quelle sera leur réaction ?

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Michpatim du sefer Chémot (Éxode) 21:1 à 24:18 et la façon d’obéir des enfants d’Israël

« Michpatim » (מִּשְׁפָּטִים) signifie « sentences » ou « décisions de justice ».

Chémot 21:1. « Et voici les décisions de justice que tu devras leur exposer. »

Dieu dicte à Moïse les lois élémentaires auxquelles les enfants d’Israël devront se conformer. Il charge Moïse de les leur faire connaître. Se posera alors, la question de l’obéissance à ces lois.

Voyons les choses simplement. Quand Dieu édicte une loi, cette loi est à respecter par principe. Une loi prescrite par l’Éternel, créateur du monde et de l’humanité, devrait être parfaite par définition. Venant du Maître de l’univers, elle est forcément contraignante. C’est ce que l’on devrait croire, mais cela ne se passe pas tout à fait ainsi avec les enfants d’Israël.

Dans le verset 24:7 de la paracha Michpatim, apparaît une expression importante prononcée par les enfants d’Israël.

Chémot 24:7. Et il prit le livre de l’Alliance, dont il fit la lecture au peuple. Alors, ils dirent: « Tout ce qu’a prononcé l’Éternel, nous le ferons et nous le comprendrons. »

« Naasséh vénichma » (נַעֲשֶׂה וְנִשְׁמָע), « nous ferons et nous comprendrons », est l’expression importante à relever. Les hébreux accepteraient-ils d’obéir immédiatement à Dieu et après, seulement, de chercher à comprendre ensemble le sens de ses paroles ?

C’est souvent ainsi que cette expression est interprétée. Son importance relève du fait que si nous obéissons à Dieu, sans nous interroger collectivement avant d’agir, chacun de nous a une version personnelle du sens des paroles de Dieu. Certains d’entre nous sont tentés d’imposer leur version à tous les autres. Le risque est le glissement progressif vers le totalitarisme et ses débordements.

Que signifie exactement l’expression « naasséh vénichma » ?

Remarquons qu’elle apparaît dans la paracha Michpatim et non dans la parachat Yitro, celle qui cite un événement primordial : la transmission des Dix Paroles par l’Éternel aux enfants d’Israël. Nous trouvons dans la paracha Yitro une expression très proche, mais différente.

Chémot 19:8. Après cela, tout le peuple répondit d’une voix unanime: « Tout ce qu’a dit l’Éternel, nous le ferons ! »…

En hébreu, dans ce verset, il est écrit seulement « naasséh » (נַעֲשֶׂה), « nous ferons », et non « naasséh vénichma » (נַעֲשֶׂה וְנִשְׁמָע), « nous ferons et nous comprendrons ». Nous ne percevons, dans ce verset, que l’acceptation de l’obéissance. Mais réfléchissons un peu. Très souvent le peuple juif répond à une volonté de Dieu par « naasséh ». La volonté de comprendre, « vénichma », est en général sous entendue dans la tradition juive. « Nous comprendrons » est inclus dans l’Alliance.

Le Rabbin PinHas Péli (1930-1989) a fait, à ce sujet, un commentaire très intéressant dans un ouvrage intitulé « La Torah aujourd’hui ». Cet auteur part du principe que les enfants d’Israël sont en échange constant avec Dieu. Dieu demande, en permanence, aux enfants d’Israël de chercher à comprendre puis de faire ce qu’il préconise; et les enfants d’Israël rétorquent en permanence à Dieu, qu’il n’a pas à s’inquiéter, que tout sera fait comme il le désire; leur volonté de comprendre étant tacite.

Selon le Rabbin PinHas Péli, la réponse « naasséh » (nous ferons) est récurrente dans le langage biblique. Dans la Torah, seule la paracha Michpatim contient une formule de compromis : « naasséh vénichma » (nous ferons et nous comprendrons). Il se peut que l’Éternel eut préféré une formule du type : « nous comprendrons et nous ferons ».

Cette caractéristique de la croyance juive est capitale. Nous devons certainement croire en quelque chose, mais nous devons aussi chercher à comprendre ce à quoi nous croyons. L’étude, la réflexion, l’interprétation, le jugement, la prise en compte de l’avis d’autrui sont inhérents à la croyance juive et à la façon d’agir qui en découle. L’existence du Talmud en est la preuve.

Quand la Torah a dit « naasséh vénichma », le Talmud a ajouté : 600 000 anges sont venus récompenser les enfants d’Israël, à la fois de leur enthousiasme à la réalisation, et à la fois de leur volonté d’analyse, de compréhension et d’actualisation de l’interprétation de la Torah.

Il en sera toujours ainsi dans le Judaïsme, dont un des fondements est l’Alliance, donc l’accord entre Dieu et son peuple: Il est bon de croire, mais il n’est pas question de croire et d’obéir aveuglément !

Comment réparer le lachon hara?

Talmud Babylonien AraHin 15b – « Comment contrer le lachon hara  »

Lors de notre dernière rencontre, nous avons défini le lachon hara et appris à reconnaitre sa gravité. Ce mercredi, nous verrons ce qu’enseignent les sages du talmud sur la façon d’éviter ces comportements. Nous nous baserons sur la suite du texte tiré du Talmud Babylonnien « araHin ».

(Attention, le texte suivant est traduit à dessein d’une façon proche du texte, pour inviter à participer à l’étude juive dans le respect de sa nature : en face à face, en Hévrouta, avec la compagnie d’un maître. Vous pouvez préparer le texte à l’avance, mais ne restez pas dans cette étape solitaire source de mécompréhension. Merci.)

Pour étudier avec nous au café des Psaumes ce mercredi de 12h30 (accueil à 12h) à 14h, contactez Paule sur facebook (ou répondez à cet article en commentaire).

Rav Hisda a dit au nom de Mar Oukva tout raconteur de lachon hara mérite d’être lapidé avec des pierres il est écrit ici  je l’anéantirai[1] et il est écrit là Ils ont confiné ma vie dans la fosse et jeté des pierres sur moi Rav Hisda a dit au nom de Mar Oukva tout raconteur de lachon hara HKBH a dit lui et moi ne pouvons pas résider ensemble dans le monde comme il est dit Quiconque, dans l’ombre, calomnie son prochain, je l’anéantirai des yeux hautains et un cœur enflé d’orgueil, je ne puis les supporter ne lit pas je ne pourrai pas le supporter mais avec lui je  ne pourrai pas et certains relient cela sur les grossiers d’esprit Rav Hisda a dit au nom de Mar Oukva tout raconteur de lachon hara HKBH dit au prince de l’enfer je suis sur lui par en haut et tu es sur lui par en bas et nous allons le juger comme il est dit [pareille] aux flèches des guerriers aiguisées aux charbons ardents des genêts[2] il n’y a pas de flèche hors le lachaon hara comme il est dit Leur langue est une flèche acérée ; on ne profère que fausseté [3] et il n’y a pas de héros si ce n’est HKBH comme il est dit L’Eternel s’avance comme un héros les charbons ardents c’est l’enfer Rabbi Hama a dit au nom de Rabbi Hanina quelle est la réparation du raconteur de lachon hara s’il est un étudiant des sages qu’il s’occupe de Torah comme il est dit le guérisseur de la langue c’est l’arbre de vie et il n’y a pas d’autre langue que la mauvaise langue comme il est dit Leur langue est une flèche acérée et il n’y a pas d’arbre autre que la Torah comme il est dit elle est un arbre de vie pour ceux qui la saisissent et s’il est un peuple de la terre il abaissera sa connaissance comme il est dit mais perfide, elle brise le cœur[4] Rabbi AHa au nom de Rabbi Hanina dit s’il a raconté il n’a pas de réparation car David l’a déjà exclu dans une inspiration divine comme il est dit Que l’Eternel supprime toutes les langues mielleuses, les lèvres qui s’expriment avec arrogance mais quelle est sa réparation qu’il ne vienne pas aux mains du lachon hara s’il est un étudiant des sages qu’il s’occupe de Torah et s’il est un peuple de la terre il abaissera sa connaissance comme il est dit mais perfide, elle brise le cœur

 

אמר רב חסדא אמר מר עוקבא כל המספר לשון הרע ראוי לסוקלו באבן כתיב הכא אותו אצמית וכתיב התם (איכה ג, נג) צמתו בבור חיי וידו אבן בי ואמר רב חסדא אמר מר עוקבא כל המספר לשון הרע אמר הקב »ה אין אני והוא יכולין לדור בעולם שנאמר (תהלים קא, ה) מלשני בסתר רעהו אותו אצמית גבה עינים ורחב לבב אותו לא אוכל אל תיקרי אותו לא אוכל אלא אתו לא אוכל ואיכא דמתני לה על גסי הרוח אמר רב חסדא אמר מר עוקבא כל המספר לשון הרע אומר הקב »ה [לשר של] גיהנם אני עליו מלמעלה ואתה עליו מלמטה נדוננו שנאמר (תהלים קכ, ד) חצי גבור שנונים עם גחלי רתמים אין חץ אלא לשון שנאמר (ירמיהו ט, ז) חץ שחוט לשונם מרמה דבר ואין גבור אלא הקב »ה שנאמר (ישעיהו מב, יג) ה’ כגבור יצא גחלי רתמים היינו גיהנם אמר רבי חמא בר’ חנינא מה תקנתו של מספרי לשון הרע אם תלמיד חכם הוא יעסוק בתורה שנא’ (משלי טו, ד) מרפא לשון עץ חיים ואין לשון אלא לשון הרע שנאמר חץ שחוט לשונם ואין עץ אלא תורה שנאמר (משלי ג, יח) עץ חיים היא למחזיקים בה ואם עם הארץ הוא ישפיל דעתו שנאמר (משלי טו, ד) וסלף בה שבר רוח רבי אחא ברבי חנינא אומר סיפר אין לו תקנה שכבר כרתו דוד ברוח הקדש שנאמר (תהלים יב, ד) יכרת ה’ כל שפתי חלקות לשון מדברת גדולות אלא מה תקנתו שלא יבא לידי לשון הרע אם תלמיד חכם הוא יעסוק בתורה ואם ע »ה הוא ישפיל דעתו שנאמר וסלף בה שבר רוח

Texte à télécharger en cliquant sur le lien suivant: talmud 5777 -5 AraHin 15b – Hisda Hanina

[1] Ps 101 :1 מלושני (מְלָשְׁנִי) בַסֵּתֶר, רֵעֵהוּ– אוֹתוֹ אַצְמִית:גְּבַהּ-עֵינַיִם, וּרְחַב לֵבָב– אֹתוֹ, לֹא אוּכָל.

[2] עִם, גַּחֲלֵי רְתָמִים חִצֵּי גִבּוֹר שְׁנוּנִים 1 Cantique des degrés. Vers l’Eternel j’ai crié dans ma détresse, et il m’a exaucé. 2 Seigneur, délivre-moi des lèvres mensongères, de la langue perfide. 3 Quel profit te donnera-t-elle, quel avantage, cette langue perfide, 4 [pareille] aux flèches des guerriers, aiguisées aux charbons ardents des genêts? 5 Quel malheur pour moi d’avoir séjourné à Méchec, demeuré près des tentes de Kêdar! 6 Trop longtemps mon âme a vécu dans le voisinage de ceux qui haïssent la paix. 7 Je suis, moi, tout à la paix, et quand je la proclame, eux ne méditent que guerre.

[3] חֵץ שוחט (שָׁחוּט) לְשׁוֹנָם, מִרְמָה

[4] Une langue bienveillante est comme un arbre de vie; mais perfide, elle brise le cœur. מַרְפֵּא לָשׁוֹן, עֵץ חַיִּים; וְסֶלֶף בָּהּ, שֶׁבֶר בְּרוּחַ

Saint Valentin? Soirée des enfants! (Erev shel yeladim)

En fait, rien à voir avec la Saint-Valentin, si ce n’est que nous nous réjouissons de tout nouveau petit et de toute nouvelle petite qui vient rejoindre les moments communautaires!

Mais le vendredi 24 février aura lieu notre 4e session « Erev Shel Yéladim – activités intergénérationnelles de l’accueil du chabbat ».

Depuis la rentrée 2016, nous avons mis en place les soirées « Erev Shel Yeladim », et nous commençons à avoir une certaine expérience. La participation est impressionnante, et pour cette raison, nous avons besoin que chacun trouve sa place idéale au sein de cette activité. L’esprit de collaboration de notre synagogue est mobilisé, et voici quelques petits rappels pour y participer au mieux.

Merci à chacune et à chacun pour votre investissement dans le projet, chacun à sa place et à son niveau.

 

Qu’est-ce que le programme Erev Shel Yeladim

Les activités « erev shel yéladim » ont lieu le vendredi soir, 7 fois par an, à Surmelin. Il s’agit d’un office du vendredi soir « classique », doublé d’activités parents-enfants ou grands-parents-enfants parallèle. Le programme a été préparé et discuté depuis le printemps 2016, et mis en place par le Rabbin Floriane Chinsky et Sylvie Tenenbaum. Il a commencé à l’automne 2016.

En quoi ce programme est-il différent ?

Les activités pour enfants sont nombreuses dans nos mouvements. Parfois, les parents et les enfants ont besoin de temps séparés et spécifiques. Mais il est également fondamental que les enfants et les jeunes aient leur place au sein même de l’office. Nos tout petits sont nos Bar et Bat Mitsva puis nos jeunes adultes de demain. Le programme Erev shel Yéladim a un objectif bien spécifique : la relation parent-enfant ou grands-parents-enfants qui permet une approche intergénérationnelle dans ce moment de rassemblement qu’est le chabbat.

Quel type de défi représentent ces soirées ?

Ces soirées posent un défi important : trois publics différents doivent y trouver leur bonheur. Les membres de la communauté veulent avoir leur office; les parents et grands-parents veulent avoir une partie d’office et aussi renforcer la relation avec leurs petits; les enfants veulent avoir des activités ludiques. Cela implique que les adultes prennent la responsabilité de leur souhaits, que les parents s’impliquent dans l’office, que les membres « habituels » se concentrent et soutiennent la « normalité » de l’office, pour que l’ambiance entraine les enfants. Chacun trouve sa façon d’y participer, et peut partager ses souhaits et ses ressentis avec le rabbin et avec Sylvie Tenenbaum. C’est cela le vrai « vivre ensemble » et nous avons tous beaucoup à apprendre de cette expérience.

Quels sont les éléments nécessaires au succès de ces soirées ?

– l’accueil chaleureux des familles par les membres de la communauté
– la distribution du matériel pédagogique tout au long de l’office par les bénévoles
– la prise en charge par chacun de sa concentration spirituelle
– l’implication des adultes accompagnants dans les activités

De quelle façon pouvez-vous y contribuer ?

– prenez soin de vous : voyez ce qui vous fait du bien dans l’ambiance particulière qui est créée, voyez comment en tirer profit dans votre configuration personnelle, identifiez ce qui peut vous poser problème et cherchez des solutions émotionnelles, spirituelles, techniques ou collectives, vous pouvez vous tourner vers Sylvie ou vers le rabbin pour cela. Choisissez par exemple votre place en fonction de vos objectifs dans l’office : si vous souhaitez être plus « tranquilles », asseyez-vous plutôt sur les sièges près du mur, si vous souhaitez être entrainés dans la dynamique, choisissez de préférence les sièges proches de l’entrée.

– prenez soin des autres : vous pouvez accueillir les parents et les enfants, les inviter à s’assoir au bon endroit, donner des explications à ceux qui viendraient à la synagogue pour la première fois, etc… Vous pouvez « adopter » l’un des enfants si le nombre d’enfant est supérieur au nombre d’adultes. D’une façon générale, ouvrez-les yeux et voyez où vous pourriez aider (uniquement si le cœur vous en dit !)

– amenez de la nourriture saine pour les enfants qui leur permette de manger quelque chose de sain et d’aller directement se coucher lorsqu’ils rentrent à la maison. Fruits épluchés, légumes coupés, bananes, clémentines, « pachtida » (gâteaux/omelettes de légumes), le tout cacher et sans viande.

– prenez soin des responsables : Les responsables et les aides-animateurs présents donnent leur temps et leur énergie pour créer ce projet, ils pensent et affinent la formule. Le programme a besoin de leur présence. Vous pouvez anticiper leurs besoins pour leur permettre de continuer à consacrer le meilleur de leur attention à l’activité en cours (par exemple si un enfant renverse quelque chose, et que vous amenez de quoi éponger, les aide-animateurs peuvent garder les enfants à distance des dégâts en attendant). Vous pouvez les remercier de leur engagement. Vous pouvez également leur donner un feed-back bienveillant et partager vos idées de façon respectueuse. Si vous souhaitez vous impliquer dans les activités pédagogiques de la synagogue, partagez votre enthousiasme avec le rabbin et vous trouverez votre place, dans l’une des nombreuses activités de notre synagogue.

Responsables : Rabbin Floriane Chinsky, Sylvie Tenenbaum

Aides-animateurs : Choham, Samuel

– prenez grand soin des enfants que vous amenez : préparez-les au maximum à cette expérience, restez près d’eux, parlez-leur. Voyez avec eux les vidéos qui leur permettent de participer et de créer la complicité entre vous. Montrez-leur les mots « adonaï » dans chacun des psaumes. Faites-vous-même les gestes des chants et relisez le paragraphe concernant le déroulement de l’office à la fin de ce document. Chantez les chants avec eux en dehors des offices. Soyez créatifs ! Utilisez ce moment pour renforcer la relation avec vos enfants ou petits-enfants et avancer dans vos objectifs pédagogiques !

Quelles sont les valeurs que nous défendons lors de ces activités ?

– L’accueil de toutes et de tous : les très jeunes sont accueillis. Les familles, et en particulier les familles monoparentales trouvent leur place.
– La transmission : La synagogue est un lieu de transmission. Nous accomplissons cet objectif en accueillant les petits . La synagogue est un « incubateur de transmission ». En accueillant les familles nous leur donnons des outils pour continuer à la maison.
– La pédagogie : nous tenons à ce que les enfants acquièrent les valeurs juives et les valeurs humaniste de la façon la plus naturelle. Ces offices permettent d’apprendre en s’amusant, et d’associer le judaïsme à l’ambiance chaleureuse de nos communautés.
– L’égalité et le respect : en donnant une place entière aux filles comme aux garçons, et les responsabilisant, nous les encourageons à défendre l’égalité et le respect qui nous tiennent à cœur en tant que juifs et en tant que citoyens.

Enfin, à travers ces offices, nous construisons la communauté de demain !

Alors merci d’avoir contribué à ce succès en prenant connaissance de ces quelques recommandations, et au plaisir de vous retrouver bientôt.

Déroulement de la soirée :

18h15 : accueil des parents, c’est le moment de discuter dans la convivialité
18h20 : on prend place sur les lieux réservés, parents et enfants ensemble
18h30 : activité avec le rabbin
18h45 : début de l’office « normal », les activités parents-enfants prennent place en parallèle dans le calme
19h40 : Kidouch avec nourriture appropriée pour les enfants, temps de jeu pour ceux qui le souhaitent

Spécificités de l’office :

  • p. 38 : les enfants et les parents font la bénédiction des bougies, on chante « ani saméaH »
  • p. 60 : les enfants disent les mots « kol adonaï» encouragé par leurs parents
  • p. 63 : les enfants écoutent les parents lire les trois paragraphes de léHa dodi en français
  • p. 62 : les enfants se lèvent et tapent dans les mains au moment du refrain de LéHa Dodi
  • p. 68 : les parents prennent la main des enfants au moment de baréHou
  • p. 70 : les enfants montent à la téva pour le chéma israël
  • p. 74 : les enfants retournent s’asseoir à côté des parents et chantent « mi HamoHa »
  • p. 76 : les enfants se rassemblent sur le côté pendant la amida, le discours du rabbin et les annonces communautaires : ils miment « ani saméaH », repèrent les mots appris dans le livret, collent les gommettes…
  • On chante « Ossé Chalom« 
  • p. 86 : les enfants montent à la téva pour la bénédiction de la communauté puis prennent place aux côtés de leurs parents
  • p. 96 : les enfants montent à la téva pour chalom aléHem
  • Conclusion: les parents et les enfants forment une ronde autour de la téva et on chante ensemble le chant final « erev shel yeladim »
  • Au moment du Kidouch, les enfants mettent leurs mains au dessus de la Hala (le pain tressé) et chantent les bénédictions sur le lavage des mains et sur le pain.

Voyez les vidéos correspondantes sur la playliste « erev shel yeladim » sur le compte youtube du Rabbin Floriane Chinsky, vous y trouverez en particulier le chant « ani saméaH » et le chant « erev shel yéladim ».

Procurez-vous le livret « Erev Shel Yeladim » auprès du rabbin si vous le souhaitez.

Paracha Yitro : les Dix Commandements sont-ils universels ?

Globalement, l’ensemble des lois est à scinder en deux sous-ensembles :

– tout d’abord, les lois relevant de la nature, de la physique de l’univers, du fonctionnement d’outils matériels, et plus généralement de la causalité. Nous pouvons nous accommoder de ces lois, tenter de les maîtriser, nous en servir dans notre vie courante, mais nous ne pouvons pas les modifier.

– ensuite, les lois créées par l’être humain. Ce sont, par exemple, les règles de moralité, les conventions établies au sein des collectivités, les prescriptions de la vie en société et en nation, ou le droit international.

Dans le second sous-ensemble, sont à différencier deux types de lois: d’abord les lois s’appliquant à la totalité de l’humanité, que nous pourrions qualifier de naturelles ou d’universelles, en ensuite des lois particulières à un groupe humain, un peuple ou une nation.

A quel type de loi, doit-on rattacher les Dix Commandements de l’Éternel, énoncés dans la paracha Yitro ?

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Yitro du sefer Chémot (Éxode) 18:1 à 20:23 et les lois

La Torah est un recueil d’histoires mais aussi de préceptes. Certaines lois de la Torah, sont considérées comme universelles, c’est à dire applicables à l’ensemble de l’humanité. La première d’entre elles a été donnée par Dieu à Adam harichon dans le jardin d’Éden. Viennent ensuite les sept lois de Noé, dont l’une commande, justement, aux êtres humains de concevoir un système juridique de vie collective.

Rappelons les sept lois de Noé (les lois NoaHides) : obligation d’établir des institutions judiciaires – interdiction de blasphémer – interdiction de pratiquer l’idolâtrie – interdiction d’assassiner – interdiction des unions illicites – interdiction de voler – interdiction de consommer la viande prise sur un animal vivant.

La paracha Yitro décrit le don des Dix Commandements de l’Éternel aux enfants d’Israël, trois mois après leur sortie d’Égypte. Les hébreux sont désormais libres et sont sur le chemin de la constitution d’une nation. Leur liberté, durement acquise, doit s’accompagner de justice. Les Dix Commandements sont la racine de cette justice indispensable.

Les Dix Commandements se sont progressivement répandus au delà des enfants d’Israël. Le monde chrétien les a adoptés. Ils ont étés repris symboliquement par la déclaration des droits de l’homme et du citoyen en France, en 1789; qui elle-même à été reprise sur le plan international. Les Dix Commandements sont devenus une référence universelle.

Le nom, Yitro, de notre paracha est révélateur de la tendance à l’universalité. Yitro, prêtre Midianite, est le beau-père de Moïse. Il n’appartient pas aux enfants d’Israël mais rejoint quand-même les hébreux après leur sortie d’Égypte.

Chémot 18:9 à 18:12. Yitro se réjouit de tout le bien que l’Éternel avait fait à Israël, en le sauvant de la main des égyptiens… et il dit: « Loué soit l’Éternel, qui vous a sauvés de la main des égyptiens et de celle de Pharaon… À présent, je sais que l’Éternel est plus grand que tous les autres dieux »…Alors, Yitro, beau-père de Moïse, offrit un holocauste et d’autres sacrifices à Dieu, et Aaron et tous les anciens d’Israël vinrent partager le repas du beau-père de Moïse, devant Dieu.

Yitro s’incline face à l’Éternel et lui rend hommage en présence des Sages d’Israël. Se serait-il converti au Judaïsme ? Les commentateurs n’en sont pas certains. Toutefois, le comportement de Yitro va dans le sens de l’universalité des valeurs du Judaïsme que l’on penserait plutôt particulières. Par ailleurs, Yitro donne des conseils d’organisation du travail et de délégation à Moïse, des conseils de logique et de bon sens sans frontière. N’est-ce pas une façon de commencer à associer l’universel et le particulier ?

Le Judaïsme nomme les Dix Commandements d’une façon qui lui est propre. La traduction exacte de l’hébreu « aséret hadiberot » (עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת) est « Les Dix Paroles », et non pas Les Dix Commandements. Le terme « commandement » implique la contrainte et l’obligation hiérarchique, alors que le terme « parole » fait penser au dialogue, à la négociation, à l’échange.

La confusion vient aussi de ce que la Torah écrite présente la révélation des Dix Commandements sous forme d’une séance « son et lumière » organisée par Dieu. Cette représentation n’a rien d’une négociation bilatérale et apparaît comme une injonction à sens unique.

Chémot 19:16 à 19:18. Au troisième jour, le matin venu, il y eut des tonnerres, des éclairs, une nuée épaisse sur la montagne et un son de cor très fort. Tout le peuple se mit à trembler dans le camp…Moïse fit sortir le peuple du camp et le conduisit à la rencontre de Dieu. Le peuple s’arrêta au pied de la montagne…Le mont Sinaï était tout fumant, parce que l’Éternel était descendu dans le feu. Sa fumée montait comme la fumée d’une fournaise et toute la montagne vibrait violemment.

Ce texte présente un aspect spécifique du don de la Torah: Il se peut qu’à certains moments nous ayons besoin de démonstrations de force, comme pour les enfants d’Israël sortant d’Egypte après des siècles d’oppression. Il ne faut pas généraliser car la tradition juive est surtout favorable à une approche personnalisée et douce des commandements, qui donnent un cadre de vie et ne bloquent surtout pas l’exercice du libre jugement. C’est ici, l’occasion de faire le point sur le sens et la valeur de la Torah écrite dans le Judaïsme :

D’un côté, nous avons l’ensemble des commandements (613 au total), et les récits traditionnels de la Torah écrite, à reconnaître comme la base de notre culture juive. D’un autre côté, nous devons prendre en considération le très grand nombres de prescriptions et commentaires issus du Talmud, de la Torah écrite ou orale et d’autres sources de réflexion postérieures. Ces prescriptions, qui résultent de l’étude, de la recherche, de l’évaluation des différentes interprétations de la Torah, ont abouti à l’élaboration de la Loi Juive, la Halakha (הלכה).

La Loi Juive est évolutive, donc la Torah écrite est un texte vivant. Les écrits de la Torah ne sont pas à interpréter de façon étroite et rigide. « Torah » signifie « enseignement » et non pas « loi ».

Revenons maintenant à la distinction entre lois universelles et lois particulières. Ils est certain qu’un nombre réduit de lois peut s’appliquer à l’ensemble de l’humanité. Le bon sens nous fait penser que ce noyau dur de lois est très proche des lois NoaHides et des Dix Commandements; ceux-ci pourraient donc être jugés comme universels. Dans ce cas, qu’elles seraient les lois particulières au peuple Juif ? Ne seraient-elles pas inscrites dans les traités du Talmud  et regroupées dans la Halakha ?

La Loi Mosaïque, la Loi Juive et les Dix Paroles

La Loi Mosaïque est l’ensemble des prescriptions données par Moïse aux enfants d’Israël et consignées dans la Torah. Les Dix Paroles y sont incluses. La Loi Mosaïque semble être le résultat d’une fusion entre les lois universelles et les premières lois particulières au peuple juif. L’expression « Loi Mosaïque » fait bien sûr référence à la loi de Moïse, mais nous fait également penser au sens courant du terme « mosaïque », un dessin composite fait de petits carreaux de faïence. Cette image est assez juste. La Loi Juive (la Halakha), dont le point départ est la Loi Mosaïque, n’est-elle pas une mosaïque de lois, l’association d’une multitude de petits éléments de sagesse de différentes époques ? Il nous appartient de la mettre en oeuvre, de la façon la plus juste, et de la faire évoluer au fil du temps.

Partenariat avec ATD quart-monde

Dans le cadre de l’association ATD Quart monde, monsieur Grégory Deschamps a initié un groupe de dialogue interconvictionnel qui a pour but de mettre en présence des personnes de toutes cultures et de toutes origines sociales. Le dialogue se fera autour de thèmes spirituels proposés par les participants.
Paule Ouanhnon, membre du MJLF Est, participe à ce projet et invite toute personne intéressée à se joindre aux discussions.
Ci dessous le lien de l,association ATD Quart Monde
https://www.atd-quartmonde.fr/

Paracha BéchalaH : qu’est-ce que la louange ?

La paracha BéchalaH décrit les épreuves, subies par les hébreux, durant les jours qui suivent leur sortie d’Égypte. Les événements se succèdent rapidement :

– l’Éternel leur impose un itinéraire complexe pour gagner la terre de Canaan,

– Pharaon, informé du départ des enfants d’Israël, envoie son armée à leurs trousses,

– la mer Rouge s’ouvre devant les hébreux qui la traversent à pied sec, puis se referme et engloutit les forces de Pharaon,

– les hébreux laissent éclater leur joie et se lancent dans de ferventes louanges, entraînés par Moïse et sa sœur Myriam,

– le peuple d’Israël repart dans le désert et affronte la soif et la faim mais, à la demande de Moïse, Dieu vient à son aide en lui fournissant l’eau et la manne,

– un premier accrochage guerrier se produit entre les troupes d’Israël, conduites par Josué, et les Amalécites. Israël sort victorieux et poursuit son périple.

Le commentaire de la paracha portera, particulièrement, sur le mode d’expression de la louange des hébreux à l’égard de leur protecteur divin.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha BéchalaH du sefer Chémot (Éxode) 13:17 à 17:16 et l’expression de la louange

Après les épreuves, viennent la gratitude et la louange. Les enfants d’Israël ont réussi à traverser la mer Rouge qui s’est ouverte devant eux pour les laisser passer, puis a anéanti l’armée égyptienne en se refermant sur elle.

Chémot 14:21 à 14:28. Moïse étendit sa main sur la mer et l’Éternel fit reculer la mer…Les enfants d’Israël entrèrent au milieu de la mer, dans son lit asséché, les eaux se dressaient en muraille à droite et à gauche…Les Égyptiens les poursuivirent et tous les chevaux de Pharaon, ses chars, ses cavaliers, entrèrent à leur suite dans la mer…L’Éternel dit à Moïse: « Étends ta main sur la mer et les eaux se déverseront sur les égyptiens, leurs chars et leurs cavaliers »…Moïse tendit sa main…Les eaux submergèrent chars, cavalerie, toute l’armée de Pharaon qui était entrée dans la mer. Pas un des égyptiens ne fut épargné.

Les enfants d’Israël se retrouvent sains et saufs en plein désert. Ils ont désormais une foi totale en l’Éternel et en Moïse, son interlocuteur. Maintenant, en plein désert, c’est la louange envers Dieu qu’ils vont exprimer; mais comment vont-ils l’exprimer ?

Tout d’abord, Moïse entraîne le peuple à chanter un hymne à la gloire de Dieu :

Chémot 15:1. Alors Moïse et les enfants d’Israël chantèrent le cantique suivant à l’Éternel, et voici ce qu’ils dirent: « Chantons l’Éternel, il est souverainement grand; le cheval et son cavalier, il les a lancés dans la mer… »

Puis, c’est Myriam, la sœur aînée de Moïse et Aaron, qui prend le relais :

Chémot 15:20 à 15:21. Myriam, la prophétesse, sœur de Aaron, prit en main un tambourin et toutes les femmes la suivirent avec des tambourins et se mirent à danser…Et Myriam dit à toute l’assemblée: « Chantez l’Éternel, il est souverainement grand; le cheval et son cavalier, il les a lancés dans la mer… »

Dans le texte, le titre de prophétesse (hanéviah-הַנְּבִיאָה) est donné à Myriam. Seul Aaron est cité comme frère de Myriam. Est-elle davantage la sœur de Aaron que de Moïse ? C’est un fait, qu’elle est plus proche humainement de Aaron que de Moïse. D’autant plus, qu’elle a été prophétesse dès avant la naissance de Moïse et qu’elle a prédit, sa naissance, et à tout fait pour qu’elle se produise.

Indirectement, la victoire d’Israël a donc été possible grâce à Myriam; Myriam qui est à l’initiative de la naissance de Moïse en ayant persuadé ses parents de revivre ensemble, et de concevoir un troisième enfant.

Rachi nous donne des précisions concernant le verset 15:20 : Myriam et toutes les autres femmes ont quitté l’Égypte avec un tambourin dans leurs bagages. Elles ont toutes anticipé intuitivement la victoire d’Israël contre l’Égypte, et leur intuition ne les a pas trompées.

La louange féminine

L’expression de la louange par le chant et la danse des hébreues, entraînées par Myriam, est liée aux mœurs des femmes du moyen orient ancien. Nous retrouvons cette coutume dans le Psaume 150 chanté tous les matins : « Alléluia! Louez Dieu en son sanctuaire, louez-le dans le firmament, siège de sa force…Louez-le au son strident du Chofar, louez-le avec le luth et la harpe…Louez-le avec le tambourin et la danse…Que tout ce qui respire loue l’Éternel! Alléluia! »

D’autres exemples de louange féminine sont à citer : le Cantique de Déborah et Yaël qui ont réussi à vaincre Sissara (livre des Juges 4:15), le chant de remerciement et de gratitude de Hanah (premier livre de Samuel). Autre exemple plus proche de nous : les TéHinot, au dix-septième siècle en Ukraine, dont une des représentantes, Sarah Bas Tovim, écrivait des textes de prière et de louange féminine.

Chmouel, inspiré par une phrase du Cantique des Cantiques, « car ta voix est douce et agréable, » nous vante, dans le Talmud BraHot, la qualité de la voix de la femme.

À travers l’histoire, la voix des femmes, avec sa douceur et sa puissance joyeuse de célébration, a très souvent accompagné la liesse collective en de nombreux pays. Et c’est encore le cas aujourd’hui.